Le frère et les parents de Charles-André Laberge à la sortie de la cour, lundi après-midi.
Photo: Jacques Pharand
Drame au cœur de L'Île-Bizard
Charles-André Laberge comparaît devant la cour
Suite à la dénonciation déposée à la cour lundi dernier, Charles-André Laberge, 22 ans, est accusé d'avoir causé la mort de Francis Proulx, 37 ans, à L'Île-Bizard, le 21 juillet dernier.
Le jeune suspect, résidant de Pierrefonds, fait face à des accusations de meurtre au deuxième degré. L'air abasourdi, perdu dans son chandail extra-large, le jeunot au visage pâle et aux yeux bruns a comparu pendant quelques minutes devant la juge Raymonde Verreault, et se présentera à nouveau en cour, le 31 août prochain. D'ici là, il demeurera en captivité.
«Il plaide non-coupable», a affirmé son avocate Natasha Crich à la sortie du tribunal, en fin d'après-midi, lundi le 23 juillet. Les parents du suspect et son jeune frère étaient présents, mais n'ont pas voulu parler aux journalistes. «C'est une situation très pénible», a dit maître Crich.
Francis Proulx, couvreur de profession, est décédé à la suite de blessures infligées par couteau, dans le stationnement de l'église Saint-Raphaël Archange, situé tout près de son domicile à L'Île-Bizard. Une altercation entre la victime et le frère du suspect aurait débuté dans un domicile privé, et se serait poursuivie sur la place publique où Charles-André Laberge se serait interposé comme troisième personne, et aurait poignardé le couvreur à plusieurs reprises. Francis Proulx n'était pas armé. Il est mort dans les bras de son ami en attendant l'ambulance, vers 1h30 dans la nuit de vendredi à samedi.
Le suspect et son frère ont quitté les lieux, et ont été retrouvés samedi en fin de journée. Selon des représentants de la SPVM, l'incident n'est lié d'aucune façon à des activités de gangs de rues. «C'est une dispute bien arrosée qui a dégénéré», affirme le commandant du poste de quartier 3, Michael Chartrand.
Toute la semaine, un flot ininterrompu de citoyens affligés, a défilé sur l'effigie «Ti-Cul 4 ever», inscrite sur l'asphalte, devant le monument de fortune, érigé à la mémoire du défunt ouvrier dans le stationnement de l'église. Les funérailles auront lieu samedi le 28 juillet, à 11h00.
Dominique Champagne
Commentaire mis en ligne le 25 juillet 2007Un évènement très malheureux s'est produit le week-end dernier et a mis toute la population de l'Ile à l'envers. Une altercation dans le stationnement de l'église s'est solvé par le meurtre d'une résident par un non-résident. La mort inutile de tout être est toujours incompréhensible, révoltant et triste. Comment pour une simple chicane, en est-on arrivé là ? On dit: "Une bataille, on sait comment ça commence, on sait jamais comment ça fini.." Si quelqu'un nous agace à ce point, n'est-il pas plus facile de changer de trottoir tout simplement ? Seulement quand on se promène avec ses amis avec une arme sur soi, il est difficile d'expliquer non-coupable aux accusations après l'avoir utilisée non pas 1 mais plusieurs fois sur un homme désarmé.
Mais j'espère par contre, que cela ne nous fera pas tomber dans une paranoïa collective. L'endroit où ça s'est produit est le coeur du village et ce, depuis toujours. C'est le seul endroit de rencontre pour la majorité des jeunes (et moins jeunes) de l'Ile.
C'est une réalité que l'Ile Bizard est une communauté tricotée serrée et bien vivante donc cela implique une portion importante de sa population sous les 21 ans. Cette tranche de la population a autant droit à sa liberté que les autres en autant que cette liberté ne brime pas celle des autres. Il ne faut pas que l'incident qui s'est produit ne soit qu'un prétexte pour intensifier l'harcèlement que nos jeunes doivent subir par la Sécurité et la police aussitôt qu'ils sortent de leur cour.
Le meurtre de M. Proulx était un acte isolé et a eu lieu en plein milieu de la nuit et je ne crois pas qu'en augmentant la présence de la police en auto, moto, bicyclettes etc toute la journée aurait pu l'empêcher.
Des générations de jeunes se sont succédées à cet endroit du village au cours des années sans que jamais rien de tel ne se produise. Faut-il oublier qu'on a tous été jeunes un jour et les faire TOUS payer pour la folie d'un seul, qui n'habite même pas ici ? Le coin de l'Eglise et Cherrier est un endroit à découvert, éclairé et malgré tout sécuritaire, où nos jeunes peuvent être ensemble sans trop de dérangements. Ne mettez pas tous les oeufs dans le même panier, la majorité d'entre eux valent mieux que ça! Laissez leur au moins un endroit où ils peuvent profiter des beaux jours, être à l'air libre et non pas confinés dans les sous-sols de nos maisons pour les plus jeunes ou dans des bars pour les plus vieux.