Le président d'Accompagnement bénévole de l'ouest, André Hupé, a expliqué le 5 novembre au CLD le fonctionnement du service de l'organisme. (Photo: Éric Carrière)
Service d'accompagnement pour les aînés
Du transport personnalisé pour les personnes malades
Après dix mois d'efforts, l'Accompagnement bénévole de l'ouest (ABO) offrira dès le 3 décembre son service de chauffeur-accompagnateur aux personnes vulnérables de l'Ouest-de-l'Île qui suivent des traitements médicaux intensifs et récurrents.
Le service comprend le trajet aller-retour du lieu de résidence de la personne malade à l'un des huit hôpitaux identifiés par l'ABO. Le chauffeur accompagnera aussi l'utilisateur du service dans l'établissement de soins de santé pour lui tenir compagnie et l'attendre le temps nécessaire au traitement avant de le reconduire à son domicile.
«Ce n'est pas seulement un service de transport, c'est de l'accompagnement qui comprend toute l'aide souhaitée», explique Paul Bissonnette, vice-président du conseil d'administration d'ABO.
Ce dernier précise aussi qu'il s'agit d'un service de dernier recours. «La personne qui l'utilise ne doit pas avoir d'autres moyens de se rendre à ses rendez-vous médicaux, comme pouvoir compter sur la disponibilité de la parenté. De plus, il n'est pas question ici de visite annuelle chez le médecin, mais bien pour subir des traitements reliés à des maladies graves, comme le cancer.»
Des exemples très proches
Le maire de Beaconsfield, Bob Benedetti, n'a pas hésité à appuyer le projet d'ABO, pour deux raisons. La première, c'est que la population de Beaconsfield se compose de la plus grande partie d'aînés de l'Ouest-de-l'Île, les gens âgés ayant un état de santé plus à risque. «La proportion d'aînés dans la municipalité a augmenté de 19% depuis le recensement de 2006», révèle-t-il. Puis, parce que le maire a été personnellement témoin des bienfaits d'un tel projet, puisque son épouse a fait l'expérience de partager la route pour recevoir des traitements médicaux. «C'est très apprécié, car les traitements sont durs», confirme M. Benedetti.
La création d'ABO vient combler le service offert par le Centre d'action bénévole (CAB) jusqu'en avril 2006, notamment en raison du déménagement de l'organisme de Dorval à Sainte-Anne-de-Bellevue.
Les personnes vulnérables de l'Ouest-de-l'Île pourront donc se faire accompagner dans les hôpitaux du Lakeshore, de Lachine, au Royal Victoria, au Montreal General, au Jewsih Hospital, à Ste. Mary's et à Hôtel-Dieu.
Si l'accompagnement est du temps donné par les bénévoles, le transport est remboursé par les utilisateurs selon une grille tarifaire établie en fonction du kilométrage parcouru entre les différentes provenances et destinations. Les prix varient entre 20$ et 35$. Le boulevard Saint-Jean servirait de point de repère pour le changement de tarif. Un montant minimum d'environ 10$ sera toutefois déterminé pour effectuer un déplacement à proximité de l'hôpital Lakeshore.
Financement du service
Le service a reçu un bon coup de main des élus, puisque les conseils de Pierrefonds-Roxboro, Beaconsfield, Dorval et Pointe-Claire, ainsi que des députés de l'Ouest-de-l'Île et de la ministre des Aînés ont contribué au financement nécessaire d'environ 35 000$ pour la première année d'ABO. Le Centre local de développement (CLD) de l'Ouest-de-l'Île, en plus d'une aide financière généreuse, prêtera ses locaux à l'employé qui sera chargé de coordonner le service. La Caisse Desjardins Dorval-Pointe-Claire contribue aussi à ce projet.
C'est l'Agence de santé et des services sociaux qui serait en principe responsable d'assurer le financement, du moins pour la deuxième année. «On n'a pas voulu attendre les délais requis au financement de l'Agence avant d'offrir le service, nous avons donc sollicité les élus et certains partenaires pour démarrer le projet», relate Claude Jourdain, secrétaire-trésorier d'ABO.
Pour les utilisateurs qui n'ont pas d'argent, le président d'ABO, André Hupé, pense créer un fonds d'indemnité au transport visant seulement les personnes sans ressources. «Vous savez, juste le transport pour suivre des traitements chaque jour peut jusqu'à représenter le prix d'un logement chaque mois», a-t-il illustré.
Des bénévoles en demande
Le service compte 30 chauffeurs-accompagnateurs, mais M. Bissonnette, qui est aussi directeur du CAB, souhaite davantage de bénévoles. «Nous voulons une banque de 100 personnes d'ici la fin de 2008. J'ai confiance d'en recruter plusieurs en passant le mot dans les organismes. Nous visons des gens responsables qui veulent faire le bien autour d'eux. Les retraités ont davantage le temps d'aider.»
L'idée est aussi de ne pas surcharger les bénévoles. «L'accompagnement peut prendre toute une journée, alors on veut limiter chaque bénévole à un déplacement par mois», précise M. Bissonnette.
Deux chauffeurs-accompagnateurs étaient présents au lancement officiel du service, le 5 novembre dans les locaux du CLD. Come Champoux, qui réside à Sainte-Geneviève, et André Fontaine, de Pierrefonds, sont d'avis qu'il y a une grosse demande dans l'Ouest-de-l'Île et que le recrutement est difficile. «C'est M. Champoux qui m'a recruté il y a deux ans. Mais comme on n'est pas toujours disponible, on a besoin de plusieurs remplaçants. On devrait être 200», estime M. Fontaine.
Ce dernier aime rendre service et surtout, il constate que les utilisateurs sont contents de reconnaître leur chauffeur-accompagnateur. «Moi j'essaie de faire rire les gens, car ils sont souvent tristes», raconte M. Champoux.
Les chauffeurs-accompagnateurs comme eux se réuniront d'ici la fin novembre pour recevoir une formation et l'encadrement nécessaire pour qu'ils assument tous de la même façon le rôle qu'ils ont à jouer en compagnie des utilisateurs.