Le bonheur d'être travailleur autonome? Pouvoir porter des bermudas toute la semaine! Réald Lafleur a pris sa «vraie» retraite il y a quelque temps, et ne garde que quelques contrats.
Photo: Jacques Pharand
Repartir à neuf
Les 15 ans du Centre de recherche d'emploi de Pointe-Claire
Il y a quelques années, Réald Lafleur a pris sa retraite de manière plus ou moins forcée de son emploi de représentant en placement. Du jour au lendemain, cet homme actif et compétent s'est retrouvé à la maison, et il n'était pas prêt. Il a donc cherché un nouvel emploi.
«Vu mon expérience, j'avais de la facilité à obtenir des entrevues. Par contre, lorsque je rencontrais les employeurs, ceux-ci préféraient engager des travailleurs plus jeunes», explique-t-il. Cet homme d'expérience, qui a travaillé autant dans le domaine des mines, dans les placements que dans l'assurance (où il a occupé les fonctions de directeur de succursale), a donc cogné à la porte du Centre de recherche d'emploi de Pointe-Claire (CRE). «Je louange les gens du CRE dès que j'ai l'occasion, affirme l'homme. Ce sont eux qui m'ont permis de découvrir, au cours de leurs séminaires, que je voulais être travailleur automne. Je souhaitais être mon propre patron, ne plus avoir de comptes à rendre à personne.» Il a donc parti son entreprise de tenue de livre, qu'il a pilotée avec beaucoup de plaisir pendant des années.
Les gens du CRE, qui fêtent leurs 15 ans d'existence cette année, sont liés à nombre d'histoires à succès du genre, en témoigne le taux de placement des gens qui passent dans leur bureau. «Nous effectuons un suivi de nos clients jusqu'à 26 semaines après la formation que l'on donne. Après trois mois, environ 75% des gens se sont trouvé un emploi. Ce chiffre grimpe à 80-85% après six mois», affirme Maryse Brouillette, coordonnatrice à la formation au CRE de Pointe-Claire depuis le début de l'aventure. Son collègue Daniel Neveu, directeur, explique la réalité derrière ces statistiques. «Il faut savoir que 60% de notre clientèle est immigrante. Souvent, les défis auxquels ils doivent faire face sont plus importants que ceux des gens d'ici: la langue, la transposition de leur savoir-faire d'un pays à un autre, etc. Dans ce contexte, cette statistique est très bonne.»
Pourtant, le CRE n'est pas un bureau de placement. À moins d'exception, les intervenants du CRE ne trouvent d'emploi à personne, ils enseignent aux gens à se vendre, et à frapper aux bonnes portes. «Nous nous spécialisons dans le marché caché. La plupart des gens qui arrivent ici se cherchent un emploi depuis quelques mois. Or, 80 à 85% des emplois disponibles ne sont pas annoncés nulle part», explique Maryse Brouillette. Cette recherche se fait dans les bureaux du CRE, via les clubs de recherche d'emploi, pour une durée de trois semaines à temps plein. «Car nous considérons que se chercher un emploi est en soi, un travail à temps plein», affirme madame Brouillette. Les intervenants sur place sont aussi disponibles pour des séances individuelles, pour la rédaction d'un c.v. ou pour la préparation d'une entrevue importante, par exemple. Tous les services à la population sont gratuits.
Trésors non-réclamés
Au-delà de l'apprentissage technique, les clients du CRE apprennent aussi à changer leur attitude, à avoir davantage confiance en soi. Et cela transparaît devant l'employeur potentiel. «Beaucoup de gens qui arrivent ici sont vulnérables, parce qu'ils se définissent par leur travail. Lorsqu'ils perdent leur emploi, cela joue sur leur estime de soi», affirme Maryse Brouillette.
Est-ce que les gens qui sont sans travail depuis quelque temps doivent accepter n'importe quoi? Pas selon le CRE. Des emplois précaires et mal payés, dans des commerces de restauration rapide par exemple, il y en a beaucoup, et ils sont à la portée de tous. Or, il faut cibler les employeurs qui nous intéressent, et foncer, croient les gens du CRE. Et cette technique marche avec tous les clients du CRE, qu'importe leur scolarité. «Nous nous spécialisons en employabilité pour les gens de 18 à 67 ans, et notre clientèle est diversifiée. Il y en a qui ont un secondaire deux, d'autres un post doctorat en recherche scientifique», explique Daniel Neveu. Dans le lot, beaucoup d'immigrants. D'ailleurs, le CRE offre des ateliers spécifiques pour eux, pour les renseigner sur la réalité du marché québécois.
Le CRE vous invite, le mercredi 12 septembre prochain, pour sa journée «portes ouvertes» entre 10h00 et 15h00, au 1000 boul. Saint-Jean, bureau 311, à Pointe-Claire.
Destination baby-boomers
Le prochain projet du CRE de Pointe-Claire s'adressera spécifiquement aux travailleurs de 50 ans et plus. «Selon Statistique Canada, plus de 20% des retraités souhaitent retourner sur le marché du travail dans la première année suivant leur retraite», note Daniel Neveu. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour cette clientèle, par exemple le souhait souvent formulé d'avoir un travail avec moins de responsabilités, à temps partiel par exemple. Ou alors, celui de devoir s'intégrer avec la génération des plus jeunes. Ou changer de domaine, comme c'est le cas de Réald Lafleur. Ce nouveau service se développera en réseau avec d'autres centres de recherche d'emploi du Québec, croit monsieur Neveu.
Photo: Jacques Pharand