Le chat de Mme Perreau
J’ai lu avec stupéfaction la lettre écrite par Mme Perreau et adressée au maire Meaney de Kirkland concernant l’interdiction de chats errants.
Mme Perreau ne peut pas connaître les dégâts réels qu’occasionne son chat une fois sorti de son condo. Permettez-moi donc de lui dresser une petite liste des problèmes avec lesquels j’ai dû composer, gracieuseté de deux chats errants du secteur.
Pour pénétrer dans ma cour arrière, un chat doit nécessairement empiéter et détruire sur toute leur largeur une partie de deux plates-bandes que j’aménage avec soin chaque année. Ensuite, pour limiter les tueries d’oiseaux sous ma terrasse (une trentaine par année), j’ai dû acheter et installer un grillage spécial sur toute entrée potentielle. Les deux matous qui y passaient du temps entre mes deux fenêtres du sous-sol à rechercher de nouvelles victimes n’y sont plus depuis deux ans.
Mon petit chien de 5 lb a failli se faire attaquer par un matou il y a quelques années. Depuis ce temps, je dois donc chasser ces intrus et accompagner mon chien lors de ses sorties dans ma propre cour arrière. Durant l’été, je reçois des oisillons sauvages en difficulté et je les élève sur ma table patio. Je dois être continuellement aux aguets pour éviter le massacre qui s’est produit chez ma voisine alors que son canari fut lacéré en morceaux.
Mme Perreau tente aussi de nous faire croire que son chat nous rend un service sanitaire en tuant les oiseaux affaiblis. Quelle fausseté! Pour intéresser un chat au jeu, un oiseau doit pouvoir se déplacer et voler.
En chaque période estivale, des centaines d’oiseaux horriblement mutilés, victimes de chats, sont apportés aux spécialistes charitables pour soins et antibiotiques. Ces oiseaux sont, soit des parents qui nourrissent leur nichée ou soit des jeunes au sol qui apprennent à voler. Toute nichée qui perd un parent subira une carence nutritionnelle, car un seul parent n’est pas suffisant pour combler les besoins alimentaires de tous ses petits. Un très grand nombre d’entre eux ne survivront pas et les coûts reliés à leurs soins se chiffrent à des milliers de dollars chaque année.
La SPCA et tous les organismes animaliers humanitaires sont d’accord que si l’on aime son chat, on se doit de le protéger en le gardant à l’intérieur. On lui évite ainsi les risques associés aux accidents-automobiles et aux attaques de la faune diverse. Aussi, il ne faut pas oublier les empoisonnements, les pièges et les blessures associés au comportement territorial.
De plus, il y a une foule de maladies et de parasites non couverts par les vaccins qui sont contractés par les chats et transmis aux membres de la famille. L’an passé aux États-Unis, quelque 80 enfants en sont décédés et les chiffres reliés à la perte de la vue chez l’humain ne sont pas encore déterminés.
Je félicite M. Meaney, maire de Kirkland, pour son règlement qui interdit les chats errants sur son territoire. Si seulement la mairesse Worth de Pierrefonds pouvait faire de même. Depuis quelques années, plusieurs citoyens se sont présentés au Conseil pour demander un tel règlement. Plusieurs résidants ont été très descriptifs quant aux nombres et espèces variés d’oiseaux de toutes les couleurs tués ou mutilés par les chats des autres. Mme Perreau aurait intérêt à entendre leur désarroi et Mme Worth devrait appliquer le même règlement pour les chats que celui qu’elle applique pour les chiens.
Susan Kiepprien
Pierrefonds