C’est quoi déjà le mot pour ça?...

Toula Foscolos
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Je suis une femme. Le fait que les droits des femmes demeurent pour moi une préoccupation majeure ne devrait donc pas être un mystère pour personne. C’est quoi déjà le mot pour ça?... Ah oui… féminisme.

Toula Foscolos

Je m’étonne toujours du fait que lorsque j’aborde des sujets qui me révoltent ou me consternent en tant que femme, je suis souvent considérée par mes propres amis comme étant trop excessive.

J’ai la conviction que les injustices faites aux femmes me concernent toutes, qu’elles soient graves ou bénignes, de l’excision aux unes de magazines «photoshoppées». Mais je sais que mes indignations me valent d’être considérée comme une extrémiste.

J’ai vu de mes amis masculins se demander pourquoi je faisais tant de chichi avec tout ça. Ce sont pourtant des hommes raisonnables qui croient sincèrement en l’égalité des sexes, mais qui font l’erreur de croire que les autres pensent comme eux. Je les surprends parfois à traiter à la légère mes indignations. Comme si mes «montées aux barricades» n’étaient que de petites montées de lait insignifiantes. 

Malheureusement, les dernières semaines m’ont donné raison. Les députés fédéraux ont récemment voté à Ottawa sur la motion d'un conservateur qui désirait revoir le statut légal du foetus. Je ne remets pas en question la tenue du vote car ce serait là estimer que les autres n’ont pas le droit d’être en désaccord avec moi. La démocratie est la démocratie. Mais je crois que ce débat devrait avoir lieu à l’intérieur d’un couple, pas entre une bande de vieux bonshommes à qui ce type d’épreuve n’arrivera jamais.

Bien sûr, la motion a été battue 203 contre 91, et le premier ministre Harper a voté contre, mais la ministre représentant les intérêts des femmes dans ce pays, Rona Ambrose, la ministre de la Condition féminine, a voté en faveur des militants pro-vie. Elle a répondu aux critiques s’abattant ensuite sur elle, en affirmant qu’elle voulait ainsi soulever la question de la discrimination faite aux filles… par l’avortement sélectif.

Je m’étonne toujours du fait que lorsque j’aborde des sujets qui me révoltent ou me consternent en tant que femme, je suis souvent considérée par mes propres amis comme étant trop excessive.

Non, mais est-ce vraiment un problème au Canada? C’est comme si je refusais de signer ma carte de don d’organes parce qu’il existe un trafic d’organes quelque part en Asie. Rouvrir le débat sur le droit – durement acquis – des femmes de prendre elles-mêmes les décisions concernant leur propre corps mérite une meilleure réponse.

La même semaine, un sondage du magazine Folio révélait que les rédactrices-en-chef gagnaient 15 000$ de moins annuellement que leurs homologues masculins.

Il y a peu de temps encore, le républicain Todd Atkin (oui, oui, celui-là même qui avait élaboré une théorie selon laquelle les femmes victimes d'un «véritable viol» tombaient rarement enceintes) constatait que sa rivale démocrate ne s’était pas conduite comme une « vraie dame» («lady-like») durant leur récent débat. Ce qui veut dire qu’elle avait été agressive, car évidemment une vraie dame n’agit pas ainsi, n’est-ce pas?

Les exemples ne sont jamais difficiles à trouver. Si, en tant que femme, vous vous demandez si le féminisme vous est encore utile, permettez-moi de vous citer un extrait du livre de Caitlin Moran, «How to Be a Woman»:

«Voici une façon rapide de vérifier si vous êtes féministe. Mettez votre main dans vos sous-vêtements.

  1. Avez-vous un vagin?
  2. Voulez-vous en être la seule responsable?

Si vous avez répondu OUI à ces deux questions, félicitations! Vous êtes une féministe.»

Et vous savez quoi, si vous êtes un homme qui avez une mère, une épouse, une sœur ou une fille, vous devriez vous aussi être féministe.

 

 

 

Organisations: Harper, Rona Ambrose , Caitlin Moran

Lieux géographiques: Ottawa, Canada, Asie

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