Arthur Roy transporte la neige au dépotoir de Pierrefonds depuis de nombreuses années.
(Photo: Marie-Claude Simard )
À bord, avec un col bleu
Arthur Roy accueille Cités Nouvelles dans son «dix roues»
Mardi le 17 décembre, l’opération de ramassage de neige battait son plein sur le boulevard Pierrefonds. Entre 16h30 et 18h, Cités Nouvelles a fait la navette entre la souffleuse et le dépotoir à neige, à bord d’un camion municipal.
De part et d’autre des trottoirs, les bancs de neige s’élèvent à plus de deux mètres. Une chenillette se fraie un chemin pour dégager le trottoir, ajoutant au bordage qui devra être broyé par la souffleuse. Quatre camions font la queue auprès de la machine cracheuse de neige. Le trafic de l’heure de pointe fourmille autour du convoi. Un signaleur indique que la voie est libre: les mastodontes avancent de quelques mètres.
Le cortège du transport de la neige coûte 3000$ à l’heure à l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, et l’opération s’effectue sans arrêt, jour et nuit. «Il faut être patient, pour faire ce métier, affirme André Roy, chauffeur vétéran à l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro. Une fois sous la décharge, le «dix roues» du camionneur se remplit en moins d’une minute. Pour la énième fois depuis le début du quart à 7h, le gros camion doit faire demi-tour et retourner au dépotoir de neige. En cet endroit, une souffleuse haute puissance projette la neige en hauteur en permanence. La capacité totale de l’endroit est de 200 000 mètres cubes. Depuis le début de la saison, près du quart de ce volume a déjà été déchargé.
«À la fin de la journée, t’es fatigué», affirme le col bleu qui prendra sa retraite l’année prochaine. Mais selon lui, la tâche la plus exigeante est de pousser la neige avec le chargeur sur le bord des rues. Car en plus de composer avec la mauvaise visibilité et la chaussée glissante, les déneigeurs doivent contourner les obstacles et subir les frustrations de certains citoyens. «Des fois, les gens sont si fâchés, qu’il faut appeler les autorités», explique monsieur Roy, responsable du secteur ouest, entre Gouin et Pierrefonds.
Malgré tout, le futur retraité est convaincu qu’il s’ennuiera du travail et de ses coéquipiers. «J’aime mon travail», dit-il avec conviction.
(Photo: Marie-Claude Simard )