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Pousse la camionnette et la chenillette viendra

Conte de Noël sur le déneigement à Pierrefonds

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 22 décembre 2007 à 10:21
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Pousse la camionnette et la chenillette viendra
Les opérations de ramassage de neige ont débuté dès le lendemain de la tempête la semaine dernière sur le boulevard Pierrefonds. (Photo: Marie-Claude Simard)
Pousse la camionnette et la chenillette viendra
Conte de Noël sur le déneigement à Pierrefonds
Il était une fois, dans le royaume arrondi de Pierrefonds-Roxboro, une équipe de 27 cols bleus qui travaillait d’arrache-pied pour dégager la voirie pendant les bordées hivernales.
Il s’agissait d’une opération de taille puisque le territoire comportait 258 km de rue et 113 km de trottoir. De plus, ce kilométrage se rallongeait comme par magie puisque par souci d’équité, les charrues doublaient leur peine et passaient des deux côtés. Et sur les grands boulevards, leurs passages se multipliaient par le nombre de voies: quatre fois sur Pierrefonds et six sur Saint-Jean.

Malgré tout, l’équipe avait développé un système efficace qui lors de tempêtes de moins de 20 cm, permettait aux citoyens de circuler dans leur carrosse chromé comme par vent d’été.

Or, en décembre de l’an 2007, deux tempêtes immenses étaient tombées avant même le début officiel de l’hiver. D'abord, une petite laine de 30 cm, puis un épais manteau de 47 cm avaient recouvert la voirie tout entière.

La ville centre, pour faire plaisir à ses citoyens, avait décrété que la neige serait ramassée avant Noël. «J’ai peur de ne pas livrer la marchandise», se lamentait Pierre Joly, chef des opérations, qui lui aussi aimait satisfaire les résidants pierrefontains. L’inquiétude se faisait sentir aux ateliers des travaux publics.

Pourtant, l’opération marchait à pleine capacité. L’arrondissement, divisé en 17 secteurs, était pris d’assaut par ses 15 chargeurs à pelle, cinq chenillettes, et quatre épandeuses. Comme engagés dans un bal infernal, 12 gros camions se laissaient emplir inlassablement par quatre souffleuses endiablées, et retournaient ad nauseam se déverser dans le dépotoir à neige, aux confins du territoire.

Seuls deux secteurs, ceux de Pierrefonds-Est et de Roxboro, étaient confiés à un particulier du nom de Pavages d’Amour. «La mairie aime faire participer le privé, d’autant plus que ces secteurs sont loin des ateliers. D’ailleurs, une saine compétition ajoute du sel à la chaussée!», songeait le chef des cols bleus.

L’équipe était bien rodée. Cependant, même dans les contes de fées, les manques de coordination et les bris mécaniques peuvent arriver. «On a eu de la misère lors de la première tempête, se disait Pierre Joly. À la prochaine tempête, on va se rattraper», avait juré l’invincible déneigeur qui était tombé dans la neige, quand il était petit.

Ce qui fut dit, fut fait. Dès la tombée des premiers flocons, dans la nuit du 16 décembre, les épandeuses ont été relâchées: d’abord sur les boulevards et parcours d’autobus, puis dans les circuits d’écoles. L’appel général a été lancé, et vers midi, lorsque la bordée a dépassé les 7 cm, chacun des 15 chargeurs s’est engagé dans son secteur respectif, et sans relâche, la neige a été poussée.

Ce jour-là, la tempête était si dense que même si tous les secteurs avaient été grattés au moins deux fois, au bout d’une heure, rien n’y paraissait. Des résidants furieux ont commencé à appeler. «Qu’est-ce que vous attendez pour passer!», criaient les uns. «Cessez de bloquer mon entrée!», vociféraient les autres. Pourtant, données GPS à l’appui, les pelles municipales étaient bien passées.

Malheureusement, plusieurs obstacles font entrave au travail des cols bleus: les voitures stationnées sur la rue, la neige projetée sur la voie publique par les particuliers et les entreprises privées. De plus, faut-il le rappeler, contre vent et poudrerie, même le souffleur le plus aguerri ne peut dégager la chaussée.

Il ne suffirait que d’une prière à l’étoile de Noël pour que dans notre conte de fées les opérations de déneigement se déroulent comme prévu et que la persévérance des cols bleus soit récompensée. Mais dans l’arrondissement bien réel du maire Tremblay, rien ne sert de souhaiter que les entrées ne soient plus bloquées, et que sur les terrains, la neige ne soit soufflée.

De son côté, le vrai Pierre Joly qui entame sa 25e année au service de la voirie de Pierrefonds, ne peut qu’espérer que lors du prochain blizzard, chacun fasse sa part, et mette un peu d’eau dans son vin.

(Photo: Marie-Claude Simard)

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