Paule Morin discute de sa carrière près de son instrument préféré, un piano. (Photo: Jacques Pharand)
Paule Morin, de Las Vegas à L'Île-Bizard
La claviériste a accompagné les plus grands chanteurs
Après 20 ans passés dans les valises à accompagner les plus grands chanteurs du Québec un peu partout dans la province et dans le monde, la claviériste Paule Morin se consacre maintenant à l'enseignement du piano, afin de transmettre son amour de la musique.
Elle mise sur sa réputation pour attirer adultes et enfants dans son studio aménagé à sa résidence de la rue Desmarest, à L'Île-Bizard, qu'elle habite depuis juin. Les services de Paule Morin sont d'ailleurs recherchés grâce au bagage d'expérience qu'elle possède. La moitié des élèves qu'elle avait à Châteauguay depuis 2003 au moment de déménager dans l'Ouest-de-l'Île a décidé de continuer les cours avec elle, malgré la distance. Et le bouche à oreille de sa présence à L'Île-Bizard suscite l'intérêt d'autres élèves.
Les leçons durent une heure, sur une base individuelle, à raison d'une fois par semaine, de septembre à juin selon le calendrier scolaire. Paule Morin enseigne tous les styles de musique, du classique au populaire, en passant par le jazz et le blues. «Je crois qu'un mélange des genres et l'expérimentation des sons favorisent l'apprentissage. Il y a aussi des moments de composition et un peu de théorie dans les cours», précise la musicienne, assise à son magnifique piano à queue durant l'entrevue.
Un conte de fée
Âgée de 43 ans, l'enseignante de piano est fière de sa carrière de musicienne qui l'a menée à voyager et à côtoyer, entre autres, Céline Dion, Roch Voisine, Mario Pelchat, Claude Barzotti, Martine St-Clair, Julie Masse et Jacques Higelin, avant de connaître la consécration pendant trois ans à Las Vegas avec le spectacle O du Cirque du Soleil.
«Mes souvenirs de tournées me donnent encore la chair de poule, tant l'émotion est grande, raconte Paule Morin, qui s'est découvert une passion pour le piano à l'âge de sept ans. Avec cet instrument presque magique, j'étais capable d'exprimer mes émotions. Je rêvais d'accompagner des chanteurs, faire des spectacles, voyager, jouer avec d'autres musiciens et enseigner, bref vivre de mon art. Et j'ai réalisé tout cela», ajoute celle qui a pourtant débuté modestement.
Membre d'un groupe de jazz au Cégep Saint-Laurent, Paule Morin a été la seule de cette formation à accepter l'invitation de se joindre au groupe Breault et Fréchette. Une décision qui a lancé sa carrière. «Je voulais seulement m'ouvrir à tous les styles de musique», explique la musicienne qui a joint ensuite le groupe techno Trans-X, avant d'accompagner, à 18 ans, la chanteuse Louise Portal dans sa tournée québécoise et en Europe à l'Olympia de Paris et au festival Spa de Belgique.
Originaire de Saint-Georges de Beauce, Paule Morin a été une des premières femmes claviéristes, ouvrant ainsi la voie à d'autres musiciennes de talent.
Des souvenirs marquants
La nouvelle résidante de L'Île-Bizard se souvient plus particulièrement de quatre grands moments. Elle a notamment joué avec Céline Dion, une personne qu'elle qualifie de «formidable». Elle est allée au Liban, ce plus vieux pays du monde qu'elle trouve fascinant, avec Mario Pelchat, avec qui elle a aussi joué en duo. Et elle a vécu la folie de la chanson Hélène, avec Roch Voisine. «En France, des jeunes filles perdaient connaissance durant le spectacle et souvent, on ne s'entendait pas jouer sur scène», raconte la musicienne.
Paule Morin a surtout apprécié la visite privée de Paul McCartney et de George Harrison pendant 30 minutes après un spectacle de O où ils s'intéressaient aux musiciens. C'était la première rencontre des Beatles avec le Cirque du Soleil.
Parmi ses moments de joie, la claviériste a aussi connu une grande peine quand elle a quitté Las Vegas. Même son déménagement de la Rive-Sud à ici l'a rendu triste. «Je me suis rapproché de ma famille et c'est plus pratique pour mon mari, Norman Kerr, qui a notamment été bassiste avec le groupe Offenbach, parce qu'il a été transféré de Lachine à Roxboro pour son travail. Mais j'ai des élèves qui ont cessé leurs cours, parce que j'habite maintenant trop loin», explique-t-elle.
Paule Morin a vécu intensément sa carrière, de sorte qu'elle n'a pas eu d'enfant. Elle a toutefois noué des liens avec ses élèves. «Ils sont devenus mes enfants d'une certaine façon», conclut la musicienne émérite.
«J'ai réalisé tous mes rêves et je veux transmettre mon amour de la musique.»
- Paule Morin, claviériste