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Une nouvelle phase de l’offensive débute aux Places

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Article mis en ligne le 12 octobre 2007 à 12:08
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Une nouvelle phase de l’offensive débute aux Places
L’insalubrité de la Place Henri-Bourassa (ci-haut) et de la place l’Acadie est telle qu’elle a inspiré aux autorités municipales un plan d’action pour lutter contre ce fléau à l’échelle de la ville. (Photo: Jacques Pharand)
Une nouvelle phase de l’offensive débute aux Places
Les problèmes d’insalubrité aux Places l’Acadie et Henri-Bourassa sont tels qu’ils ont contribué à motiver la création d’une nouvelle équipe municipale chargée de faire respecter les normes de salubrité. Aux Places, on se réjouit de leur arrivée, mais on vise plus haut.
La démarche ayant pour objectif de responsabiliser le propriétaire des 21 édifices à logements des Places l’Acadie et Henri-Bourassa constitue une offensive sans précédent à Montréal, selon la conseillère de Saint-Sulpice, Jocelyne Ann Campbell, qui s’occupe du dossier. «Il s’agit d’une opération systématique d’inspection visant à maintenir un pression constante sur le propriétaire», explique-t-elle.

Ces problèmes sont de trois ordres: la salubrité (présence de vermine, entre autres) la sécurité (par exemple des avertisseurs de fumée défectueux) et la détérioration générale des édifices.
L’offensive
Depuis 2006, trois phases d’intervention se sont succédées. On a d’abord inspecté tous les logements habités, dressé une liste complète des infractions et avisé le propriétaire des ajustements à faire. Puis, à partir de novembre 2006, des constats d’infractions ont été émis, et depuis le mois d’avril dernier, on punit les récidivistes.
«Le propriétaire fait preuve de mauvaise foi. Il donne l’impression qu’il va faire des réparations, mais jusqu’ici, il a apporté très peu de correctifs», rapporte Mme Campbell. À ce jour, le groupe de la famille Sagman, qui possède les Places, a reçu 1300 constats d’infractions pour un total de un million $, selon Mme Campbell.

Le propriétaire est présentement en cour municipale pour répondre de ces nombreuses infractions au code du logement. «Il a plaidé coupable à certaines infractions. Le but est d’aller jusqu’au bout du processus pour forcer le propriétaire à réagir», dit Mme Campbell. Un procureur a été désigné à la ville pour recevoir et colliger tous les documents relatifs au cas des Places.
Le «dream team» de la propreté
Ce mois-ci, la quatrième phase de l’offensive démarre, avec l’entrée en action de l’équipe du plan d’action corporatif, mise sur pied par la Ville de Montréal, et financée en partie par l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, qui soutient avec enthousiasme son implantation.
Composée d’un inspecteur, de quatre officiers de liaison et d’un coordonnateur, elle assure une continuité sur le terrain du Plan d’action pour l’amélioration de la salubrité des logements dont s’est doté la ville, en réponse notamment à des cas extrêmes d’insalubrité comme celui des Places.

L’équipe mènera des inspections sévères et assurera une documentation minutieuse de chaque cas, pour mieux «coincer» les propriétaires délinquants. C’est cette équipe qui assurera la phase quatre de l’offensive aux Places, soit un retour sur les infractions.
Au-delà des inspections, l’expropriation
Mireille Foisy-Hotte est agente de développement communautaire pour le projet Places en mouvement, dont la mission est d’améliorer la qualité de vie des résidents des Places l’Acadie et Henri-Bourassa. Elle se réjouit de l’arrivée de la nouvelle équipe, mais craint que ce ne soit pas suffisant pour changer les choses. «21 blocs, ça fait beaucoup de petites infractions à gérer. On est content que la machine soit en branle, mais ça va prendre beaucoup de temps avant que les résultats se fassent sentir pour nos résidents», dit-elle.
Comment les choses pourraient-elles s’accélérer? «L’expropriation serait une solution plus radicale. C’a été évoqué par des gens de la ville de manière informelle. Ça ne s’est jamais fait à Montréal, mais c’est possible», affirme Mme Foisy-Hotte, ajoutant que l’idéal selon elle serait de rénover de fond en combles les immeubles des Places et d’en faire des logements sociaux.

D’ici là, le projet Places en mouvement et le Comité aménagement contribuent eux aussi à mettre de la pression sur le propriétaire. «On fait des démarches de dépôt de loyer, pour que les locataires insatisfaits du propriétaire puissent payer leur loyer à la Régie du logement plutôt qu’au propriétaire», cite-t-elle en exemple.

Mme Campbell n’exclut pas les solutions évoquées par Mme Foisy-Hotte, sans s’engager. «Il serait souhaitable qu’il y ait des logements sociaux abordables, on y réfléchit, mais il est trop tôt pour présumer quoi que ce soit», déclare-elle.

Selon elle, la collaboration entre les différents organismes, l’arrondissement et les services (police, pompiers) est l’une des dimensions les plus importantes de l’évolution de ce dossier, et la meilleure manière d’arriver à l’établissement d’un milieu de vie agréable pour les ménages.

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