D'une part, cette entente permet aux résidants de recourir aux ressources de la bibliothèque du Collège, dont une collection technique et scientifique.
D'autre part, les étudiants et le personnel de Gérald-Godin, peu importe leur lieu de résidence, auront dorénavant eux aussi accès aux services, ainsi qu'aux activités culturelles et d'animation des bibliothèques de l'arrondissement, particulièrement celle de L'île-Bizard, qui compte 4000 abonnés.
«Le partage des collections et des services démontre bien la complémentarité de l'entente, puisque la documentation est plus spécialisée d'un côté et plus variée de l'autre», résume le maire Richard Bélanger.
Ce dernier affirme que l'entente s'inscrit dans la volonté de l'arrondissement d'utiliser les infrastructures du territoire au profit de l'ensemble des utilisateurs.
De plus, cette entente qui permet un double accès à quelque 75 000 documents se fait sans investir un sou ni d'espace supplémentaire à aménager. Ces améliorations à coûts nuls respectent donc les budgets restreints des bibliothèques dans un monde d'édition pourtant en constante évolution.
Le directeur du Collège, Pierre Schetagne, a démontré l'ouverture de l'institution face à la communauté. «Cette entente permettra de mieux desservir autant les résidants que nos 1500 étudiants et membres du personnel. C'est aussi une façon de retourner le Collège aux gens. Qui sait si ce n'est pas le début d'autres ententes avec l'arrondissement?»
Philippe Voisard, conseiller d'arrondissement, district de Sainte-Geneviève, avance même l'idée de relier les bibliothèques scolaires aux deux de l'arrondissement et à celle du collège. «Je travaille sur le comité de bibliothèque de l'arrondissement et je rêve à ce projet de réseau de bibliothèques, surtout que la bibliothèque de Sainte-Geneviève se trouve dans l'école même du secteur et dessert 1340 usagers.»
Comité de suiviUn comité de suivi sera formé pour adapter les détails de l'entente d'échanges de services entre les bibliothèques selon les besoins des utilisateurs.
Une étudiante s'est toutefois montrée inquiète à l'annonce de l'entente. Elle a demandé si des mesures d'emprunt seraient plus contraignantes pour les abonnés non étudiants, puisque selon elle, la bibliothèque du Collège n'a pas assez de livres pour combler les besoins de deux élèves qui font une recherche sur le même sujet.
«Il n'y aura pas de limites de prêt selon le statut de l'abonné, mais on pourrait se réserver le droit de ne pas prêter tous les livres d'un seul sujet à une même personne», a répondu Jimmy Légaré, bibliothécaire au Collège.
Ce dernier ne s'attend pas à ce que les résidants utilisent tout d'un coup la bibliothèque du Collège, mais il dit que le personnel sera prêt si c'est le cas. «On peut faire amplement de cartes de membres», souligne-t-il.
M. Légaré soutient que l'entente est basée sur le modèle de Valleyfield, à la différence que le cégep et la ville ont fusionné leurs bibliothèques en agrandissant celle du cégep. «Si les limites architecturales de l'ancienne chapelle qui abrite la bibliothèque du Collège empêchent son agrandissement, rien n'empêche qu'une annexe soit construite un jour pour répondre à la demande de la nouvelle clientèle», laisse-t-il entendre.
L'entente comprend également de l'aide à la recherche, l'accès à des postes Internet, aux bases de données spécialisées, aux salles de travail et de lecture du Collège, ainsi qu'à la salle d'étude et de lecture de la bibliothèque de L'Île-Bizard. Cette dernière offre en outre des services de référence et le prêt entre bibliothèques.
La bibliothécaire à L'Île-Bizard, Brigitte Boiteau, espère que l'entente sera la première page d'une histoire où les bibliothèques se marièrent, vécurent heureuse et eurent beaucoup... d'abonnés!



