Bien que plusieurs personnes âgées à la Résidence Edwin-Crawford soient suivies par le CLSC, la dame décédée dans l'oubli ne l'était pas. (Photo: Jacques Pharand)
Solution aux aînés isolés: l’entraide entre résidants
L’histoire se répète. Il faut souvent qu’un drame se produise avant d’améliorer une situation. Cette fois, la découverte du corps inanimé de Rita Rivet St-Aubin, 80 ans, près d’une semaine après sa mort, fait resurgir la question de la sécurité des aînés qui vivent en résidence.
Avec le vieillissement de la population, il est à se demander comment le système de santé peut mieux traiter les cas de personnes âgées vivant seules. Car la dame en question n’avait apparemment pas de visite de sa famille. Le rapport de police nous apprend qu’elle avait bien une fille, mais qu’elle n’avait pas vu sa mère depuis au moins 25 ans, selon les dires d’une tante que les autorités ont rejointe.
Ce sont des voisins, inquiets de ne pas avoir vu Mme Rivet St-Aubin depuis plusieurs jours, qui ont avisé les pompiers. Ceux-ci répondaient alors à une alarme d’incendie, dans la nuit du 24 au 25 novembre, à la Résidence Edwin-Crawford, où habitait la dame depuis plusieurs années. Sentant l’odeur de putréfaction devant le logement 804 qu’occupait la dame, les pompiers ont défoncé la porte pour découvrir son corps en état de décomposition avancée.
Système d’autosurveillance
Les propriétaires de la résidence, l’Office municipal d’habitation de Montréal, accompagné d’une intervenante du CLSC Lac Saint-Louis, ont rencontré mardi les 135 locataires de l’endroit, tous des personnes âgées autonomes, pour les réconforter dans cette épreuve.
«Nous avons proposé un système d’autosurveillance volontaire parmi les résidants, afin d’éviter qu’un tel drame survienne à nouveau», révèle Martin Després, chargé de communications à l’OMHM.
Ce dernier explique que les locataires pourraient accrocher un carton à leur porte le soir avant de dormir et l’enlever le matin à leur réveil, pour indiquer qu’ils vont bien. Un résidant par étage serait chargé de vérifier l’utilisation des cartons deux fois par jour et intervenir au besoin.
«Nous estimons qu’il s’agit d’un moyen efficace pour contrer le sentiment d’insécurité des résidants», précise M. Després. Il soutient que le système des cartons est pratiqué dans dix des résidences de type habitation à loyer modique que l’OMHM gère sur le territoire de Montréal, et qui comprend un total de 20 391 logements.
Doléances entendues, mais...
La rencontre avec les résidants a toutefois permis à ces derniers de demander à l’Office d’offrir plus de sécurité, comme engager un préposé à la surveillance. «Ils nous ont dit qu’on pourrait en faire plus, mais nos moyens financiers nous ne le permettent pas», souligne M. Després.
Ce dernier précise que l’Office emploie une personne 22 heures par semaine disponible le soir et les fins de semaine et qui vit à la résidence, et qu’un autre employé voit à l’entretien et aux réparations. «Ce n’est pas une personne de plus qui aurait pu éviter le malheureux événement. D’ailleurs, les résidants eux-mêmes semblaient d’accord pour dire que le décès de la dame, bien que déplorable, était une situation difficilement évitable. Puisqu’il s’agit d’une résidence pour aînés autonomes, on leur suggère de s’entraider, de veiller les uns sur les autres. Ils y réfléchiront.»
En attendant, l’OMHM a commencé des travaux, qui étaient déjà prévus, visant à munir chaque logement d’une alarme, en remplacement d’une seule par étage, afin de permettre aux locataires de bien entendre le signal d’urgence. «Il s’agit d’une mesure qui contribuera à améliorer le sentiment de sécurité des résidants», prétend le communicateur.