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L’agression sexuelle, parlons-en

Le rôle des médias est de briser le silence

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 20 janvier 2008 à 9:06
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L’agression sexuelle, parlons-en
Linda Hébert considère qu’il est crucial de briser le silence qui entoure l’agression sexuelle. (Photo: Jacques Pharand)
L’agression sexuelle, parlons-en
Le rôle des médias est de briser le silence
Le 7 janvier, une jeune fille se fait agresser sexuellement par deux individus, non loin du boulevard Pierrefonds, en fin d’après-midi. Un tel drame secoue la communauté et pousse chacun à se questionner sur son rôle à jouer pour prévenir de tels crimes et accompagner les victimes.
Au Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) de l’Ouest-de-l’Île, le mandat de est clair: aider la victime à reprendre le contrôle et lui donner les bonnes ressources pour le faire. Pas de doute, l’agression sexuelle est avant tout une prise de contrôle sur la victime. «Ce n’est pas un acte sexuel, c’est une prise de pouvoir. Et de dire que l’apparence de la victime y est pour quelque chose, c’est un mythe total», affirme Linda Hébert, travailleuse au CALACS.

Pour justement faire tomber les tabous qui entourent l’agression sexuelle et en favoriser la prévention, les médias jouent un rôle crucial. «Le rôle des médias est très important. Ils démystifient ce que le public ne sait pas, explique l’intervenante. C’est plus facile pour nous de faire de la prévention lorsque les gens en parlent.»

N’y a-t-il pas un danger de faire peur aux gens? «Il n’est pas mauvais que les parents resserrent leur surveillance, que les écoles réévaluent les moyens qu’elles ont pour protéger les jeunes», poursuit Linda Hébert, qui ne semble pas craindre que l’on parle trop d’agression sexuelle, qu’elle qualifie de «plus grand secret du monde.»

Au CALACS de l’Ouest-de-L’Île, qui est installé à Pierrefonds depuis plus de six ans, on sait bien que penser que des crimes de ce genre ne se produisent pas en banlieue, relève également du mythe. «Ce n’est pas parce que tu traverses un pont que tu es à l’abri, explique l’intervenante. Dans 70% des cas, la victime connaît son agresseur, et la plupart du temps, les agressions se déroulent dans des lieux fermés où il n’y a pas de témoin.»

En fait, il y a beaucoup plus de questions que de réponses, en ce qui concerne les agressions sexuelles, surtout du point de vue de la victime. Si j’en parle, serais-je crue? Suis-je enceinte, ai-je le sida, dois-je poursuivre en justice? Si j’en parle à la police, mes parents vont-ils le savoir? Quels sont mes droits? Les policiers me percevront-ils comme responsable de l’acte? «Il y a beaucoup de confusion, explique Linda Hébert, et comme l’estime de soi est à son plus bas, ce n’est pas facile de prendre une décision».

Selon l’intervenante, qui travaille dans le milieu depuis huit ans, il n’y a pas de marche à suivre idéale. «Toute façon de réagir est bonne, ça dépend de la personnalité de la victime. Elle peut choisir de garder le secret, ou de se mettre en colère et de poursuivre en justice. On est là pour lui dire qu’on la croit, la guider et s’occuper de ses émotions.»

Ultimement, briser le silence constitue une reprise de pouvoir importante pour la victime. «Il faut toutefois que l’entourage soit disposé à l’entendre et à la supporter». Selon Linda Hébert, trop souvent les victimes doivent faire face au scepticisme des gens. «Il faut arrêter de mettre la responsabilité de l’acte criminel sur la victime. Souvent les gens vont tenter de trouver une raison pour justifier l’incident…Il faut changer les mentalités, les gens doivent prendre l’habitude de croire les victimes…Il faut regarder la prévention sous un autre angle.»

La presque totalité des victimes adultes d’agression sexuelle sont des femmes, et la majorité d’entre elles sont âgées entre 18 et 25 ans. «Elles sortent de l’adolescence. Clairement, il reste du travail en prévention à faire dans les écoles secondaires… Il faut créer un consensus au sein des jeunes, qu’il soit évident pour eux que l’agression sexuelle et la violence en général ne sont pas des options. Il n’est pas acceptable de toucher quelqu’un de façon sexuelle sans son consentement. D’ailleurs, il faut démystifier ce qu’est le consentement.» On peut rejoindre le CALACS de l'Ouest-de-l'Île au 514 520-4333, en tout temps.

(Photo: Jacques Pharand)

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