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Bon appétit pour les jeunes défavorisés

Après la fermeture de Resto-Vie, la communauté se retrousse les manches

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 25 mai 2007 à 15:23
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Bon appétit pour les jeunes défavorisés
Voici le menu de jeudi, 24 mai, dans l'école Perce-Neige. Le service de traiteur est offert à tous les élèves. Il est offert également gratuitement à une vingtaine d'enfants dans le besoin depuis le 7 mai dernier. Photo: Jacques Pharand
Bon appétit pour les jeunes défavorisés
Après la fermeture de Resto-Vie, la communauté se retrousse les manches
Lorsque l'organisme Resto-Vie a fermé ses portes en avril dernier après le retrait des fonds de Partage-Action, il offrait un dîner à chaque jour aux 66 élèves fréquentant les écoles primaires de l'est de Pierrefonds. Depuis le 7 mai, le flambeau a été repris, jusqu'à la fin de l'année scolaire du moins. Une vingtaine d'élèves en bénéficieront.
Devant la crise, le CSSS de l'Ouest-de-l'Île a donné une subvention de 3000 dollars dédiée au service de dîner pour les élèves dans le besoin, qui servira pendant les deux prochains mois. C'est le Fonds de dépannage de l'Ouest-de-l'Ile qui coordonne le tout. Celui-ci a des ententes avec les mêmes trois écoles primaires du coin, soit Perce-Neige, Harfang-des-Neiges édifice Gouin et édifice Pierre-Lauzon. Les enfants visés recevront des repas chauds qui proviennent d'un traiteur scolaire privé. Le Centre local de développement et Partage-Action se sont aussi impliqués dans le dossier.

La fermeture de Resto-Vie avait fait grand bruit il y a quelques semaines, lorsque Partage-Action a décidé de ne pas reconduire leur subvention annuelle. Il y a eu une période de deux semaines entre la fin de Resto-Vie et le début de la mesure d'urgence.

Il faut dire que les difficultés de Resto-Vie ont fait les manchettes à quelques reprises. En plus d'avoir accumulé une dette qui s'élevait à 60 000 dollars en avril dernier, la gestion a fait l'objet de nombreux soubresauts. Tel que le rapportait Cités Nouvelles, les membres du CA ont donné leur démission en bloc l'été dernier pour manifester leur mécontentement face à la gestion de gestion du directeur général de l'époque, Eugène Dubé. Par la suite, un nouveau conseil d’administration a pris la relève, mais a demandé la démission de ce même directeur général après avoir constaté certaines anomalies financières quelques mois plus tard.
Mesure d'urgence
«Je suis heureux pour la vingtaine d'enfants touchés par cette nouvelle mesure, mais il ne faudrait pas oublier qu'il y a 66 enfants dans le besoin. Peut-être que ces enfants-là mangent à leur faim, mais les parents doivent couper ailleurs», affirme Jacques Cardinal, ancien maire de L'île-Bizard-Ste-Geneviève-Ste-Anne-de-Bellevue et président du C.A. renouvelé de Resto-Vie. «Au moment de la fermeture, on servait à Resto-Vie 290 repas par jour, dont 78 à moindre coût: 66 pour les enfants et 12 à des adultes dans le besoin.
Comment se fait-il que le nombre soit passé de 66 à une vingtaine? En fait, le mystère ne semble pas entièrement résolu. Au Fonds de dépannage, le directeur général François Gince explique que le montage financier a été fait au départ pour les 66 enfants, mais que ce chiffre a baissé en discutant avec les directions des écoles visées. Celles-ci ont identifié, avec l'aide des responsables du dîner, les élèves qui avaient vraiment besoin de ce service. «Nous voulons répondre au véritable besoin», affirme monsieur Gince. Selon lui, ce chiffre pourrait être revu à la hausse, si c'est nécessaire. «On va s'assurer que tous les enfants dans le besoin reçoivent des services», tient à préciser Claude Jourdain, du CLD.

Pour l'instant, il s'agit d'une mesure d'urgence et aucune solution pour la prochaine année scolaire n'a été annoncée publiquement. Des discussions ont lieu entre les acteurs concernés. Le Fonds de dépannage n'a pas les reins assez solides pour reprendre la gestion de Resto-Vie telle que laissée en avril. De son côté, Partage-Action est ouvert à regarder le dossier avec un organisme qui voudrait reprendre l'affaire. «Nous avons coupé la subvention de Resto-Vie parce qu'il ne répondait plus à nos critères en terme de gestion. Par contre, nous voulons soutenir le besoin alimentaire des enfants», affirme Heather Holmes, la directrice générale par intérim de Partage-Action.

De plus, cette nouvelle mesure ne résout pas la question à long terme: qui s'occupera de faire manger ces enfants et leur parent durant les vacances d'été? Et lorsqu'ils seront au secondaire?

Photo: Jacques Pharand

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