Mustapha Kachani fait valoir les besoins des immigrants auprès des élus depuis 15 ans.
Dans la tourmente de l’immigration
Kachani et James maintiennent le cap
Dans la tourmente qui secoue le ministère de l’Immigration, deux figures de proue de l’Ouest-de-L’Île maintiennent le cap sur les intérêts des nouveaux arrivants de la région.
«Il y a un véritable besoin», affirme Mustapha Kachani, directeur du Centre d’intégration Multi-services de l’Ouest-de-l'Île (CIMOI). Notre région, réputée pour sa richesse, est sous-financée en termes d’intégration alors que le taux d’immigration se rapproche de celui de Côte-des-Neiges». De son côté, Yolande James, ministre de l’Immigration qui depuis toujours réside à Pierrefonds, affirme être très consciente des besoins de la région et compte y répondre.
Depuis quelques semaines Kachani et James, amis de longue date, se font face à la table des négociations. L’enjeu: une enveloppe budgétaire pour la francisation augmentée de 5,3M$.
Le Regroupement des Organismes de Francisation du Québec (ROFQ) dont monsieur Kachani est le président, souhaite que cette augmentation de 12% se fasse sentir sur le terrain. «Nous avons demandé la réouverture des négociations plus tôt, pour que l’argent ne disparaisse pas dans la nature», explique le résidant de Roxboro. Nous sommes optimistes, je pourrai vous en dire plus long dans une quinzaine de jours.»
Controverse concernant les transferts fédéraux
Interrogé sur la controverse qui entoure les transferts fédéraux destinés à l’intégration des immigrants, le directeur du CIMOI, qui œuvre dans le milieu et négocie auprès des élus depuis 15 ans, affirme que la situation n’était pas plus transparente avant l’entrée du PLQ en 2003. Rappelons que la semaine dernière, l’opposition a accusé Québec de détourner ces fonds. Or, selon lui, à l’époque du PQ, les transferts étaient versés au ministère des Relations avec les Citoyens et Immigration (MRCI), auquel étaient rattachés des organismes qui n’avaient rien à voir avec l’immigration, notamment le Curateur public et l’Office de la protection du consommateur. «S’il y a vérification, il sera certainement démontré que ces organismes étaient financés à même les fonds fédéraux pour l’immigration.»
Dans le même ordre d’idée, Yolande James affirme que le PLQ a voulu «recentrer la mission», d’où la création d’un ministère entièrement dédié à l’immigration. «Les transferts fédéraux étaient également dirigés vers d’autres ministères à l’époque du PQ», ajoute la ministre, qui semble trouver normal que l’Éducation, l’Emploi et la Santé reçoivent près de la moitié des 224M $ fédéraux destinés, selon l’Accord Canada-Québec, à l’intégration et à la francisation des immigrants. De son côté, Le Québécois d’origine marocaine trouve qu’il y a double emploi dans une telle pratique. «C’est comme si une partie des transferts allait au ministère des Ressources naturelles et de la Faune parce que des immigrés comme Mustapha Kachani vont à la pêche!»
Il serait souhaitable, selon lui, que la totalité des sommes transférées serve à la francisation et à l’intégration, et que ces sommes soient dirigées entièrement vers le MICC qui devrait coordonner l’ensemble des services aux immigrants.
Jacques Pharand<$p>