Vers une nouvelle ère…

Toula Foscolos
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La dixième journée avant la fin de la campagne électorale provinciale coïncidait avec l’anniversaire de la mort de Jack Layton. Ma désillusion et ma frustration face à l’absence d’options politiques valables dans cette campagne n’en ont été que plus vives encore.

Toula Foscolos

Je ne me suis jamais sentie aussi découragée que lorsque je regardais tous ces débats entre les chefs; lesquels furent vite accompagnés de railleries condescendantes et de sales accusations. Les chefs répétaient ad nauseam leurs propres slogans politiques plutôt que d’apporter des solutions.

Les débats – en quasi-totalité –  furent une triste affaire avec l’exception de Françoise David qui sut maintenir un degré de décence et de dignité pendant que les trois autres jappaient des insultes. Ça m’a tout pris pour ne pas changer de canal.

Malgré la lassitude populaire et mon découragement devant les coups bas, la démagogie et les campagnes de peur, je suis convaincue qu’une ère nouvelle pointe à l’horizon.

Le processus est lent, mais tout cela est bien réel. Je le sens venir alors que j’assiste aux interactions entre les gens et à leurs discussions politiques. Je suis certaine que j’assiste à la naissance d’une nouvelle génération de Québécois. Une génération moins homogène et donc plus difficile à manipuler.

Oh, bien sûr, la médiocrité est toujours là. Vous n’avez qu’à lire les réactions des lecteurs aux articles des journaux pour découvrir toute l’étendue de la bêtise humaine.

La nouvelle génération de Québécois que je vois émerger est ouverte sur le monde, tout en ayant son cœur bien enraciné dans son terroir. Elle est capable de réfléchir à l’extérieur de sa petite boîte et voir les choses au-delà des préjugés et de ce qui est sensé définir un vrai Québécois.

Cette nouvelle génération, élevée différemment dans un milieu multiculturel, comprend que la religion, la langue maternelle ou la couleur de la peau n’influencent en rien son sentiment d’appartenance à un lieu que l’on considère comme sa maison.

Cette nouvelle génération, élevée différemment dans un milieu multiculturel, comprend que la religion, la langue maternelle ou la couleur de la peau n’influencent en rien son sentiment d’appartenance à un lieu que l’on considère comme sa maison.

Pour la première fois, je vois des francophones qui ne sont pas attirés par la vision linguistique unidirectionnelle du PQ et des anglophones et des allophones qui ne se sentent plus menacés par la souveraineté. Rien ne sera jamais plus blanc ou noir parce que le monde dans lequel nous vivons affiche une foule de déclinaisons de gris.

Il est temps de construire une société qui nous permette de réaliser nos espoirs et nos rêves plutôt que de passer son temps à «réagir» aux blessures et aux affronts du passé. Les vieilles rancunes doivent disparaître.

J’espère sincèrement que le nombrilisme et les coups de tête qui ont mené jadis à des votes irréfléchis n’auront plus cours. Les décisions seront prises en fonction de l’économie, de la santé, de l’éducation et des valeurs sociales, peu importe qui s’exprime et dans quelle langue il le fait. Parce qu’une langue commune est en train de naître ici; celle de tous les Québécois.

Plusieurs ne seront pas d’accord avec cette chronique et quelques-uns s’en moqueront peut-être, mais l’arroseur se fera éventuellement arroser.

Oh, je ne suis pas naïve au point de croire que tout cela se produira en une seule nuit. Beaucoup reste à faire. L’ancienne génération – en général – est trop occupée à protéger ses acquis, que cela l’ait servis ou non. Mais un changement de vitesse est en train de s’opérer qui pourrait d’ailleurs nous réserver quelques surprises le soir des élections…

 

 

Organisations: Elections, Québécois

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