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L'imaginaire débordant d'un jeune auteur

Sébastien Gazaille signe un premier roman, Le Temps

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 26 août 2007 à 14:39
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L'imaginaire débordant d'un jeune auteur
Sébastien Gazaille a parlé de son roman et l’expérience de sa publication avec verve et dynamisme. Photo: Jacques Pharand
L'imaginaire débordant d'un jeune auteur
Sébastien Gazaille signe un premier roman, Le Temps
Originaire de Kirkland où il a établi sa maison d'édition, Sébastien Gazaille a publié son premier roman, Le Temps, tome un d'une série de quatre. Portrait d'un jeune auteur à l'imaginaire débordant.
Mélangeant les genres historique, policier et fantastique, la série relate, à travers Ételle et Phylsot qui codirigent une cité, la disparition d'une civilisation moderne ayant déjà vécu sur Terre.

«J'ai commencé à écrire des contes à l'école primaire. Mes profs lisaient ensuite mes histoires devant la classe. Ça m'a donné le goût de continuer, car mes camarades embarquaient dans l'histoire», raconte Sébastien en entrevue dans les bureaux de Cités Nouvelles. Même au cégep, certains enseignants lui ont accordé du temps pour lire ses œuvres et l'encourager, à l'occasion.

L'auteur, âgé seulement de 20 ans, élancé et articulé, avait 15 ans quand il a imaginé sa série. «C'est parti d'une idée sur les pays nordiques et leur environnement, ainsi que les réactions que les gens peuvent avoir dans des situations difficiles qui repoussent leurs barrières, des gestes qu'ils ne poseraient pas autrement», dévoile-t-il.
Roman nouveau genre
Sébastien a voulu profiter de l'explosion du genre fantastique, suscité par la frénésie d'Harry Potter, pour créer une nouveauté, le mélange de trois styles littéraires populaires, afin de plaire à un large public, mais particulièrement les adultes. «Le volet historique est surtout présenté dans un long prologue d'archéologues pour camper l'histoire et donner une touche de réalisme au roman. Puis, le côté fantastique se met de la partie avec la prophétie d'un enfant. À cela s'ajoutent des intrigues tirées du roman policier pour soutenir l'intérêt des lecteurs.»
Mais attention, avise Sébastien, il n'y a pas de créatures dans son roman comme on en trouve généralement dans le monde fantastique, question de conserver son lectorat cible: les adultes. Ses principaux personnages, Ételle et Phylsot, sont d'ailleurs dans la force de l'âge, justement pour que les lecteurs s'identifient plus facilement à eux. L'exercice d'écriture de ces personnages représente donc un défi intéressant pour le jeune auteur. «J'explore tous les angles, avec une sagesse que je n'ai pas encore!», convient-il.

Sébastien a notamment calqué le caractère fort de sa mère, Suzanne, avocate et propriétaire d'un centre commercial à Kirkland, pour le transposer à Ételle, qui dirige une cité dans le roman. Mais les autres personnages sont fictifs, sauf peut-être un dont l'auteur a pris quelques traits d'une personne qu'il connaît.
Les aléas de la publication
Si l’écriture est son créneau, l’édition est autre chose. Une expérience ardue qui a permis à Sébastien de découvrir les coulisses du monde de la publication. «J’ai envoyé mon manuscrit à un éditeur, qui l’a refusé trois mois plus tard, relate l’auteur. J’ai donc décidé, à 19 ans, de fonder ma maison d’édition, Les Éditions J.S.G., et de demander un prêt. Ç’a été difficile, car je n’avais pas de modèle pour mon projet.»
D’autres démarches se sont avérées nécessaires. «J’ai dû enregistrer mon entreprise et monter une équipe avec un graphiste et une correctrice linguistique, juste pour éditer mon roman. Ensuite, je me suis entendu avec Transcontinental pour l’impression de 500 copies du livre», indique Sébastien, qui a plus tard convaincu Renaud-Bray et Archambault de prendre son œuvre pour la vente en librairie.

Le jeune auteur, qui n’a vendu qu’une soixantaine d’exemplaires de son premier tome de 350 pages depuis mai, travaille actuellement sur une suite de 600 pages dont la sortie est prévue au printemps prochain, peu importe le volume des ventes du livre Le Temps. «C’est financièrement plus difficile, mais j’ai déjà écrit 200 pages, alors j’aimerais bien montrer le produit fini.»

Sébastien s’attend toutefois à de bonnes nouvelles prochainement concernant la traduction et l’exportation de son premier roman. «Il est possible que mon livre soit exporté dans une grande librairie en France et Bloomsbury, la maison d’édition de la série Harry Potter, considère actuellement ma demande de traduction en anglais. Dans les deux cas, je devrais avoir des réponses bientôt», avance-t-il avec optimisme.

Pendant ce temps, Sébastien s’apprête à entrer à l’Université de Montréal en économie, après avoir décroché un diplôme d’études collégiales en sciences humaines, volet international, à Brébeuf. L’auteur a aussi déjà reçu deux manuscrits à sa maison d’édition. «Publier d’autres auteurs est une option intéressante», avoue-t-il. À 20 ans, la vie se livre devant lui.

Photo: Jacques Pharand

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