«Moi et Valérie [Sabbagh], cela fait des années que nous rêvons à SOS Planète d'avoir un centre environnemental dans l'Ouest-de-l'Île», se rappelle la cofondatrice de SOS Planète, Véronique Vendette. Son groupe a poussé beaucoup en ce sens. Les 27 éco-quartiers que compte Montréal sont tous dirigés par des regroupements locaux, qui connaissent leur coin. «Nous avons implanté ces organismes dans leur milieu pour que celui-ci investisse l'éco-quartier, et inversement», explique Danielle Fortin, la conseillère en planification qui s'occupe de ce dossier à la ville de Montréal.
Mais qu'est-ce qu'un éco-quartier? Contrairement à un éco-centre, on n'y ramasse pas les déchets encombrants, comme la vieille peinture. Par contre, les citoyens pourront venir y déposer leurs cartouches d'encre, les cellulaires qui ne marchent plus et les vieilles piles qui traînent un peu partout dans la maison. En plus d'informations de toutes sortes, il sera également possible d'aller chercher un bac de recyclage, ou des produits alternatifs écologiques, pour l'hygiène féminine ou le ménage, par exemple. Des activités de toutes sortes auront lieu également, par rapport aux objectifs ambitieux que se donne le centre. «Notre premier mandat cette année sera l'implantation de la collecte sélective dans les immeubles de neuf logements ou plus», explique la nouvelle coordonnatrice du projet, Ouahiba Nahi.
Madame Nahi parle cinq langues, ce qui sera probablement très utile lorsque viendra le temps d'approcher les communautés culturelles qui se sont établies dans le quartier. «Nous voulons que le recyclage fasse partie des premières habitudes que les nouveaux immigrants prendront en arrivant à Pierrefonds-Roxboro», affirme la charmante demoiselle. Selon Véronique Vendette, la sensibilisation à l'environnement doit se faire à l'année, et être proactive. «Il faut aller voir les gens!» La première activité publique de l'éco-quartier aura lieu, le vendredi 20 avril, en soirée. Ryan Young, candidat vert aux dernières élections et professeur à John-Abbott, viendra présenter le documentaire «Paysages fabriqués» dans les locaux de l'éco-quartier.
Pour sa première année, l'éco-quartier aura droit à un budget de 50 000 dollars, plus la subvention pour le projet de recyclage dans les immeubles de neuf logements et plus, donné par la ville centre. Si la coordonnatrice peut se dédier à ce programme à temps plein, elle aura cependant besoin de bénévoles. «Lorsque j'ai commencé comme élu, ce projet était une priorité parce qu'il n'en existe pas dans l'Ouest-de-l'Île», affirme Christian G. Dubois, conseiller à l'arrondissement. «Il a fallu se battre, il faut trouver des sous», raconte l'homme, visiblement heureux. Selon lui, il faudra, à long terme, créer un second éco-quartier plus à l'ouest. «Cela fait partie des difficultés. C'est grand, Pierrefonds-Roxboro. Elles [les filles de SOS Planète] devront en tenir compte dans l'organisation du temps», prévoit Danielle Fortin.
