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Le château fort de madame Marois

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Article mis en ligne le 28 septembre 2007 à 17:21
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Le château fort de madame Marois
Jeudi dernier, une meute de journalistes et photographes se sont rendus à la résidence de Pauline Marois qui donnait sa version des faits sur les allégations de la Gazette. Photo: Jacques Pharand
Le château fort de madame Marois
L'île-Bizard a été sur la mappe plus que jamais cette semaine avec le tournoi international de la Coupe des Présidents et la conférence de presse qu'a donné la chef du Parti québécois, Pauline Marois, à sa résidence, rue Cherrier.
À deux jours des élections partielles dans Charlevoix, la semaine dernière, la Gazette faisait la manchette avec la demeure à L'Île-Bizard du couple Marois-Blanchet. L'article rapportait qu'un résidant avait reçu une somme de monsieur Blanchet pour avoir signé une déclaration destinée à la Commission de protection du territoire agricole. Il a aussi été question que les propriétaires utilisaient des terres publiques pour se rendre à leur demeure.

Pauline Marois a donc convoqué les représentations des médias à son adresse personnelle, jeudi dernier, pour faire la mise au point sur ses allégations. En cette journée nuageuse, une meute d’entre eux s'est présentée à la Closerie, charmant nom donné au domaine, pour connaître la version des principaux concernés.

Un modeste chapiteau, qui avait l'air d'être sorti tout droit du site de la Coupe des Présidents, les attendait à quelques mètres de l’entrée. Des cordons rouges installés sur le terrain servaient à délimiter l’espace accessible aux journalistes et photographes qui n'ont pas eu la chance d'entrer dans la vaste demeure, ni même de s’y approcher. La seule marque de noblesse visible se résumait à quelques majestueux cygnes blancs voguant au loin sur un étang.
Bec et ongles
Ce sont plutôt les représentants des médias qui ont accueilli la chef du Parti québécois lorsqu’elle est arrivée en voiture, à l'heure convenue. Toute vêtue de noir et d’une humeur taciturne, madame Marois a pris place à l’intérieur de la tente et a expliqué en détail l’acquisition du terrain et les procédures pour y construire leur maison, documents à l'appui. Malgré l’avis contraire de ses avocats, elle a choisi de faire la lumière sur ce dossier publiquement, sans la compagnie de son époux, pour défendre sa réputation. «Mon mari n'est pas là aujourd'hui parce que ce n'est pas lui qui était visé dans l'article, mais bien moi, comme chef du Parti québécois», a-t-elle justifié pour expliquer son absence.
Gens de chez nous
L'histoire a été vastement médiatisée sur tous les réseaux nationaux. Marcel Turcotte, le résidant qui a été interviewé par le journaliste William Marsden de la Gazette a été ébranlé par toute cette cohue. Maintenant, l'homme à la santé fragile qui habite sur la rue Joly, ne veut plus entendre parler des journalistes. «Je ne veux plus rien dire aux médias, on dit une affaire grosse comme un doigt et ils écrivent une histoire longue comme un bras», a-t-il commenté d'une voix faible. «Tout ce que je peux vous dire c'est que M. Blanchet m'a donné un cadeau de Noël pour le dérangement, je le connaissais bien avant qu'il se construise ici.»
Lors de la conférence, madame Marois a confirmé le fait que son époux avait donné 500$ à monsieur Turcotte comme cadeau de Noël pour le remercier des recherches qu'il avait faites pour trouver photos et documents qui ont servi à prouver qu'il y avait bel et bien eu un bâtiment sur ce terrain. «Il n'y a jamais eu de promesse, ni de demande de monsieur Turcotte. Claude lui a fait ce cadeau seulement parce qu'il s'était dévoué. Vous savez, la générosité, ça existe encore», a-t-elle lancé.
Entrée publique
En ce qui concerne le terrain qui appartient au ministère des Transports sur lequel sont aménagés une clôture et une haie de cèdres, madame Marois a expliqué de façon précise la location de ce terrain et l'entente pour l'aménagement. La piste balisée du club de motoneige y passe également. L'entente a été résiliée quelques années plus tard parce qu'ils ne voulaient pas être tenus responsables de ce qui pourrait arriver sur ce terrain.
Le golf Elm Ridge, voisin immédiat vers l'ouest, a d'ailleurs le même genre d'installation sur un autre terrain du ministère des Transports, acheté pour une éventuelle emprise de l'autoroute 440. «Vous savez, il y a des limites à tenter de faire croire aux gens que parce qu'on fait de la politique, on est sous suspicion. Oui, j'ai épousé un homme d'affaires qui réussit et qui réussit honnêtement, comme bien d'autres hommes et femmes d'affaires d'ailleurs. Est-ce un défaut?», a laissé en suspens madame Marois.

À la fin de la conférence, la dame, d'un air las et aigri, s'est dirigée vers une autre voiture qui l'attendait de l'autre côté des cordons rouges pour se rendre à son domicile. L'histoire est maintenant close.

Photo: Jacques Pharand

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