L'abbé Édouard Pilon a raconté que ses ancêtres sont arrivés dans l'Ouest-de-l'Île en 1689. Photo: Martin Alarie
Portrait de familles ancestrales
300 ans d'histoire chez les Pilon et les Lauzon
Il y a plus de 300 ans, les familles Pilon et Lauzon se sont établies dans l'ancienne municipalité de Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds. On retrouve d'ailleurs des rues à leur nom sur «le chemin de la grande ligne», un tracé droit de 1,6 kilomètre qu'on appelle aujourd'hui le boulevard Gouin, et qui va du Cap-Saint-Jacques jusqu'à l'Anse-à-l'Orme. Portraits de ces familles ancestrales, qui figurent parmi les plus anciennes de l'Ouest-de-l'Île.
«Les premiers descendants de ma famille sont arrivés en 1689 sur la rue de l'Église à Pointe-Claire, révèle l'abbé Édouard Pilon, dont le père, Joseph, est né en 1890 à l'Anse-à-l'Orme. C'est d'ailleurs dans une maison de pierres sur une ferme que j'ai été élevé avec mes six frères et deux sœurs», raconte-t-il dans un salon d'un presbytère.
L'abbé Pilon se souvient aussi de son grand-père Étienne, mais ne peut qu'imaginer ses premiers ancêtres, Antoine Pilon et Marie-Anne Brunet, originaires de Normandie. Sa mère, quant à elle, provient d'une famille Crevier de Senneville.
De son côté, Luc Lauzon n'a connu qu'une maison dans sa vie. «Je suis venu au monde dans la maison familiale en 1935, confie le jardinier de 71 ans qui a vécu à côté de la maison, démolie en 2005, de son grand-père et de son arrière-grand-père. Je crois que les premiers descendants de ma famille sont arrivés par bateau dans le Vieux-Port de Montréal en 1651, puis se sont installés à Sainte-Geneviève en 1700», prétend-il, à partir du bureau de sa maison.
Autres vocations que fermiers
Enfants, Édouard et Luc ont tous deux effectué des travaux de ferme et de jardinage pour aider leurs parents. Ils vendaient aussi leurs produits de porte en porte, mais aucun d'entre eux n'a pris la relève de la ferme familiale, ouvrant la voie à d'autres vocations.
«Moi j'étais le seul garçon d'une famille de trois enfants, dit Luc Lauzon. Comme il fallait se conformer à de nouvelles normes pour vendre nos produits au début des années 1960, j'ai plutôt décidé de me lancer dans l'horticulture, un domaine qui m'a tenu occupé pendant 45 ans et dont je pouvais voir grandir les semences», souligne celui qui continue de donner un coup de main à l'occasion aux nouveaux responsables depuis l'an dernier.
Pour sa part, l'abbé Pilon a préféré étudier au pensionnat au lieu de devenir fermier. En plus d'être prêtre pour le diocèse de Montréal, il a aussi consacré 25 ans à travailler dans des écoles et des paroisses. Certains membres de sa famille habitent encore sur «le chemin de la grande ligne» dans des maisons construites pour eux selon la volonté de leur père. «La maison ancestrale est d'ailleurs encore habitée par un descendant», précise l'abbé.
Attachés à l'Ouest-de-l'Île
Des rues à leurs noms sont la preuve de l'engagement des familles Lauzon et Pilon dans leur communauté. «On est là depuis plusieurs générations», explique Luc Lauzon. L'abbé Pilon estime que ses frères se sont dévoués en donnant des terrains appartenant à la famille pour aider le développement de la communauté. «Cela a notamment servi à construire la petite école Charlemagne sur l'ancienne ferme familiale. De plus, mon frère Willie a été échevin à Pierrefonds», souligne Édouard Pilon.
Héritage de l'établissement de ces familles dans l'Ouest-de-l'Île, des membres de celles-ci sont encore bien présents dans le secteur, et ce, pour des générations. L'abbé Pilon a une cinquantaine de neveux et nièces, petits-neveux et petites-nièces en raison de ses nombreux frères et sœurs, tandis que Luc Lauzon a eu quatre enfants, dont son seul fils habite à Beaconsfield. «Les racines de ma famille sont ici depuis au moins quatre générations. Moi j'y ai vécu toute ma vie. De plus, j'étais sur mon lieu de travail dès que j'ouvrais la porte extérieure, ce qui a allongé ma vie de 10 ans», croit-il.
M. Lauzon estime aussi que la tranquillité et l'abondante végétation qui caractérisent l'Ouest-de-l'Île invitent à la relaxation, contrairement au trafic, à la pollution et au stress du centre-ville. «Même si le travail horticole ou sur une ferme est exigeant physiquement, on gagne une qualité de vie», prétend celui qui entreprend un long voyage dans l'ouest… canadien! «J'ai l'intention de me payer du bon temps après toutes ces années de travail», conclut-il.
«Même si le travail horticole ou sur une ferme est exigeant physiquement, on gagne une qualité de vie.»
- Luc Lauzon
«Certains membres de ma famille habitent encore sur le chemin de la grande ligne.»
- L'abbé Édouard Pilon