Audrey Leduc-Brodeur
Le centre de santé et de services sociaux (CSSS) de l'Ouest-de-l'île peine toujours à combler le déficit financier auquel il fait face depuis quelques années. Le CSSS, qui présentait une dette de 10 M$ en 2010, doit encore diminuer ses dépenses de 1,2 M$ pour le 31 mars 2012.
Lors de la séance du conseil d'administration du 30 janvier dernier, le président du C.A., Richard Legault, a justifié le déficit plus élevé que prévu par l'emploi important de la main-d'œuvre infirmière indépendante (MOI). Dans le cas du CSSS de l'Ouest-de-l'île, la MOI représente principalement les infirmiers et les inhalothérapeutes qui proviennent d'agences de placement comme Girafe Santé.
«On a remarqué une diminution de la main-d'œuvre indépendante à un moment donné, mais là j'ai l'impression que ça remonte en flèche», explique Michel T. Léger, président du syndicat Les Professionnels des soins de santé unis, syndicat affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (PSSU-FIQ). «Le CSSS de l'Ouest-de-l'île n'a pas été capable de faire du maintien de personnel. La direction et les infirmiers en chef ont souvent changé dernièrement, alors le personnel n'est pas resté parce que le climat était instable.»
Selon les rapports financiers du CSSS de l'Ouest-de-l'Île, cela coûté environ 4,6 M$ pour la main-d'œuvre indépendante en 2010-2011. Richard Legault a quant à lui précisé la semaine dernière que, comparativement à 2010, l'utilisation d'employés indépendants a diminué de 723 000$ en 2011, ce qui représente une baisse de 43 000 heures.
«Selon la convention collective, la main-d'œuvre indépendante doit baisser de 40% d'ici 2015. Les employeurs et le syndicat doivent donc trouver des façons d'atteindre cet objectif. Il y a beaucoup de postes à temps partiel en ce moment, il faut offrir plus de postes à temps plein», affirme Michel T. Léger. Lors du dernier conseil d'administration, Richard Legault a réitéré son désir de vouloir diminuer le nombre d'employés provenant d'agences de placement.
Fonctionnel malgré la dette
Lorsque le montant de la dette de 10 M$ contractée par le CSSS de l'Ouest-de-l'île a été dévoilé, l'administration a fait valoir que le vieillissement de la population et les services qui en découlaient étaient à la base de ce déficit. Le CSSS ainsi que d'autres établissements de soins de santé montréalais dont l'Hôpital Sacré-Coeur, ont établi un plan de redressement financier avec l'aide de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal (ASSS). L'entente concernant le centre de l'Ouest-de-l'île stipule, entre autres, que le CSSS doit maintenir sa dette à environ 4,7 M$ le 31 mars 2012. L'ASSS juge que le centre peut être fonctionnel avec ce déficit.
@R:Lors de la réunion du conseil d'administration du CSSS de l'Ouest-de-l'île, le 30 janvier dernier, certains membres du C.A. ont questionné les chances du centre d'atteindre l'objectif fixé par l'ASSS de diminution de 1,2 M$ pour le 31 mars, chances jugées irréalistes selon certains. «Je ne suis pas convaincue de l'efficacité du plan de redressement. Il faudra effectuer de gros changements en seulement deux mois pour atteindre l'objectif», s'est interrogée Sheila Laursen, également sur le conseil d'administration du CSSS de l'Ouest-de-l'Île. «Tous les directeurs ont le mandat de faire les ajustements nécessaires. Ils ont tous reçu le document qui présente les correctifs que doit prendre chacune des directions pour s'assurer de terminer l'année financière comme prévu», de rétorquer M. Legault. «Nous n'avons pas à modifier quoi que ce soit, nous y arriverons».
Reste à savoir ce qui adviendra dans le cas où le CSSS de l'Ouest-de-l'île n'atteindrait pas les objectifs établis par l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Le CSSS de l'Ouest-de-l'île
Le centre de santé et de services sociaux de l'Ouest-de-l'île regroupe les CLSC de Pierrefonds et du Lac-Saint-Louis, le centre d'hébergement Denis-Benjamin-Viger, ainsi que l'hôpital du Lakeshore. Il est sous la gouvernance de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, l'institution qui assure le fonctionnement du réseau de santé montréalais.