Salon de l'auto de Francfort 2011

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Un salon, deux approches

Francfort est la plus grande messe automobile de la planète. 11 édifices d’expositions qui comportent plus d’un plancher. Les constructeurs allemands ont tous un pavillon qui leur est consacré. Mercedes a lui seul occupe un espace plancher qui pourrait presque contenir le salon de l’auto de Montréal. Audi a dépensé près de 10 millions d’Euros pour construire une agora temporaire qui sera démontée à la fin du salon. Près de 10 000 journalistes étaient enregistrés cette année pour la 64e édition. Plus de 80 premières mondiales, des milliers de voitures. Une démesure étourdissante. Environ 1,2 kilomètre séparent le pavillon numéro 1 et 11.

Une approche très sérieuse

Les Allemands sont extrêmement minutieux dans leur approche. Tous les gros bonnets des constructeurs automobiles sont au rendez-vous. Comme tous les salons, il faut se montrer sous son meilleur jour, mais les allemands le font avec un zèle particulier. Puissance, gloire et beauté restent les ingrédients qui font rouler la production allemande. Les voitures d’outre-Rhin font rêver la planète entière et soutiennent la demande malgré les ¬aléas économiques. C’est le faste dans la présentation, l’approche et la quantité de nouveauté, spécialement dans les gammes de voitures de luxe qui surprend le plus cette année. Même si l’économie vacille dans bien des pays, les constructeurs allemands n’ont jamais vendu autant de voitures.

Un discours prudent

Toutefois, si plusieurs agissent sous l’impulsion du moment et répondent à la demande immédiate, il est intéressant de constater que le discours de plusieurs dirigeants présents sur place est très prudent. Dans bien des cas, on préparer l’avenir à court et moyen terme. Rarement les salons automobiles sont les théâtres de prises de position des décideurs du marché automobile mondial quant à la santé même de ce marché. Et pourtant, plusieurs dirigeants ont exprimé ouvertement une crainte au sujet de l’économie et du marché mondiale de l’automobile. Les dirigeants de Peugeot, Renault, Volkswagen, Audi, BMW ont parlé de «crise» dans leur discours de présentation. Ces mêmes dirigeants ont manifesté un certain pessimisme dans le contexte économique mondial actuel. On ne voit que très rarement cette attitude de la part des décideurs dans le monde automobile. On montre habituellement son plus beau sourire dans les salons et on parle peu de ce qui ne vas pas bien. Alors le contenu grandiose du salon fait un peu contraste avec l’attitude prudente des dirigeants. Est-ce que les constructeurs automobiles seraient maintenant capables de voir venir la tempête ?

Les marchés émergeants tiennent le fort

Beaucoup de conférenciers ont mentionné la croissance des marchés émergeants et tous espèrent qu’ils vont tenir le coup encore quelques années. Si on regarde les grands pays industrialisés, la crise est forte un peu partout et les immatriculations de nouveaux véhicules en baisse. Le Canada tient bien le coup, mais n’est pas le plus grand marché de la planète.

Les Allemands donnent le ton

Force est de constater après une longue journée de lancement que les constructeurs allemands donne de plus en plus le ton au marché automobile mondiale. Autrefois spécialistes des voitures de prestiges, les BMW, Audi, Mercedes et Volkswagen se diversifient de plus en plus et vont dans quelques années seulement touché à toutes les catégories. Si d'autres constructeurs peuvent envisager de rivaliser avec ces sorciers Germains sur le plan technologique, il leur est difficile d'égaler le soin apporté à la finition, qui frôle la perfection. Il faut prendre le temps de poser ses «fesses» cinq minutes à bord d’une berline de la Bavière ou de la forêt noire pour mesurer toute la puissance et le savoir-faire allemand qui sont des maniaques du détail.

Francfort nous démontre en 2011 que l’industrie automobile vit en ce moment une profonde mutation. On s’accroche à certaine valeur traditionnelle qui sont encore le pain et le beurre de l’industrie, mais on se tourne en même temps vers demain en sachant que notre profit s’y trouve, mais chacun cherche une recette de transition qui pourra amener des valeurs populaires dans le prochain monde automobile. Une chose est certaine, les Allemands sont prêts et les Japonais vont devoir subir un très sérieux électro-choc.

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2012. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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