Mères et poupons s’adonnent aux plaisirs du yoga lors de la halte-allaitement spéciale aux Galeries des Sources.
Pour combien de temps la tétée?
Campagne de sensibilisation à l’allaitement à DDO
Dans le cadre de la semaine mondiale de l’allaitement, le CSSS de l’Ouest-de-l’Île a organisé une halte-allaitement spéciale aux Galeries des Sources. Jeunes mamans et poupons ont envahi les lieux.
Démonstration de yoga pour maman et bébé, massage pour bébés, massage pour maman et plusieurs autres activités liées au bien-être des mères et enfants se sont déroulées lors de cet événement de sensibilisation qui a eu lieu le mercredi 3 octobre dernier.
Les études sont unanimes, le lait maternel a des bienfaits importants sur la santé des enfants et ses anticorps les protègent contre les otites, les gastro-entérites et les problèmes respiratoires. En 2007, la grande majorité des mères de la région de Montréal allaitent leur bébé à la naissance. Pourquoi alors faire une campagne de sensibilisation?
Selon Ginette Bélanger de la Direction de la Santé publique à Montréal, il est vrai que les statistiques ont beaucoup changé depuis les années 70. «On est loin du 14% d’il y a trente ans, explique-t-elle. Aujourd’hui, 87% des mères allaitent le bébé dès la naissance.» Selon la spécialiste, le véritable défi réside au niveau de la durée de l’allaitement. «Plusieurs femmes se laissent décourager par divers obstacles une fois sorties de l’hôpital. Notre but est de convaincre les femmes d’allaiter au moins six mois, et éventuellement notre objectif sera de deux ans et plus», poursuit-elle.
C’est pourquoi le CSSS a voulu sensibiliser les familles aux activités qui rendent maman et bébés heureux et qui valorisent le moment privilégié qu’est celui de la tétée. «C’est un choix de société au Québec, explique Angela Mancini, nutritionniste au CLSC Lac Saint-Louis. Depuis plusieurs années, le gouvernement encourage les démarches en ce sens.»
L’avènement du congé de maternité d’un an a grandement favorisé l’assiduité des mères dans leur démarche d’allaitement. Malgré ces avancements sur le plan social, il reste du travail à faire sur le plan culturel. «Nous vivons toujours dans une culture de biberon. Les femmes aiment mesurer ce que leurs poupons boivent», affirme Ginette Bélanger. De plus, il reste des tabous reliés au sein et à l’allaitement en public. D’ailleurs, selon Dominique Godin, bénévole auprès de Nourri-Source, d’autres centres d’achats avaient été approchés pour tenir l’événement, mais ces derniers ont refusé à cause d’un malaise face à l’allaitement.
Plus l’enfant avance en âge, plus les tabous augmentent. «Le sein est très sexualisé et plusieurs ne sont pas à l’aise à l’idée d’allaiter un enfant de deux ans», affirme la bénévole. Cette dernière a cessé de nourrir sa fille à 11 mois, car elle est tombée à nouveau enceinte. «J’aurais voulu continuer beaucoup plus longtemps, c’est tellement pratique pour calmer les crises et endormir l’enfant!»
Jacques Pharand<$p>