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La passion d’un prof

Un citoyen de Pierrefonds-Roxboro reçoit le prix Charles-Biddle

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 14 septembre 2007 à 17:37
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Ce résidant de Pierrefonds, Jacek Litwin, a reçu dernièrement le prix Charles-Biddle remis par la ministre Yolande James pour son apport exceptionnel à la société québécoise. Photo: Jacques Pharand
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Un citoyen de Pierrefonds-Roxboro reçoit le prix Charles-Biddle
La petite cour avant de la famille Litwin est entièrement couverte de fleurs et d’arbres. Ça part dans tous les sens, il ne reste pas un seul grain de gazon à l’horizon. Devant mon air admiratif, l’homme qui m’accueille à la porte me sourit, l’air de dire «Oui, on a peut-être un peu exagéré».
La maison, de l’intérieur ou de l’extérieur, respire l’accueil. Des photos sur les murs, toute l’histoire d’une vie. Pas de nostalgie langoureuse. Juste de bons souvenirs, le passé qu’on sent en parfaite harmonie avec le présent. Une vie heureuse. C’est l’impression que dégage aussi mon hôte, Jacek Litwin, qui m’offre présentement des rafraîchissements.

Le 18 juin dernier, il a été reçu à l’Assemblée nationale du Québec. Ce polonais d’origine, arrivé au Québec avec sa petite famille il y a 20 ans, est le récipiendaire du prix Charles-Biddle. Ce prix a été remis par la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, pour l’apport exceptionnel de cet homme à la société québécoise. Cette distinction lui a été remise dans le cadre de la 9e édition des prix québécois à la citoyenneté, que l’on remet aux entreprises, organismes ou personnes engagés dans la mise sur pied d’un Québec pluriel, ouvert aux gens de toutes origines. Par exemple, Normand Brathwaite a reçu cette même journée le prix Jaques-Couture, pour la promotion du rapprochement interculturel grâce à son émission «Belle et bum». En tout, sept prix ont été donnés cette année.

Jacek Litwin, lui, est enseignant en génie mécanique au cégep Saint-Laurent depuis 18 ans, en plus d’être chargé de cours à l’ETS et de faire de la recherche. Il a dirigé de 1993 à 1996 un groupe franco-québécois de recherche sur l’usinage assisté par laser, il a mis sur pied un laboratoire de recherche en tribologie. Ce scientifique a publié 28 fois. La fiche de route de cet ingénieur est tout simplement impressionnante.

Cet homme très occupé a aussi un dada, ce sont les Olympiades québécoises en formation professionnelle et technique organisées par Compétences Québec. Il y est impliqué depuis plus de 10 ans. Assis à sa table, ses yeux s’animent lorsqu’il en parle. Cette année, le candidat qu’il aide a de bonnes chances dans la compétition au niveau mondial. Il s’agit de Gregorz Swiater, un étudiant qui est, par hasard, également d’origine polonaise. «Dans mon travail, il faut se remettre à jour sans arrêt. Je trouve cela plutôt encourageant», explique-t-il, avec son accent charmant. «En plus, je travaille avec les jeunes. Je ne vieillis pas!»

C’est d’ailleurs un ancien étudiant qui a présenté sa candidature auprès du gouvernement du Québec. Paul Martel, concepteur mécanique, est sorti de l’école il y a 10 ans. Depuis cinq ans, à la demande de son ancien professeur, il est devenu juge pour les olympiades. Il se rappelle de Jacek Litwin comme d’un professeur passionné et passionnant. Et intéressé par ses élèves. «C’est un bon professeur, très patient. Il faudrait qu’ils soient tous comme ça!»

Des problèmes d’intégration à vos débuts ici, monsieur Litwin? Pas vraiment. Il avoue que la chose a été facilitée par une religion commune et la maîtrise de la langue. «Ici, les gens sont accueillants. Je trouve que le peuple polonais et le peuple québécois ont plusieurs similitudes, par exemple dans le style de cuisine. Beaucoup d’humour aussi, les deux peuples sont de bons vivants. On a les mêmes valeurs.» Il faut dire aussi que l’homme et sa famille sont plutôt du style globe-trotter, ayant passé quelques années dans le cadre de leur travail en Algérie avant d’arriver au Québec.

À présent, il semble installé à Pierrefonds pour de bon, il y habite depuis 18 ans. Il voyage avec sa conjointe, professeure au secondaire, car ses deux enfants sont devenus grands. D’ailleurs, son fils s’est installé depuis peu dans une maison à Pierrefonds avec sa famille. La décision rend l’homme heureux, visiblement. La retraite? Bof. «D’ici quelques années, je prendrai ma retraite. Je resterai encore probablement chargé de cours à l’ETS.»

Photo: Jacques Pharand

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