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Quand l’intimidation se prolonge dans le monde virtuel

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 27 novembre 2007 à 16:44
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Quand l’intimidation se prolonge dans le monde virtuel
Une pièce de théâtre sur les diverses formes d’intimidation a été présentée dans le cadre de la journée d’échange de la Table de concertation des jeunes de l’Ouest-de-l’Île de Montréal. (Photo: Jacques Pharand )
Quand l’intimidation se prolonge dans le monde virtuel
Corinne a douze ans. Elle vient d’arriver dans une nouvelle école au milieu de l’année scolaire. Tout se déroule assez bien jusqu’au moment où le prof demande aux élèves de travailler en équipe…
Évidemment, personne n’est content d’avoir la nouvelle élève dans son équipe. Les comportements d’exclusion commencent à l’égard de Corinne et sa situation se détériore. Au moment où elle croyait avoir atteint le fond, elle découvre sur le Net une page diffamatoire sur laquelle ses intimidateurs se défoulent: «Bienvenue sur Corinne.conne», et son malheur prend des dimensions exponentielles.

Bien que Corinne soit un personnage fictif, son histoire est très réaliste. Les 140 intervenants qui ont participé à la journée d’échanges, tenue par la Table de concertation jeunesse de l’Ouest-de-l’Île (TCJOI) au centre culturel de Pierrefonds, étaient tous d'accord avec la véracité du propos.

La journée a débuté avec la présentation d’une pièce de la troupe «Piperni spectacles sur mesure», qui a mis en scène le drame de Corinne et a donné le coup d’envoi à une matinée de présentations et de discussions sur l’intimidation et ses nouvelles formes.

«Il n’y a pas d’écoles qui y échappent», déclare le directeur de l’école secondaire Saint-Georges à Senneville, Carl Vézina, durant la pause-café. L’homme d’expérience a l’habitude d’intervenir dans des cas d’intimidation, mais il admet que la cyber-intimidation est un phénomène nouveau très préoccupant. «C’est difficile à circonscrire», dit-il. En effet, que peut faire l’école quand la persécution se poursuit dans les messages textes du cellulaire, les courriels, les pages web personnelles et le clavardage? Carl Vézina considère que la supervision des parents est encore primordiale et il déplore que beaucoup d’entre eux laissent les enfants trop libres une fois qu’ils ont atteint le secondaire. «Les parents travaillent beaucoup, il est difficile de les mobiliser», ajoute le directeur.
La cyber-intimidation
Lors de cette journée d’échanges, la conférencière Corrie Sirota-Frankel a sensibilisé l’auditoire à cette nouvelle forme d’intimidation. «Nos enfants sont peut-être des génies technologiques, mais ils ont tout de même besoin de nous pour les guider et les protéger», affirme-t-elle, faisant allusion au fait que les parents se sentent souvent dépassés par la technologie et abandonnent leur vigilance face à l’usage de l’ordinateur.
Le harcèlement, la diffamation, l’exclusion, l’invasion de la vie privée, la diffusion de rumeurs et l’usurpation sont des formes de persécution dont les jeunes peuvent être victime, et ce, dans le confort de leur domicile. «En fait, l’enfant est plus en sécurité à l’école qu’à la maison», affirme la conférencière, car les règles qui encadrent la navigation Internet y sont plus strictes.

Selon Corrie Sirota-Frankel, l’Internet est désormais le point de rencontre privilégié des jeunes, remplaçant les centres d’achat et les arcades. «Les jeunes y développent leurs habiletés sociales, ce qui cause certains problèmes», affirme-t-elle. Étant donné qu’ils ne se trouvent pas en présence de leurs interlocuteurs, il arrive que les jeunes se fabriquent une personnalité web qui n’a rien à voir avec leurs véritables personnalités, et qui déroge des règles élémentaires de respect et de politesse. «Il faut rappeler à nos enfants de faire usage de la Nettiquette.»

La peur d’être débranché constitue la raison principale pour laquelle les jeunes ne parlent pas à leurs parents, et endurent leur calvaire. Voici quelques recommandations destinées aux parents: maintenez une surveillance, améliorez vos connaissances techniques, installez des filtres, limitez le temps sur l’Internet, encouragez les jeunes à parler de ce qu’ils vivent dans le cyberespace.

Pour parler de toute forme d’intimidation, les jeunes peuvent appeler ou se rendre sur le site de «Jeunesse, J’écoute», www.jeunessejecoute.ca ou 1-800-668-6868.

(Photo: Jacques Pharand )

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