Avec l’affaire Cédrika Provencher qui défraie encore les manchettes un mois après la disparition de la fillette de Trois-Rivières, la rentrée des classes risque de causer plus d’inquiétudes qu’à l’habitude chez certains enfants et leurs parents.
«Beaucoup d’enfants en sont à leur première année d’école. Certains d’entre eux prendront l'autobus scolaire ou les transports en commun, d’autres se rendront à pied à l'école pour la première fois, explique la directrice du Réseau enfant retour, Pina Arcamone. C’est déjà une période stressante pour les enfants. Certains parents évitent sans doute de discuter de la disparition de Cédrika avec leurs enfants, pour ne pas créer davantage de peur chez eux.»
Cependant, Mme Arcamone croit que la meilleure manière de s’assurer que les enfants passent une année scolaire agréable et sécuritaire est d’être honnête avec eux, de les rassurer sur ce qui se passe actuellement et de leur apprendre comment réagir lorsqu’un étranger – et potentiel prédateur – les approche.
Si un enfant doit marcher pour se rendre à l’arrêt d’autobus, il est souhaitable qu’il soit accompagné d’un parent, souligne la directrice du Réseau enfant retour. S’il s’agit d’un nouveau chemin, le parent devrait indiquer à son enfant quels sont les lieux sécuritaires et les endroits où il peut demander de l’aide, tels qu’un parent-secours, un édifice public ou un poste de police.
Si les parents ne sont pas disponibles pour accompagner leur enfant à l’arrêt, les écoliers devraient se déplacer en groupe. «On n’insistera jamais trop sur l’avantage du nombre, estime Pina Arcamone. Un enfant seul est plus vulnérable aux actes d’agression.»
On recommande aussi aux familles de se trouver un «mot de passe secret» qui puisse être utilisé en cas de situations imprévues. «Le stratagème qui a été utilisé pour attirer Cédrika – demander de l’aide pour retrouver son chien – est un des plus communs chez les prédateurs. Mais un autre scénario qui revient souvent est celui de la situation d’urgence: "Ta mère a eu un accident et m’a demandé de venir te chercher." C’est très déroutant pour un enfant. La seule manière pour lui de savoir si ses parents ont effectivement envoyé cet individu est de lui demander le mot de passe familial», explique Mme Arcamone.
Selon elle, la meilleure façon d’enseigner à un enfant comment réagir s’il est approché par un prédateur potentiel est de jouer au jeu du «que fais-tu si…» Par exemple, les parents peuvent demander à leurs enfants ce qu’ils feraient s’ils se perdaient au centre commercial, ou si un étranger leur demandait des indications, puis trouver ensemble des solutions.
«Les enfants n’aiment pas qu’on leur fasse la leçon, affirme la directrice du Réseau enfant retour. À travers le jeu du "que fais-tu si…", les enfants apprennent quoi faire sans être bombardés d’informations.»
Selon Pina Arcamone, le message le plus important que les parents devraient transmettre à leurs enfants est qu’ils ont le droit de s’en aller lorsqu’ils sont mal à l’aise dans une situation, que cela soit avec un étranger ou une personne qu’ils connaissent.
«L’essentiel, pour un enfant, est de savoir qu’ils ont toujours le droit de dire non», affirme Mme Arcamone, ajoutant que la majorité des cas d’enlèvements n’impliquent pas des étrangers, mais des personnes connues de l’enfant. «Si vous n’êtes pas bien dans une situation, partez. C’est mieux que d’attendre qu’il soit trop tard pour savoir si votre intuition était bonne.»
Pour d’autres suggestions sur les manières d’enseigner la sécurité à vos enfants durant l’année scolaire, visitez
www.missingchildren.ca. (Traduit par Catherine Leroux)