Les noms de rues portent souvent un bagage historique qui est méconnu du public. Désormais, les citoyens pourront en prendre connaissance en consultant le Répertoire de toponymie interactif de Montréal, lancé en décembre dernier.
Pourquoi y a-t-il une rue Simone à Pierrefonds, une rue Julie à Sainte-Geneviève? Les résidants pourront trouver réponse à ces questions et à bien d’autres, en fouillant dans ce répertoire qui regroupe les 6000 noms de rues, parcs, et places publiques de Montréal. Éventuellement, cet outil permettra également de localiser chacun de ces endroits sur la carte.
Les arrondissements de l’Ouest-de-l’Île, avec leur potentiel de développement, continuent d’élargir ce répertoire. Selon Isabelle Dumas, chef de division au Bureau du Patrimoine, la toponymie de ces secteurs se caractérise par les familles qui y ont vécu. Nombreux sont les toponymes pierrefontains et bizardois, qui honorent la mémoire des familles de la région, comme Charron, Groulx, Bégin et Paquette, pour en nommer quelques-uns.
Cette tradition semble se maintenir puisqu’en août dernier, le maire Bélanger a invité les nombreux enfants de feu Léo Grenier à participer à l’inauguration d’une rue à L’Île-Bizard à la mémoire de leur père. En consultant le répertoire, on apprend qu’en plus d’être le chef d’une importante famille de la région, et d’être très actif dans sa communauté, Léo Grenier avait fondé le journal «Le Tourbillon», qui est devenu en 1974, le journal
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L’attribution de noms s’inscrit à l’intérieur de règles bien établies. Le premier rôle de la toponymie est de permettre le repérage géographique sécuritaire. Certaines villes ne s’en tiennent qu’à cela. Par exemple, à Roxboro, la presque totalité des voies est désignée par des numéros de rues et d’avenues. Le second rôle de la toponymie, est d’exprimer certains aspects de notre culture, ou d’honorer la mémoire de certaines personnes. «Pour l’instant, il y a deux groupes qui sont sous-représentés dans le patrimoine toponymique: les femmes et les autochtones», affirme la chef de division.
Le conseil d’arrondissement est consulté pour tous nouveaux noms de lieux à créer. Le conseil de ville, soumis aux normes de la commission de toponymie du Québec, prend la décision finale. Avant de choisir un nom pour un lieu donné, un certain nombre d’aspects sont examinés: la toponymie existante afin d’éviter les dédoublements; le profil biographique de la personne dont la mémoire est honorée; l’association naturelle entre la personne et la communauté résidante concernée.
Les noms de personnes vivantes ou de personnes décédées depuis moins d’un an sont exclus du processus de désignation. «Il faut avoir du recul et se détacher de l’émotion du deuil pour bien saisir l’ampleur de l’œuvre de quelqu’un», explique Isabelle Dumas. De plus, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de squelettes dans les garde-robes!» Le conseil de toponymie n’admet pas les noms qui sont susceptibles d’alimenter la dissension au sein de la population, ni ceux qui favorisent la publicité.
Ce répertoire historique des toponymes n’est disponible que sur l’Internet, au :
www.ville.montreal.qc.ca .
(Photo: Serge Gagné)