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Lettre ouverte à Pauline Marois (copie conforme à Mario Dumont)

Article mis en ligne le 18 mai 2007 à 13:49
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Lettre ouverte à Pauline Marois (copie conforme à Mario Dumont)
J’écris ici à l’ancienne Ministre de l’Éducation, qui a été responsable des changements les plus radicaux dans notre système d’éducation depuis la Confédération. Il s’agissait en effet d’une étape révolutionnaire – un commencement. Permettez-moi de m’expliquer.

Dans votre lettre de préambule à «La réforme de l’éducation» du 29 novembre 1997, vous avez clairement énoncé que l’une de vos «sept lignes d’action» serait de donner «plus d’autonomie aux écoles».

Plus loin dans le document, sous la rubrique, «De plus grands pouvoirs aux écoles», il était écrit que des conseils d’administration seraient formés avec les parents, professeurs, directeurs et élèves pour créer des «communautés éducatives».

Au sujet des commissions scolaires: «les commissions scolaires devaient soutenir les écoles» et «une plus grande imputabilité sera exigée» de leur part.

Cela dit, j’ai été surpris de lire dans Le Devoir, le 16 mai, l’article «Les élections scolaires et municipales pourraient se tenir en même temps».

En tant que professeur retraité et membre de conseil d’administration depuis plus de 5 ans, laissez-moi vous assurer que votre vision d’école plus autonome et d’une plus grande imputabilité des commissions scolaires ne s’est pas matérialisée.

En fait, plusieurs personnes sont sous l’impression que les commissions scolaires devraient être, sinon abolies, au moins revampées. Elles sont un fardeau inutile pour les écoles et les conseils d’administration. Elles accaparent de l’argent dont on aurait bien besoin dans les classes, et ne sont d’aucune aide aux professeurs.

Reportez-vous à l’article publié dans La Presse le 16 mai, concernant une école secondaire de Pointe-Claire: «Six élèves suspendus pour un site web diffamatoire». Les professeurs sont extrêmement mécontents du fait que les commissions scolaires ne les comprennent ni ne les supportent dans cette affaire qui pourrait ruiner des carrières.

Le cyberbullying des professeurs est devenu un phénomène mondial dans les derniers mois. Des cas ont été rapportés en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Colombie-Britannique, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Le mois dernier, le «Education Act» en Ontario a incorporé des lois sur le cyberbullying ; la semaine dernière les professeurs britanniques ont reçu de nouveaux pouvoirs relatifs à l’usage de téléphones portables dotés de caméras à l’école, etc.

Quoi qu’il en soit, je vous adresse mes félicitations: vous êtes sans doute la prochaine chef du Parti québécois. J’espère que vous userez de votre influence pour soutenir la position de l’ADQ concernant la viabilité des commissions scolaires.

Comme vous l’avez dit en 1997, «Il est temps pour nous de relever nos manches et de rénover notre système d’éducation de fond en comble». Je crois qu’il est temps de «relever nos manches» à nouveau. Cette fois, cependant, les étudiants seront la priorité.

Au moins, les élections scolaires devraient être reportées.

Chris Eustace

Pierrefonds

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