Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dévoilé le 23 novembre, à Saint-Laurent, un plan d’action de plus de 620 millions $ pour soutenir le secteur manufacturier québécois.
(Photo: Martin Alarie)
Dévoilement du plan d’action pour appuyer l’industrie manufacturière québécoise
De l’argent pour contrer l’envolée du huard
C’est le 23 novembre à Saint-Laurent que le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dévoilé son plan d’action en faveur du secteur manufacturier de plus de 620 millions $ étalés sur cinq ans. Flanqué de quelques autres ministres, M. Charest a énuméré les grandes lignes du plan, qui comprend entre autres l’injection de 256,2 millions d’argent entièrement neuf.
La conférence de presse a eu lieu au siège social de la compagnie Fordia, exemple parfait d’entreprise visée par le plan d’action du gouvernement provincial. Cette annonce vient à un moment où le dollar canadien perd de la vitesse, mais les dommages causés par sa rapide ascension ont forcé le gouvernement à agir immédiatement pour d’une part calmer le jeu, mais également pour aider les entreprises à s’adapter à cette nouvelle réalité qu’est la parité. Les exportations québécoises ont diminué d’environ 4% depuis le début de l’année et, plus spécifiquement, les exportations vers les États-Unis ont subi une baisse de 7,1%.
«L’économie se transforme rapidement et ça se voit par la hausse du dollar canadien et du prix du pétrole, ainsi que par l’intensification de la compétition internationale, a mentionné M. Charest. Tout cela combiné a un effet brutal sur l’économie québécoise et le plan d’action a été conçu pour aider celle-ci». Le premier ministre a aussi rappelé que le secteur manufacturier représente 19% de l’activité économique québécoise et qu’un emploi sur six y était relié.
Les mesures
Le plan d’action contient deux grands objectifs complémentaires, soit investir pour contrer les effets négatifs de la hausse du dollar et ainsi relancer les exportations, puis agir de façon structurelle pour davantage maîtriser l’avenir. Un autre objectif du plan est d’investir afin de prendre le virage du développement durable.
Les choix budgétaires du gouvernement concernant le secteur manufacturier s’élèvent à 442,6 millions $ et les mesures au niveau fiscal totalisent un montant de 178 millions $. Celles-ci incluent un accroissement des liquidités des entreprises pour l’année 2008 de 500 millions $ (suspension pour un an des versements des acomptes provisionnels), une bonification du crédit de taxe sur le capital de 30 millions $ (augmentation de 10% à 15%), une augmentation de la capacité d’intervention des fonds fiscalisés de 28 millions $ et un crédit d’impôt remboursable de 30% pour la formation de la main-d’œuvre.
De plus, un budget de 51 millions $ a été débloqué pour la mise sur pied du réseau d'investisseurs Anges Québec, ainsi que pour avoir accès aux conseils d'équipes d'experts en productivité et de mentors. Un conseil des manufacturiers, coprésidé par le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEI), Raymond Bachand et l’ancien président et chef de l'exploitation de Rolls Royce Canada, Pierre Racine, sera également établis.
Les impacts locaux
Il est encore un peu tôt pour déterminer l’ampleur des impacts que l’adoption de ce plan d’action aura sur le secteur manufacturier laurentien, mais comme l’indique le maire Alan DeSousa, il s’agit d’une nouvelle très intéressante.
«C'est une annonce d'ampleur et d'importance au niveau provincial. Il s'agit d'un sujet important pour nos industries, surtout que l'on vit des moments difficiles dans certains secteurs de notre économie. Nous devons augmenter notre compétitivité à l'échelle internationale, pour permettre à nos industries d'être performantes dans les marchés d'exportation.»
(Photo: Martin Alarie)
(Photo: Martin Alarie)
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