Voici la formation Exterio. Les deux membres fondateurs sont originaires de L'Île-Bizard.
Photo: Courtoisie
Vieux routiers de la scène locale
Groupe de musique émergeant dans l'Ouest-de-l'Île: quatrième rencontre
Un son punk rock qui déménage, des mélodies accrocheuses, des paroles loufoques. Exterio roule sa bosse depuis 1992. À bord de leur mythique autobus de tournée, le groupe parcourt les routes du Québec, et s'arrêtera au Spectrum le 15 mai prochain.
Les deux albums du groupe, sortis en 2005 et en 2003, se sont vendus à plus de 18 000 exemplaires. Le groupe est présentement dans la tournée du second disque, Le délire du savant fou. Sherbrooke, Verchères, Québec, Montréal: l'été promet d'être occupé. Et c'est sans compter qu'ils joueront dans les endroits des plus exotiques du Québec, tels que le Festival de la tomate de Guyenne en Abitibi ou le Festival country de Saint-Fabien de Panet.
Le public d'Exterio est composé en grande partie d'adolescents, mais pas uniquement. Il y a aussi des adultes, des parents qui écoutent cette musique. Le quatuor chante en français, des textes à saveur humoristique. «Au début, on écrivait des textes qui voulaient dire quelque chose. On voulait parler de notre blonde, de notre mère qui nous chiale après parce qu'on n'a pas fait notre lit… Nos affaires d'adolescence», explique Daniel Mayrand, le batteur du groupe, qui fait partie de l'aventure depuis le début. «On a laissé tomber, ça ne nous ressemblait pas.»
La genèse
Si le groupe est vu comme faisant partie de la scène émergente ailleurs au Québec, ils sont déjà assez connus ici, dans l'Ouest-de-l'Île. Il faut dire qu'à l'origine, Exterio, c'était une bande d'adolescents qui fréquentaient l'école des Sources. «À la radio, il y avait un personnage joué par Ghislain Taschereau qui disait toujours “Extériorisation sporadiquement”. Puis, on va vu le mot “Extériorisation” dans notre livre d'histoire de secondaire deux. On trouvait que Exterio, ça sonnait bien», se rappelle Daniel Mayrand. «Je peux aussi te conter une version plus hardcore, avec de l'héroïne et tout, mais ça ne serait pas la vraie», rigole-t-il.
Justement, est-ce qu'ils ont la pression d'être un modèle auprès du jeune public? Selon Daniel Mayrand, le groupe est surtout un modèle de persévérance. Car le public n'a pas toujours été au rendez-vous. Le batteur se souvient d'un certain spectacle à l'agora de l'école secondaire des Sources, en mai 1994. «Les gens nous ont lancé de la bouffe!»
Depuis, le public s'est repris. Par exemple, au Vans Warped Tour de 2006, ils ont attiré une foule d'environ 1200 personnes, alors que de gros noms, comme Good Charlotte, jouaient sur une autre scène un peu plus loin. Daniel Mayrand se souvient aussi de leur premier spectacle dans la salle du Spectrum à la fin de la même année. Les gens ont chanté avec le groupe, un moment magique selon lui. «Quand tu vis un truc comme ça, ça compense pour les journées de route de douze heures, les engueulades, les sacrifices», affirme le batteur.
Car sacrifices il y a, surtout lorsqu'on est indépendants. Ce style de vie ne convient pas à tous. D'ailleurs, si le bassiste et le batteur du groupe ont fondé Exterio, les deux autres membres ont joint la formation en 2005 et en 2006. Contrairement aux musiciens plus jeunes, qui n'ont pas le choix de l'indépendance, Exterio en a fait sa marque de commerce. Car le groupe a eu des offres des grosses boîtes, et les a toutes refusées. «Ces compagnies-là investiraient moins sur nous que sur leurs gros joueurs. Ils y mettraient moins de temps et d'énergie que ce que l'on fait nous-mêmes», affirme le batteur. «On a moins de moyens, mais on est libres.» Le bassiste Jessy Fuchs a même fondé sa propre étiquette, Slam Disques. En tout, huit autres groupes de musique ont décidé de faire confiance à cette boîte.
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