« Quand j’y pense, je me dis que j’étais prédestinée à travailler dans les papiers fins. J’ai été acheteuse internationale chez Domtar, puis chez Reynolds Aluminium. Enfin, pour quelques mois, j’ai occupé un poste de direction chez Watt and Scott, en alimentation. J’étais toujours malade, et je me disais que ce domaine-là, ça ne m’allait vraiment pas! Mais finalement, j’ai appris que j’étais enceinte. »
Lorsqu’elle décide de quitter son travail, en 1992, Marie-France Bélisle revient travailler avec sa mère dans sa boutique d’éclairage, La Lampisterie, à Ville Saint-Laurent. Un jour, tout à fait par hasard, elle est approchée par le propriétaire d’une des plus grosses entreprises d’abat-jour haut de gamme de Montréal, qui lui propose de lui vendre son entreprise. En 1996, elle acquiert Elizabeth ArtShades, qui allait devenir les Abat-jour Marie-Elizabeth.
La salle de montre des Abat-jour Marie-Elizabeth est un univers de douce lumière, d’abat-jour en parchemin soigneusement orné, de tissus raffinés, de supports pour lampes délicats et originaux. Difficile d’imaginer que derrière cette pièce à l’ambiance feutrée se dissimule l’atelier d’une entreprise dynamique, qui dessert plusieurs boutiques à Westmount et de nombreux décorateurs et designers d’intérieur. « Je fais le même travail qu’avant, mais à plus petite échelle », dit sa propriétaire. Avec, en plus, un côté créatif qu’elle adore.
« Ce qui me passionne, c’est de créer et de transformer des lampes. Certaines personnes croient que l’éclairage est purement utilitaire. Mais une lampe créée spécialement pour un client devient un objet unique. On peut, par exemple, utiliser pour la base le violon ayant appartenu à son grand-père, avec un bel abat-jour en tissu orné de notes de musique. Un objet comme celui-là ne se démode jamais, c’est une œuvre d’art! », dit l’artiste qui, comme un peintre, signe tous ses abat-jour.
Marie-France Bélisle aime les grands défis. « En 2001, pendant que mon entreprise déménageait de Beaconsfield à Pointe-Claire, j’ai reçu une commande pour remodeler les lampes de la maison de Céline Dion, à l’Île Gagnon. L’atelier était paralysé pour deux semaines, mais nous avons travaillé d’arrache-pied à la maison, et nous avons réussi à livrer à temps. Et la même année, un mois avant Noël, elle nous a commandé 150 petites lampes pour sa maison, toutes en gravure sur feuille d’or, alors que notre calendrier de production était complet! J’ai réussi à négocier pour livrer cinquante lampes avant Noël, et nous avons mis les bouchées doubles. Il y a des défis, comme ça, qu’on ne peut tout simplement pas refuser. »
À écouter Marie-France Bélisle, on se demande si son entreprise lui a vraiment laissé plus de temps libre que son ancien travail de cadre… Mais elle assure que oui. « Faire 80 heures par semaine pour soi-même, ce n’est pas la même chose que d’avoir la pression d’une grosse entreprise. Et j’ai pu être très présente pour mes enfants, aller les conduire et les chercher à la gare soir et matin… Ils sont maintenant à l’université et je suis très fière d’eux! »
La femme d’affaires songe maintenant à établir davantage la sécurité de l’entreprise en développant sa clientèle et à trouver une relève pour en assurer la continuité. Pour lui laisser le temps, peut-être, de réaliser un de ses vieux rêves : écrire un livre. Quoiqu’il arrive, Marie-France Bélisle ne sera jamais bien loin du papier.
Les Abat-jour Marie-Elizabeth, un brillant succès
Lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte de jumeaux, Marie-France Bélisle, propriétaire des Abat-jour Marie-Elizabeth, à Pointe-Claire, menait une brillante carrière de gestionnaire. Elle réalise rapidement que les exigences d’être maman sont inconciliables avec celles de son travail de cadre. Pour pouvoir accorder tout le temps qu’elle désire à ses enfants, elle revient à ses anciennes amours : l’art de l’éclairage.
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