Depuis quelque temps, les travailleurs s'activent à la revitalisation du boulevard Décarie, une des facettes du chapitre d'arrondissement du plan d'urbanisme.
(Photo: Jacques Pharand)
La boule de cristal urbanistique
Le plan d’urbanisme de la Ville de Montréal a été conçu dans une optique de développement durable il y a maintenant près de trois ans. Les orientations, les objectifs et les actions préconisés par celui-ci s’échelonnent sur une période de dix ans et leur impact rayonnera sur plusieurs années. Pour chaque arrondissement, un chapitre du plan d’urbanisme lui a été réservé. Alors, à quoi ressemblera le visage de Saint-Laurent au terme de ce plan?
En juin 2002, lors du Sommet de Montréal, des démarches sont entreprises dans le but de créer un plan global d’urbanisme pour la nouvelle ville. Le 23 novembre 2004, le plan est adopté et en juillet 2005, il reçoit un prix d’excellence de l'Institut canadien d'urbanisme.
Depuis, plusieurs phases du plan, comme la mise en valeur du boulevard Décarie, ont été entamées. D’autres, tel le prolongement du boulevard Cavendish jusqu’au boulevard Henri-Bourassa, devraient débuter prochainement. Des projets de grande envergure sont aussi au menu. Un réaménagement complet des alentours de l’échangeur Décarie, ainsi que du boulevard Marcel-Laurin est prévu. Combiné aux nouveaux développements résidentiels de Bois-Franc et du Nouveau Saint-Laurent, ainsi qu’à l’expansion du Technoparc, le portrait de Saint-Laurent va poursuivre sa transformation dans les années à venir. Mais quelle est la prochaine étape?
Selon l’ancien directeur du Service d’urbanisme de Ville Saint-Laurent et membre du comité consultatif d’urbanisme (CCU), «il est temps de retourner au centre». François Guignard a occupé ce poste pendant 27 ans et a préparé la table pour plusieurs des projets qui sont présentement en cours. «L’identité d’une collectivité part de ses racines et c’est pour cette raison qu’il faut revenir à la base», explique-t-il.
Dans le cas de Saint-Laurent, ses racines se situent dans ce que M. Guignard appelle le «couloir du métro», soit entre les stations Côte-Vertu et Du Collège. Il estime donc que la revitalisation du boulevard Décarie est un pas dans la bonne direction.
De plus, un programme d’aide à l’amélioration des façades commerciales devrait éventuellement s’enclencher. «De l’argent en effet été débloqué pour la rénovation des vitrines des bâtiments du boulevard Décarie», confirme Claude Charrette, directeur de l'aménagement urbain et des services aux entreprises.
Éric Paquet, chef de division urbanisme, mentionne également que le plan de foresterie urbaine, qui accompagnera entre autres le projet de revitalisation du boulevard Décarie et qui s’étendra sur tout le territoire, devrait améliorer l’aspect paysager de l’arrondissement. «Nous allons aussi poursuivre l’enfouissement des fils téléphoniques et électriques, qui est déjà entamé dans les nouveaux quartiers et les grands axes», a indiqué M. Paquet.
Le centre d’affaires et de commerce situé entre les intersections Côte-Vertu et Poirier du boulevard Cavendish est également dans la mire de la division urbanisme. De nombreux espaces de stationnement couvrent actuellement une bonne partie du territoire, ce qui constitue en fait le potentiel du secteur. De nouveaux bâtiments pourraient bientôt voir le jour à ces endroits.
Les grands espaces de stationnement sont d’ailleurs sur la liste noire du CCU puisque celui-ci n’accorde plus de permis aux projets demandant une grande surface de stationnement. «Si un projet demande plusieurs places de stationnement, nous demandons à ce qu’elles soient souterraines», précise Éric Paquet.
Le chapitre d’arrondissement du plan d’urbanisme comporte beaucoup d’autres mesures servant à mettre en œuvre les orientations et les objectifs de Saint-Laurent et de la Ville de Montréal. Certaines concernent les espaces verts, un réseau de pistes cyclables, l’accès aux piétons, les installations de loisirs et la préservation du patrimoine bâti.
En fait, tous les aspects qui concernent la gestion du territoire y sont discutés. Les citoyens sont donc invités à partager leur avis concernant tous ces projets lors des consultations publiques du CCU ou lors des conseils d’arrondissement.
(Photo: Jacques Pharand)