Pour contrer la cyber-délinquance
Veuillez s'il vous plaît considérer cette lettre comme étant un compte-rendu et un dénouement à ma lettre précédente, "Lettre à l'éditrice", publiée en ligne le 8 juin en réaction à l'article "Propos embarrassants sur 'Facebook'" (Cites Nouvelles, le 20 mai).
L’histoire, relatée à la grandeur du Canada, impliquait des élèves qui avaient créé une page web intitulée "St. Thomas Burn Book" sur le populaire site de réseautage social Facebook.com. Ces élèves ont publié des commentaires désobligeants et odieux sur leurs enseignants. Ces derniers ont découvert le site et l'école s’est limitée à des sanctions de deux à quatre jours de suspension pour les quatre meneurs. Une séance sur la cyber-délinquance a été présentée aux quelques vingt autres élèves qui avaient participé aux attaques.
Les enseignants se sont plaints à une réunion de la commission scolaire à propos de la sanction peu sévère donnée aux élèves, puisque ceux-ci ont été acclamés comme des héros à leur retour à l’école. Ils ont demandé à la commission d'intervenir et de les aider, mais sans succès.
Le président, Marcus Tabachnik, a signifié qu’avec ses vingt ans de carrière en tant que commissaire, il était convaincu que le problème appartenait à l'école et donc que la commission scolaire n'avait rien à y voir. Ce commentaire est venu confirmer l'argument de l'inefficacité des commissions scolaires dans le Québec d'aujourd'hui.
Suivant la réunion, des demandes ont été faites à l'assemblée nationale pour amender ou même créer des lois pour pouvoir gérer convenablement le phénomène de cyber-délinquance par les élèves. La dernière demande a été faite le 17 juin via la réexpédition de la lettre à l'éditeur publiée le 8 juin dans Cités Nouvelles, au Ministère de l'Éducation et à l'Opposition Officielle au Parti Québécois.
Le 19 juin, j'ai reçu un courriel de François Desrochers de l'ADQ reconnaissant la validité de ma demande pour une "intervention et de nouvelles lois sur la cyber-délinquance faite aux enseignants". M. Desrochers a conclu le courriel en disant " Nous vous remercions de votre confiance et nous vous assurons que nous allons agir."
Tel que rapporté dans l'article du 20 juin "Élèves de Facebook renvoyés", paru dans The Suburban, une réunion a été tenue le 18 juin au St. Thomas High School avec les enseignants, le directeur de l'école et le président du syndicat des enseignants. Une entente satisfaisante fut conclue. "Certains élèves ne reviendront pas" et il y aura une "assemblée tenue à l'automne" pour instruire les élèves quant aux bonnes et mauvaises utilisations d'Internet. Serge Laurendeau, président du syndicat des enseignants, a aussi spécifié que la rencontre avait eu lieu "pour que la commission scolaire établisse un protocole adéquat pour gérer pareille situation", "pour réagir beaucoup plus rapidement" et "pour être d'un meilleur support auprès des enseignants".
Remarquez cet extrait de l'article du 21 juin paru dans le West Island Gazette : "L'école est terminée pour les cyber-délinquants – St.Thomas va transférer quatre élèves". Toutefois l'assistant directeur général de la commission scolaire Lester B. Pearson "n'était au courant d'aucun élève ne retournant pas à cette école à l'automne". À quel point un système peut-il être dysfonctionnel ?
Voyez un extrait de l'article paru dans The Chronicle le 16 août 2006 intitulé "La commission scolaire Pearson va faire une étude sur la cyber-délinquance des élèves" : " La commission a accepté un partenariat avec McGill pour faire une recherche sur les effets de la cyber-délinquance pour en démêler la jurisprudence de cette année." Les experts, dans cette histoire, sont les enseignants-victimes, et non le directeur d'une école secondaire ou des spécialistes d’université.
Mario Dumont, chef de l'ADQ, a raison :" Les commissions scolaires sont trop écorchées, démantibulées pour pouvoir aider et régler le problème".
Il est important de noter que l'association provinciale des enseignants du Québec a immédiatement mise sur pied un comité pour étudier la violence et la cyber-délinquance. Aussi, la fédération canadienne des enseignants, qui a été mise au courant de la situation il y a de ça six semaines, considère le problème comme étant prioritaire et l'a inscrit à son agenda pour la rencontre annuelle de la fédération qui aura lieu en juillet à Ottawa.
Je voudrais remercier Cités Nouvelles non seulement pour avoir publié mais pour tenir des lettres à l'éditeur en ligne ainsi que pour avoir de petites images qui en disent gros. Prenez par exemple: "Déplorables sièges"(6 avril), "Je suis fier de Yolande James"(27 avril), "Lettre ouverte à Mario Dumont"(4 mai), "Lettre ouverte à Pauline Marois" (copie conforme à Mario Dumont, 18 mai) et "Lettre à l'éditrice"(8 juin).
Finalement, ayant connu plusieurs membres du personnel de St. Thomas en 25 ans de carrière, je suis profondément heurté que des élèves osent faire de si horribles commentaires tels que "pédophile", "relations lesbiennes", et "lâche l'héroïne" qui étaient destinés à des professionnels bienveillants. Je suis de plus consterné qu'une commission scolaire défende aussi mal ses enseignants.