Une compétition de limbo a permis de briser la glace sur la piste de danse. (Photo: Courtoisie)
Places à la fête
Les Places Henri-Bourassa et l’Acadie ont une triste réputation, mais cela n’empêche pas leurs habitants de se réjouir lorsque l’ambiance est à la fête, comme c’était le cas le 18 décembre. À travers la musique et les éclats de rire, on se rencontre et on continue à espérer que 2008 réservera de bonnes nouvelles aux résidents qui malgré tout, aiment leurs Places.
Résidents, partenaires communautaires et, bien entendu, les employés du projet Places en mouvement chargé de défendre les droits des locataires se sont donc rassemblés pour fêter Noël, et la fin d’une année de luttes, de petites victoires et d’espoir de voir les choses changer aux Places.
«Pour nous, c’est l’occasion de rencontrer les gens dans un autre contexte que notre mission de mobilisation», commente Mireille Foisy-Hotte, agente de développement communautaire à Places en mouvement. «On a réussi à aller chercher des gens qui ne s’impliquent pas normalement», renchérit Catherine Chesnay, sa collègue. Les deux employées de Places en mouvement calculent que 72 personnes ont pris part à la fête tenue au Centre des loisirs.
Une fin d’année douce-amère
Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le roulement rapide des locataires, provoqué par les mauvaises conditions de logement n’empêche pas certains d’entre eux de s’attacher à cet endroit. Plusieurs convives présents en ce mercredi glacial habitent les places depuis une, voire deux décennies. «Mon loyer n’est pas cher», révèle Pierre, résident des Places depuis 12 ans. «En plus, c’est bien situé, c’est proche des autoroutes, c’est tranquille», énumère-t-il.
Pour Fady El Ariss, président du Comité des locataires, il reste encore fort à faire pour que les Places soient vivables pour tous. «Même avec l’appui de la ville, rien ne change. Ils font des inspections, mais pour les résidents, au jour le jour, les conditions de vie restent difficiles», déclare-t-il. Rappelons que dans le cadre d’une offensive contre le propriétaire, la Ville de Montréal émet depuis plusieurs mois des constats d’infraction systématiques, sans que le propriétaire ne corrige pour autant les problèmes. «L’argent parle; le propriétaire fait ce qu’il veut», affirme M. El Ariss.
Il ajoute que le Comité des résidents a souvent demandé à la Ville d’exproprier le locateur délinquant, sans succès. «Je ne comprends pas, dit M. El Ariss. Au Québec, un enfant maltraité est immédiatement retiré à son tuteur; une voiture abandonnée est aussitôt remorquée. Mais quand quelqu’un joue avec la vie et la sécurité de centaines de personnes, on ne fait rien.»
Tout semble donc indiquer que la bataille continuera en 2008, parce que, comme le dit Fady El Ariss, «nous méritons de faire respecter nos droits.»