Ils étaient une trentaine réunis ce matin-là pour accompagner Ruth Magnus, afin de l'encourager à compléter le défi qu'elle s'est lancée. Depuis octobre 2011, elle court la distance d'un marathon chaque semaine, pour une année. Elle court en mémoire de son amie Lynn Guillotte, une mère de famille décédée des suites du cancer en octobre 2010. «J'ai pu voir une personne combattre le cancer et passer à travers les traitements. J'au vi comment ça affectait tout le monde autour d'elle», explique la femme.
Le but est d'amasser des fonds pour le Centre de bien-être de l'Ouest-de-l'Île pour personnes atteintes de cancer (mieux connu sous l'acronyme anglais WICWC), qui a ouvert ses portes il y a deux ans à Beaconsfield. Le centre accompagne les malades et leurs proches tout au long de la maladie et jusqu'à un an après la fin des traitements. Une bouée de sauvetage pour plusieurs, Lynn Guillotte a pu bénéficier des services du centre et cela a été une bénédiction, selon son amie Ruth.
Groupes de soutien, suivi personnel, médiation, mentorat, naturopathie: l'horaire du centre est impressionnant. Les services sont bilingues et tous gratuits, souligne la cofondatrice de l'organisme Debbie Magwood. «Nous offrons également du support pour les enfants. Notre devise est d'accueillir tout le monde, qu'importe le type de cancer, la situation et qu'importe l'âge. Il y a 500 personnes d'inscrites présentement, et elles proviennent de l'Ouest-de-l'Île, mais également de la Montérégie et de Laval.» Évidemment, Mme Magwood souligne que ces services sont offerts en complément du traitement médical traditionnel que donnent les médecins.
Le WICWC compte sur des donateurs privés et sur Partage-Action de l'Ouest-de-l'Île pour financer ses activités, l'organisme ne reçoit pas d'aide gouvernementale. Plusieurs professionnels, comme l'infirmière et la massothérapeute, donnent leur temps aux malades du centre. Depuis octobre 2011, Mme Magnus a amassé 3000$ de différents commanditaires qui ont été touchés par sa cause.
Sur le trottoir, le groupe se prépare au départ. Certains courront 15 kilomètres, d'autres un peu plus ou un peu moins, selon leur capacité. «Nous nous sommes demandés ce qu'on pouvait faire pour que ça ait un impact. Aujourd'hui, on fait notre B.A. avec plaisir», explique la coureuse Debbie Elvige, qui connaît Ruth Magnus depuis des années. Elles partiront bientôt au signal de départ, et Debbie Magwood en profite pour présenter le centre.
La maison a deux étages, et tout l'espace est occupé par plusieurs activités, même la cuisine fait office à la fois de bureau, de salle des employés et d'espace pour le cours de nutrition. Seulement au sous-sol, on accueille la classe de yoga, des cours de remise en forme, la massothérapeute et plus, et cela malgré la petitesse des lieux. Les meubles bougent en fonction de l'horaire. Pas de doute, le centre est populaire. Une popularité qui fait parfois peur à la cofondatrice. Debbie Magwood soupire. «Jusqu'à présent, nous avons pu accueillir toutes les personnes qui en ont fait la demande. Mais je dois avouer que je vois arriver le moment où je devrai dire non. Je ne veux pas cela! Il n'est pas question de placer des patients sur une liste d'attente.»
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Le site de Ruth Magnus est bilingue, malgré son titre: justkeeprunning.org
