Avec les yeux d’un père
De sa série de romans Malaussène, l’écrivain Daniel Pennac a extrait un monologue adapté pour le théâtre. Un texte qui traite de paternité avec humour et sensibilité, présenté en primeur nord-américaine par le Théâtre Galiléo. Une brillante performance solo rendue par Vincent Magnat, dont le jeu souligne le sens, la finesse et la simplicité des mots.
Un enfant, ça ne naît pas avec un mode d’emploi, on le sait. On sait aussi qu’être parent ne requiert ni diplômes, ni compétences formelles, que c’est une aptitude qu’on a en soi et qui se révèle — en théorie — de façon toute naturelle. Or, c’est généralement en pratique que les choses se compliquent… Alors que la femme remet parfois en question sa fibre maternelle, l’homme, lui, doute qu’il existe bel et bien un pendant masculin de ce fameux instinct!
Du théâtre, comme de la vie
Benjamin sera père pour la première fois. Il réfléchit et apprivoise peu à peu cette nouvelle qui change le cours de sa vie, en faisant part de ses impressions au petit être qui grandit dans le ventre de Julie. Benjamin Malaussère c’est le protagoniste de Monsieur Malaussène, un texte écrit par Pennac il y a plus de dix ans, mais qui présente une réflexion résolument actuelle dans son traitement des joies et des peurs relatives à l’engagement et à la paternité.
Un coup de cœur, littéralement
Benjamin c’est aussi Vincent Magnat, celui qui endosse les traits du célèbre personnage dans Monsieur Malaussène au théâtre, la toute première production du Théâtre Galiléo, dont il est le fondateur. «J’avais lu le monologue il y a six ou sept ans et, déjà à l’époque, il m’avait fasciné», entame le comédien, en précisant que son coup de cœur pour ce texte s’explique par deux raisons. «D’abord, il y a son point de vue original sur la paternité, sa belle vision de l’homme et de ses sentiments. Ce n’est vraiment pas rose bonbon et, au contraire, ça fait le tour de la question! L’écriture de Pennac m’a également beaucoup séduit et j’ai longtemps jonglé avec l’idée de monter le tout pour le théâtre par la suite», confie-t-il.
Assisté à la mise en scène par Marc Béland et à la direction musicale par la musicienne et compositrice Charmaine Leblanc, Magnat se dit chanceux de pouvoir compter sur le soutien d’artistes expérimentés. «Je suis ravi de toute cette aventure; du texte, de l’accueil du public et de l’équipe, car chacun a travaillé très fort dans son champ de spécialisation. On explore et on expérimente au fur et à mesure des représentations, puis on fait des retours après chacune d’elles. Je ne suis pas seul en réalité, on est une équipe!», révèle celui qui, après avoir rodé le spectacle à une quarantaine de reprises, débute actuellement la première portion d’une tournée de Montréal et de ses environs, qui devrait se poursuivre jusqu’à l’année prochaine.
Une lumière sur la condition humaine
«Puisqu’il s’agit d’un monologue très dense, nous avons privilégié une scénographie très simple, de même qu’une musique belle et enveloppante aux sonorités organiques, explique l’interprète et directeur artistique. Honnêtement, le texte est très beau! C’est l’histoire d’un homme qui, malgré sa fragilité, se questionne et réfléchit profondément sur la paternité, d’un discours entre un père et son enfant à venir. C’est un spectacle lumineux dont on ressort chargé d’espoir, qui transforme notre façon de voir la condition humaine».