Mohammed Barhone, de l’organisme ahuntsicois Repère, a présenté un témoignage mardi après-midi à la Commission Bouchard-Taylor. (Photo: Courtoisie)
Un plaidoyer pour l’accompagnement des nouveaux arrivants
par Geneviève Allard
Pour Mohammed Barhone, de l’organisme ahuntsicois Repère, il est nécessaire que les immigrants connaissent bien la différence entre immigrer au Québec ou dans le reste du Canada. De plus, et c’est le modus operandi de Repère, il est impératif de favoriser l’accompagnement des nouveaux arrivants. C’est ce que l’homme qui habite au Québec depuis 12 ans a tenu à exprimer lors de son témoignage à la Commission Bouchard-Taylor.
«Les immigrants que l’on invite au Québec sont-ils au courant de la différence avec le restant du Canada, du fait français?», a-t-il demandé aux commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor. Pour le directeur général de l’organisme sans but lucratif qui vient en aide aux parents qui veulent accroître leurs compétences parentales, il semble que le Québec ait une mentalité fondamentalement différente du restant du Canada. Cela se traduit vis-à-vis de la religion, de la laïcité, de la réduction de l’influence de la religion, la diminution des signes religieux, le mariage, l’égalité des sexes, le respect des droits des enfants, la liberté d’expression et la démocratie. «Souvent, les immigrants apprennent ces différences lorsqu’ils sont de nouveaux arrivants, ce qui est un peu tard», explique M. Barhone.
Repère, qui existe depuis 12 ans, s’occupe entre autres d’aider les couples et les parents, du point de vue légal. Pour M. Barhone, tout cela est relié de près à l’intégration. «Nous travaillons dans les familles, mais souvent le début des problèmes de vie conjugale vient des frustrations de ne pas avoir d’emploi, ou encore d’autres difficultés de l’immigration.[…] L’accès à un emploi aide justement à contrer l’isolement et favoriser l’intégration.»
Selon le directeur général de Repère, qui aide de 500 à 600 personnes par année de Montréal et d’ailleurs, il faudrait offrir un suivi intense d’au moins six mois, avec ensuite de l’aide régulière durant un autre six mois. «L’accompagnement des immigrants est primordial. Peu d’organismes le font», juge-t-il.
Mohammed Barhone voit tout de même la Commission Bouchard-Taylor et les nombreux questionnements de la population québécoise d’un très bon œil.
«Il est très normal et très sain de faire sortir tous ces questionnements, souligne M. Barhone, quelques minutes après avoir présenté son témoignage aux commissaires mardi après-midi. L’immigration est tout de même très récente au Québec et les défis changent, tout comme notre mission à Repère.»