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Les maires enfin entendus

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Article mis en ligne le 22 juin 2007 à 17:26
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Les maires enfin entendus
Edward Janiszewski, maire de DDO Photo: Archives
Les maires enfin entendus
Après des mois de tergiversation, le gouvernement libéral fait cadeau aux maires des villes défusionnées d'un «Secrétariat d'agglomération», une structure pour leur donner une chance de se faire entendre. Ce nouveau pouvoir ne sera pas effectif avant l'automne, déplorent les concernés.
Depuis 18 mois, les maires de l'Ouest-de-l'île attendaient cette nouvelle. Ils sont pour la plupart satisfaits de ce premier pas, mais restent prudents. «C'est un bon départ, déclare Edward Janiszewski, maire de DDO. Enfin, il y a correction des injustices. Nous sommes très encouragés par cette prise de position, mais il faudra attendre encore jusqu'à l'automne pour donner nos opinions en détail.»

Ce «Secrétariat d'agglomération», inscrit dans le projet de loi 22, chapeautera le conseil d'agglomération et sera une instance supplémentaire formée de trois maires qui représenteront les villes défusionnées, la Ville de Montréal et le conseil d'agglomération. Entre autres responsabilités, ce secrétariat fera des recommandations au conseil d'agglomération qui comptera dorénavant 80 membres au lieu de 31. Tous les maires, qu'ils soient élus dans un arrondissement ou dans une ville, en feront partie.

«C'est la responsabilité du gouvernement de rétablir l'équilibre, avant la Ville de Montréal avait trop de pouvoir et la méthode de distribution des coûts administratifs était injuste», proclame monsieur Janiszewski qui a bien l'intention de défendre son point de vue par rapport au partage des dépenses de la Ville de Montréal. Selon lui, le gouvernement devrait aussi faire payer les villes de banlieues qui utilisent tout autant les services de la grande ville.
Les adéquistes
Du côté des maires qui avaient donné leur appui à Mario Dumont lors de la dernière élection pour son intention d'abolir des conseils d'agglomération, une certaine ouverture se fait maintenant sentir par rapport au projet de loi de la ministre Normandeau. «Enfin, il y aura un comité objectif dans lequel une personne représentera les villes défusionnées et qui décidera qu'est-ce qui est agglo et qui ne l'est pas, explique Maria Tutino, mairesse de Baie-d'Urfé. Ce sera beaucoup plus juste et équitable. Il est essentiel d'avoir ce débat.»
Lorsqu'on la questionne sur son allégeance adéquiste, madame Tutino estime que ce n'est pas le moment opportun de parler de politique. «On veut une solution pour l'agglomération, que ce soit l'abolition ou une modification, peu importe, en autant que c'est équitable et transparent pour nous», juge-t-elle.

Elle ajoute: «L'agglomération a été créée pour la Ville de Montréal, maintenant ce sera une agglomération pour l'île de Montréal, ce qui veut dire que nous partagerons les dépenses de l'île et non de la Ville de Montréal.»
Opération de charme
Plusieurs jugent que cette ultime décision de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, est une stratégie pour plaire à la base électorale libérale de l'Ouest-de-l'île. Le maire de DDO, Edward Janiszewski, est aussi de cet avis. «Le gouvernement a fait ces changements maintenant parce qu'il est minoritaire et qu'il espère regagner des plumes lors des prochaines élections, prétend-il. Et cette décision fera certainement perdre du terrain à l'ADQ dans l'Ouest-de-l'Île.»

Photo: Archives

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