Une démonstration d'escrime a précédé le spectacle de cirque. (Photo: Martin Alarie)
Les Irréductibles à l’abordage
«D’où vient notre nom ? Irréductible signifie “dont on ne peut venir à bout, indomptable”», explique Hadi, le jeune maître de cérémonie, en guise d’introduction au spectacle des jeunes de l’école Alice-Parizeau.
Cette détermination, on la sentait mercredi soir, autant chez les dizaines d’enfants à l’enthousiasme contagieux, que chez les adultes qui sont derrière le projet des Irréductibles.
Des prouesses et des grands sourires
Le spectacle des élèves de quatrième année s’est ouvert sur une démonstration d’escrime. Les mouvements de base, exécutés de façon synchronisée et avec grâce, ont fait suite à des combats en face à face.
Puis, les petits saltimbanques ont pris d’assaut la scène. Le thème des pirates a inspiré une belle mise en scène, où les jeunes mimaient des bateaux, des batailles et des flots enragés. De spectaculaires numéros de jonglerie, de culbutes et de pirouettes, de funambulisme, de diabolo, d’acrobaties suspendues sur trapèzes, cordes et cerceau ont suivi, couronnés par d’époustouflantes pyramides humaines.
Après un court entracte, Mathieu et Jolain, les entraîneurs eux-mêmes professionnels du cirque, ont à leur tour offert un superbe spectacle, qui laisse croire que le talent est contagieux et s’est propagé de professeurs en élèves.
Mais pour Mathieu, le cirque n’est pas qu’une affaire de performance. «Le cirque peut prendre des formes différentes. Ce n’est pas réservé aux grosses compagnies, ou aux gros athlètes. Pour les enfants, c’est une façon de s’amuser, d’apprendre à travailler en équipe, de tisser des liens…»
Interrogés avant le spectacle, Alexa, Anda, Christina et Nicolas sont fiers et exaltés. «On aime beaucoup ça», lancent-ils en chœur. Sont-ils stressés avant de monter en scène? «Sûrement!», s’exclame Nicolas. «Pour se calmer, on prend de grandes respirations», explique Alexa.
Pour la maman de Christina, venue assister au spectacle, le projet des Irréductibles a un impact très positif. «Ça ouvre l’esprit des enfants, ça leur permet de se trouver eux-mêmes», observe-t-elle. L’assistance est bourrée de parents, de grands-parents, de frères et de sœurs, mais aussi de professeurs, et même de la commissaire scolaire Jocelyne Cyr, tous venus admirer les prouesses des Irréductibles.
Sur tous les fronts
Les Irréductibles ne sont pas seulement que des ateliers de cirque et d’escrime. Un cercle de lecture, un atelier de travail du bois et un atelier de hip hop sont aussi offerts aux enfants de l’école Alice-Parizeau. Ces activités exigent des frais minimum de la part des familles, afin de procurer aux équipes des chandails affichant leurs couleurs.
«On voulait un projet rassembleur, pour rejoindre les jeunes dans toutes sortes de sphères», explique Benoit Tassé, le professeur d’éducation physique qui a démarré, avec l’aide de ses collègues, le projet. Le milieu de l’école Alice-Parizeau étant plutôt défavorisé, les Irréductibles offrent aux enfants une manière constructive d’occuper leur temps libre. «Ça rend les enfants plus participatifs, ça crée un nouveau type de lien avec l’école… Et ça leur permet d’avoir du plaisir, bien entendu!», explique M. Tassé.
La récurrence du projet, créé il y a trois ans, M. Tassé dit la devoir au soutien de la communauté. «Les parents collaborent beaucoup. Et rien de tout cela ne serait possible sans l’appui de la directrice, Mme Duval, des professeurs, de l’intervenante Annie Benoit, de la bibliothécaire Gabriella Gendreau, de Stéphanie Eid du PDQ 10 et de la Corbeille», énumère M. Tassé. La contribution de Québec en forme rend le projet financièrement viable.
Bien que ce type de projet soit toujours fragile, M. Tassé est optimiste par rapport au futur des Irréductibles. «La collaboration avec Québec en forme va durer, et la direction souhaite développer le projet», affirme M. Tassé.
La réponse positive des quelques 200 enfants donne le goût de continuer. «La magie que je vois dans les yeux des enfants ce soir, c’est ma récompense, c’est ma lumière», conclut le professeur.