Quelles activités pour les adolescents de l'Ouest-de-l'Île?
Photo: Martin Alarie
Mythe ou Réalité?
L'Ouest-de-l'île démystifiée
Ce n'est pas parce tous les "bungalows" de la région sont presque identiques que les résidants sont tous pareils. À défaut de produire un portrait du résidant typique, Cités Nouvelles vous présente certains préjugés qui entourent l'Ouest-de-l'île et ses habitants. Mythe ou réalité?
Les municipalités de l'Ouest-de-l'île sont des villes-dortoirs.
Mythe.
Le mythe de la banlieue qui se vide le matin parce que les résidants vont travailler en ville est révolu. De nos jours, selon Gerry Arseneault du Centre local de développement (CLD), il y a autant de gens qui quittent l'Ouest-de-l'île le matin, qu'il y en a qui viennent y travailler. En fait, plus de 6 000 entreprises s'épanouissent ici. Environ 45% des emplois du secteur aéronautique, 35% des emplois du secteur électronique et 30% des emplois du secteur des sciences de la vie de la grande région de Montréal se trouvent dans nos parcs industriels. De plus en plus, les résidants travaillent près de chez eux, et y trouvent leur compte également sur le plan culturel et social.
Les résidants de l'Ouest-de-l'île sont riches.
Mythe et réalité
Selon le recensement de 2006, le salaire moyen des ménages de la région s'élève à près de 84 000 dollars, ce qui est nettement supérieur au revenu familial des résidants du reste du grand Montréal. De plus, le grand nombre de propriétaires, le niveau de scolarité moyen élevé, le haut pourcentage de familles composées de deux parents et la grande concentration de ménages avec enfants, sont des facteurs qui contribuent à donner à l'Ouest-de-l'île une réputation de collectivité opulente et axée sur les valeurs familiales.
Cependant, la pauvreté sévit en de nombreux endroits dans la région et cette réputation de soi-disant société aisée fait ombrage aux plus démunis. Le rapport le plus récent sur la pauvreté élaboré par la CRE (Conférence régionale des élus), ainsi que le rapport du Sommet de Montréal, démontre que 14,7% de la population desservie par le CLSC Pierrefonds et 8,4% de celle desservie par le CLSC Lac Saint-Louis vivent sous le seuil de la pauvreté. De plus, le revenu annuel moyen d’une famille défavorisée vivant dans le secteur Cloverdale de Pierrefonds s'élève à 12 000 dollars.
Pour ce qui est des résidants de classe moyenne inférieure, c'est-à-dire ceux qui vivent au-dessus du seuil de pauvreté, mais qui n'ont pas les moyens de devenir propriétaires, l'Ouest-de-l'île n'est pas très hospitalière. Les logements sont rares et chers, et l'achat d'un véhicule est presque obligatoire, considérant les lacunes du transport en commun. Selon Gerry Arseneault du CLD, ces facteurs expliquent en partie la faible concentration de résidants âgés entre 18 et 35 ans.
Il n'y a que des anglophones dans la région.
Mythe.
Le recensement de 2001 indique que dans l'Ouest-de-l'île, 42% des résidants sont anglophones, 35% sont francophones et 23% sont allophones. Dans cette dernière catégorie, les langues officielles sont utilisées dans une proportion de 60% en faveur de l'Anglais.
L'Ouest-de-l'île se caractérise par son fort bilinguisme. 71% des résidants s'expriment bien dans les deux langues officielles. Selon Yves Picard du Carrefour jeunesse-emploi de l'Ouest-de-l'île, ce pourcentage grimpe à près de 90% dans la catégorie des 16-35 ans!
Les résidants de l'Ouest-de-l'île sont mariés à leurs automobiles.
Réalité.
Ce n'est pas le réseau de transport en commun actuel qui convaincra les résidants d'ici de laisser leur véhicule à la maison. Selon Gerry Arseneault, ce réseau ne rencontre pas les besoins des résidants qui se déplacent vers le centre-ville de Montréal, ni de ceux qui viennent travailler ici ou de ceux qui veulent circuler sur le territoire. De plus, il ajoute que le système routier est désuet et que sa capacité a depuis longtemps été dépassée. «Les gens sont mariés à leur automobile, ils n'ont aucune raison de la laisser à la maison», dit-il.
L'amélioration du transport en commun dans l'Ouest-de-l'île constitue une des revendications les plus importantes de presque tous les organismes communautaires de la région. Selon Yves Picard, le transport en commun joue un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion social. «L'isolement est un problème qui affecte particulièrement les 16-35 ans de l'Ouest-de-l'île», explique-t-il. «Il est difficile de faire des recherches d'emploi, d'obtenir des soins de santé ou de compléter son cours aux adultes si à chaque déplacement on perd plus d'une heure dans le transport en commun».
Il n'y a rien à faire dans l'Ouest-de-l'île
Mythe et réalité.
Pour les adeptes de sport, d'espaces verts, de magasinage, de bons restaurants et de cinéma, l'Ouest-de-l'île a beaucoup à offrir. Ceux qui recherchent un "Night life" palpitant, trouveront peut-être la sélection de clubs de nuit et de bars restreinte. Le véritable problème touche les jeunes de 16 à 35 ans. «À part "le Zone" au YMCA de Pointe-Claire, la maison des Jeunes de Pierrefonds et celle d'À-Ma-Baie, les jeunes n'ont pas de lieu de rassemblement», affirme Yves Picard du Carrefour jeunesse-emploi de l'Ouest-de-l'île. Ce phénomène contribue largement au problème d'isolement dont souffrent plusieurs jeunes d'ici. «Certains tentent de se désennuyer à Fairview…Plusieurs s'enferment dans le sous-sol du bungalow de leurs parents et jouent au Nintendo toute la journée», ajoute-t-il.
L'hôpital Lakeshore est un mauvais centre hospitalier
Mythe
Les mauvaises notes obtenues par cet établissement au Palmarès des urgences, publié dans la Presse du 11 juin, ne devraient pas décourager les résidants à se rendre à l'hôpital Lakeshore pour se faire soigner. «Ce n'est pas la qualité des soins qui est remise en question», explique Louis-Pascal Cyr, adjoint à la directrice générale. Le temps d'attente sur civière à l'urgence est le critère d'évaluation le plus important dans cette étude. Cependant, celui ou celle qui a un bras cassé ou qui requiert des points de suture sera vu dans un délai raisonnable. Ce sont les patients qui doivent être mis en observation avant de savoir s'ils seront admis ou s'ils recevront leur congé qui risquent d'attendre sur une civière pour près de 18 heures. Il est bon de savoir que selon les chiffres de l'Agence de santé de Montréal, sur le plan des délais lors de chirurgies, Le Lakeshore se classe au deuxième rang.
Photo: Martin Alarie