Il n'y a pas que les moyens modernes de communication qui attirent les escrocs du marketing de masse frauduleux. C'est ce qu'a pu constater un résidant de Pierrefonds, Jean-Louis Lacasse, lorsqu'il a reçu dans sa boîte aux lettres, entre Noël et le Jour de l'an, une missive lui faisant miroiter une occasion en or d'amasser facilement de l'argent.
Dans leur lettre, les autorités de la United Bank of Africa lui demandaient en effet de communiquer avec eux afin de réclamer une partie des 25 millions $ qui «dorment» supposément dans le compte bancaire d'un riche homme d'affaires mort il y a plusieurs années, sans quoi la somme serait versée au gouvernement nigérien.
M. Lacasse n'a pas mordu à l'hameçon. Il dit avoir douté dès qu'il a vu que son nom complet ne figurait pas sur l'enveloppe. «C'est également le cas lorsque je reçois des offres publicitaires, comme celles des compagnies de cartes de crédit», a-t-il remarqué. Curieux, M. Lacasse a tout de même ouvert la lettre, mais il n'y a pas fait suite. Un certain Michael Peter Mba, qui affirme diriger une succursale de la United Bank of Africa, y fait une proposition aussi alléchante qu'improbable. En échange d'informations personnelles, le résidant de Pierrefonds aurait eu le privilège de devenir l'unique héritier du défunt Andreas Schranne, ce qui lui aurait permis de recevoir 40% des 25 millions $. Le fraudeur en question, qui exige 60% du montant, laisse même son adresse courriel et son numéro de téléphone personnel pour que M. Lacasse puisse le contacter et prendre possession de l'argent, tout en précisant qu'il ne court aucun risque. Comme de raison, Jean-Louis Lacasse n'a pas donné suite. Il espère maintenant que son témoignage incitera ses concitoyens à faire attention à ce qui leur est livré quotidiennement à leur porte.
Selon le coordonnateur des plaintes au Centre opérationnel de lutte au télémarketing (COLT) de la GRC, Tim Caron, cette ancienne méthode demeure populaire, particulièrement en Afrique. Le COLT reçoit environ cinq plaintes par mois au sujet de lettres et de courriels douteux. Les profits qui sont engendrés par ce type de fraude sont cependant à la baisse depuis trois ans. M. Caron croit que cela est dû au fait que les gens sont de plus en plus au courant du phénomène, ce qui les rend plus méfiants.
Si vous avez un doute concernant un site Internet, un courriel ou une entreprise de télémarketing, si vous avez reçu un chèque suspect ou croyez avoir été victime de marketing de masse frauduleux, contactez le COLT au 514 939-8304. Les plaintes peuvent aussi être déposées en ligne au
www.recol.ca.