Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

Toula Foscolos
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Après six mois de manifestations étudiantes, un mois intensif de campagne et une flopée de débats, nous avons vécu la soirée électorale la plus surréaliste. De voir ainsi la première femme devenir première ministre être littéralement traînée hors scène pendant son discours de victoire pour empêcher qu’elle ne soit assassinée est quelque chose que je n’oublierai pas de sitôt.

Toula Foscolos

En bout de ligne, les libéraux ont presque gagné et les péquistes ont presque perdu. M. Charest a été éconduit pour ensuite démissionner, répondant ainsi aux désirs de plusieurs électeurs qui espéraient du changement et une solution aux problèmes de corruption. Le PQ a gagné par une faible majorité, faisant ainsi de la souveraineté un enjeu des plus fragiles. Avec 26% des Québécois en faveur d’un référendum, ces derniers ont communiqué à leurs gouvernants qu’il était temps de se concentrer sur les vrais problèmes.

Ces derniers jours ont été particulièrement intéressants, alors que je prenais connaissance des réactions des deux communautés linguistiques. Des anglophones paniqués se demandaient s’ils devraient vendre leurs maisons et prendre la 401 (non mais vraiment…) et des francophones étaient frustrés du fait que le Canada anglais réagisse avec hargne à l’arrivée du PQ au pouvoir. Bon, on se calme un peu et on respire profondément.

La démocratie est une grande chose. Même quand elle semble altérée, elle continue de fonctionner. Le journaliste américain Michael Novak a déjà dit : «Les institutions politiques sont faites pour s’entrechoquer et le bruit que cela produit est celui de la démocratie en marche.»

Les résultats électoraux sont à l’image de la société actuelle, même si cela ne saute pas aux yeux. Les Québécois ont voté en masse (73% de participation) et ils ont sans contredit choisi le changement. En votant pour un gouvernement péquiste minoritaire face à une opposition partagée entre un parti férocement fédéraliste et un autre plus mollement fédéraliste, les électeurs obligent tout le monde à travailler ensemble.

La population du Québec est divisée et ces élections le confirment clairement. La rhétorique de campagne et les accusations mutuelles n’ont en rien aidé les choses et n’ont fait que nourrir l’intolérance et les tensions linguistiques toujours vives sous la surface.

Il est légitime d’être fier d’être canadien et d’être fier d’être québécois. Il est légitime de vouloir se donner un nouveau pays. Il est aussi légitime d’opter pour une vision des choses entre deux courants de pensée.

L’on ne s’entend pas dans cette province sur la façon dont les choses devraient être menées. Et vous savez quoi? C’est très bien ainsi. C’est ça la démocratie. Il est temps de monter la barre et de faire échec aux campagnes de peur et aux stéréotypes. Il est temps de mettre un terme à la colère et aux frustrations.

Il est légitime d’être fier d’être canadien et d’être fier d’être québécois. Il est légitime de vouloir se donner un nouveau pays. Il est aussi légitime d’opter pour une vision des choses entre deux courants de pensée. Cela s’est déjà fait et cela se fera encore, mais il est impératif de cesser d’accuser les autres d’être des traîtres parce qu’ils ne pensent pas comme nous. Cessons de percevoir négativement les différences linguistiques, religieuses et culturelles et prenons-les comme elles sont: des modèles différents de vie en société. Dans une société multiculturelle comme la nôtre, nous devons comprendre que la réalité des autres aura toujours un impact sur nos vies, comme notre style de vie influence celui des autres.

Folle de politique comme je le suis, je regardais récemment la convention démocrate au cours de laquelle Bill Clinton a prononcé un discours enthousiaste et conciliant. Il disait notamment: «Les conflits politiques sont le propre de la politique et ça marche en politique, mais pas dans la vraie vie. Dans la vraie vie, ce qui marche, c’est la coopération.»

Que nous ayons perdu ou non importe peu, nous devons maintenant reprendre notre principal boulot : celui de vivre.  Pas l’temps de niaiser…

 

Organisations: PQ

Lieux géographiques: Canada, Québec

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