La jeune femme de Kirkland raconte comment sa passion pour l’ouvrage de J.K. Rowling l’a menée à l’écriture: «J’ai toujours aimé la lecture. J’ai lu les Astérix et Obélix en une année, puis je suis passée à Harry Potter. J’avais terminé le quatrième et le cinquième ne sortait toujours pas, alors j’ai entrepris de l’écrire», s’amuse-t-elle. Lorsqu’elle réalise qu’elle est en train de continuer quelque chose qui ne lui est pas propre, madame Tarcau décide de mettre sur papier ses idées. «J’ai toujours été frustrée par le nombre de mots dans les rédactions à l’école, se remémore-t-elle. Je perdais des points parce que mes histoires étaient trop longues. J’ai compris que je devais séparer l’école et les thèmes à explorer moi-même.»
Inspirée par Les dix petits nègres d’Agatha Christie, Miruna invente un récit en huis clos sur une île entre la France et l’Angleterre où une petite fête entre amis est troublée par la présence d’un meurtrier. Peu à peu, son texte s’allonge et son intrigue prend forme. «Au début, je n’ai pas pensé à écrire sérieusement. Je le faisais pour moi, c’était un plaisir de l’écrire. Puis, j’avais cent pages, deux cents pages et j’ai commencé à penser que je pourrais le publier», dit-elle. Cela lui prendra toute sa quatorzième année pour compléter son ouvrage.
Si l’étape d’écriture a été un jeu d’enfant pour Miruna Tarcau, publier son script s’est avéré beaucoup plus complexe. Au début, cherchant à l’aveuglette avec sa mère, la jeune femme s’est butée à des réponses négatives à de maintes reprises, et la plupart du temps en raison de son âge. «On envoyait des courriels et des manuscrits un peu partout. Beaucoup d’éditeurs m’ont suggéré de proposer mon histoire à des maisons d’édition jeunesse ou de ne pas mentionner mon âge», dit-elle. Un dernier conseil qui a porté fruit. L’éditeur de chez Carte Blanche a été surpris d’apprendre son âge après l’avoir contacté pour parler affaires. «Ils ne le savaient pas au début. Finalement, ils ont trouvé ça agréable de travailler avec moi. Ils disent que ça fait changement», ajoute la jeune femme.
Heureuse de sa première expérience, Miruna Tarcau prépare déjà la suite du roman qui s’appellera: L’Île Saint-Gabriel. Ce n’est pas tout, en plus de ses études et de ses nombreuses activités parascolaires, elle continue en parallèle une saga fantastique. «C’est le projet qui me tient le plus à cœur. Cela fait six ans que j’écris le début puis que je recommence. Mon écriture s’améliore sans cesse et je ne suis jamais satisfaite de ce que j’ai tapé l’année précédente», déplore-t-elle. L’idée de cette série trottait dans sa tête avant même l’histoire policière de l’Île du Diable. «J’ai décidé de l’écrire au complet cette année. J’ai déjà 190 pages à l’ordinateur. C’est une histoire interminable qui passe de l’Antiquité aux enfers, au monde actuel», explique Mme Tarcau. D’ici là, elle doit terminer ses études secondaires et est encore incertaine du domaine dans lequel elle souhaite s’investir. L’auteure s’intéresse à tout. Elle pense au droit, à la politique, aux sciences et bien sûr, à la littérature. Consciente de son talent inné pour jouer avec les mots, elle craint toutefois étudier ce domaine dans lequel elle patauge actuellement en toute liberté. «J’ai peur d’étudier les procédés d’écriture, je ne veux pas que cela bloque dans mon écriture», conclut-elle. ** Paroles de la chanson Julie, des Colocs



