«Nous en sommes à notre 17e jour de grève!», a d’emblée déclaré le président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, Michel Parent, devant plusieurs membres réunis à l’extérieur. Visiblement préparés, les cols bleus en ont profité pour distribuer des communiqués aux passants alors que la plupart des travailleurs étaient munis de pancartes.
Lunette teintée, le président du syndicat en a profité pour dénoncer son employeur, la ville de Montréal. «Il y a un cadre pour un peu plus de deux employés cols bleus alors qu’il y en avait un pour quatre avant la fusion», a soutenu M. Parent. Son message aux citoyens de l’arrondissement : «Vous avez intérêt à vous occuper de vos affaires!».
Selon la partie syndicale, les pourparlers achoppent principalement sur le maintien des emplois et le recours à la sous-traitance, jugé excessif.
Lettre à la mairesse
Dans une lettre écrite et destinée à mairesse d’arrondissement, Monique Worth, les cols bleus de Pierrefonds-Roxboro indiquent qu’ils «sont fiers des services qu’ils offrent aux citoyens et citoyennes de l’arrondissement, notamment en ce qui concerne les opérations de déneigement effectuées en grande partie à l’interne». Cela dit, ceux-ci dénoncent : «un recul sans précédent de leurs conditions de travail à la suite de la fusion». Leurs assurances collectives, leurs jours chômés et payés ainsi que leurs vacances seraient entre autres touchés.
Après être entrés dans la mairie d’arrondissement, une poignée de syndiqués ont tenté de s’entretenir avec le directeur d’arrondissement, Jacques Chan. Après quelque temps, celui-ci est sorti de son bureau et leur a brièvement parlé. Souriant, celui-ci a même pris une photo avec le président du syndicat, Michel Parent, avant de quitter les lieux.
Interrogée deux jours avant la manifestation par Cités Nouvelles, la mairesse d’arrondissement Monique Worth avait alors soutenu que les cols bleus «ont le droit de manifester. J’espère que tout se déroulera pacifiquement».
Les quelques 5000 cols bleus de Montréal sont sans contrat de travail depuis le 31 août 2007. Depuis le 25 janvier dernier, ceux-ci ont entrepris une grève tournante de 40 jours dans les 19 arrondissements de la métropole. À noter que d’autres journées de grève sont prévues dans la région; soit le 21 février à l’Île-Bizard-Sainte-Geneviève et le 3 mars à Pierrefonds-Roxboro.
Entente à Pointe-Claire
Les nouvelles sont plus réjouissantes à Pointe-Claire où l’administration s’est finalement entendue avec ses cols bleus le 23 janvier dernier. «C’est le premier contrat que Pointe-Claire signe avec les cols bleus depuis les défusions!», s’est réjoui le maire Bill McMurchie joint au téléphone. La convention collective signée entre les deux parties s’étend du 30 juin 2006 au 31 décembre 2015. «Ce fut une période de négociation difficile, mais nous sommes parvenus à satisfaire autant l’intérêt des travailleurs que celui des citoyens», résume l’élu.
Outre Pointe-Claire, la ville défusionnée de Dollard-des-Ormeaux s’est aussi entendue avec ses cols bleus avant les fêtes. À Beaconsfield, les principaux enjeux sont réglés et la partie syndicale est «très confiante d’en arriver à une entente sous peu».
Dans la région, seul le village de Senneville et l’Île-Dorval ne sont pas parvenus à une entente avec leurs cols bleus. «Nous sommes la plus petite ville de l’Ouest-de-l’Île. Il n’y a pas d’urgence d’autant plus que nous n’avons pas de problèmes avec eux», précise le maire de Senneville, George McLeish. Néanmoins, celui-ci admet ne pas savoir où en sont rendues les négociations avec les syndiqués. Notons que le village de Senneville compte quatre cols bleus dont trois sont permanents tandis que l’Île-Dorval emploie quatre cols bleus saisonniers.

