Trois unités de l'hôpital Lakeshore sont fermées en raison de l'éclosion de la bactérie ERV, qualifiée de multirésistantes aux antibiotiques.
Photo: Stéphane Brunet
Le Lakeshore aux prises avec la bactérie ERV
Trois unités de l'Hôpital général Lakeshore sont fermées pour les deux prochaines semaines suite à l'éclosion de la bactérie ERV, une bactérie du même type que le SARM. 10 patients en sont pour l'instant infectés et 77 autres sont sous surveillance. Tous les patients de l'hôpital seront testés.
Le personnel de l'Hôpital a fait la découverte de cette bactérie après l'arrivée d'un patient en provenance de la Floride, le protocole exigeant qu'une personne qui arrive d'un pays étranger soit soumise à une batterie de test incluant le dépistage de l'ERV.
Les résultats qui se sont révélés positifs n'ont été disponibles que le 16 avril, soit quelques jours après l'arrivée du patient. Tous ceux qui avaient été dans la même chambre ou dans la même unité ont alors été testés. Le 20 avril, de nouveaux cas avec la même souche ont été déclarés, une unité au complet a été fermée. Le 24 avril, trois autres départements étaient alors touchés. Au total, ce sont 87 personnes qui ont été mises en isolement.
Selon l'adjoint à la directrice générale de l'Hôpital général du Lakeshore, Louis-Pascal Cyr, tous les patients atteints de la bactérie sont sous contrôle et personne ne serait en danger de mort. Ce sont les unités de chirurgie, de gériatrie et de médecine qui ont été fermées et il faudra attendre deux semaines pour leur réouverture. Bien que l'hôpital ait déjà été confronté à ce type de bactérie, c'est la première fois qu'il y a cas d'éclosion.
Bactérie résistante
La bactérie ERV [Entérocoques résistants à la Vancomycine] est multirésistante aux antibiotiques et se propage de la même façon que la gastroentérite. Lorsqu'il y a une épidémie de gastro, seules les personnes ayant des symptômes sont testées. Tandis qu'avec l'ERV il y a souvent absence de symptômes, l'hôpital est obligé de faire des tests sur tous les patients de l'hôpital. Les ERV peuvent rester actifs pendant plusieurs semaines, parfois des mois.
Les personnes en santé porteuses de cette bactérie n'ont aucun symptôme, le système immunitaire étant capable de la combattre. Par contre, les personnes hospitalisées sont beaucoup plus vulnérables. Les entérocoques sont des bactéries que l'on trouve habituellement dans l’intestin et les selles ou sur les parties génitales.
Ce qui est plus problématique, c'est que chacun des patients infectés doit être soigné de façon individuelle dépendamment de leur traitement actuel et doit recevoir un cocktail d'antibiotiques.
Photo: Stéphane Brunet