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La version des faits de Daniel Labrecque

Le harcèlement règnerait dans les bureaux d’Ahuntsic-Cartierville

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Article mis en ligne le 30 janvier 2008 à 16:54
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La version des faits de Daniel Labrecque
Le harcèlement règnerait dans les bureaux d’Ahuntsic-Cartierville
Limogé lundi au terme d’une enquête sur un prétendu conflit d’intérêts, Daniel Labrecque souhaite remettre les pendules à l’heure. L’ex-adjoint aux travaux publics d’Ahuntsic-Cartierville affirme n’avoir jamais dérogé à son devoir d’intégrité, et se dit victime de harcèlement psychologique de la part d’employés d’Ahuntsic-Cartierville. Pour son avocat, il a tout simplement servi de bouc émissaire.
«Manque d’intégrité et de loyauté.» C’est l’explication laconique qu’a donné la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville pour justifier sa décision de renvoyer Daniel Labrecque, suspendu depuis novembre 2007 pendant qu’on vérifiait des allégations de favoritisme à son endroit. Tout est parti d’une rumeur de source anonyme, selon laquelle M. Labrecque se serait fait payer un voyage de golf au Portugal par Jean-Guy Ste-Croix, le propriétaire d’une entreprise de transport de neige qui a plus tard obtenu un contrat auprès de l’arrondissement.

M. Labrecque dit très bien savoir qui se cache derrière cette source anonyme. «En automne, une lettre a circulé, demandant ma tête et celle d’un autre employé de l’arrondissement», raconte M. Labrecque. Selon lui, la lettre provenait d’employés qui exerçaient du harcèlement à son endroit. «Moi et d’autres employés – dont un est présentement en congé de maladie - avons été victime de harcèlement, d’intimidation, de menaces verbales… Il y a même une personne qui s’est fait coller son bureau au complet à la colle contact», rapporte-t-il.

Les raisons d’un tel harcèlement? «J’étais responsable de coupures dans le temps supplémentaire, et d’autres changements qui ne faisaient pas plaisir à certains employés qui étaient là depuis longtemps. En plus, j’étais nouveau et je venais de l’extérieur. C’est pas facile de faire ta place à la Ville quand tu viens de l’extérieur. Tu te butes à un petit groupe qui veut contrôler la fonction publique», relate M. Labrecque. Sans pointer quiconque du doigt, M. Labrecque précise que «ce n’est pas les cols bleus qui sont le problème à Ahuntsic-Cartierville. Le problème est au niveau administratif.»

Par rapport à la décision de la mairesse, conjointement avec le Service du capital humain, de le renvoyer, M. Labrecque est amer. «Je n’ai jamais eu droit à l’innocence dans cette affaire-là. Mon patron ne m’a pas défendu», affirme-t-il. Pourtant, il jure n’avoir rien à se reprocher.
Le fond de l’histoire
Daniel Labrecque ne nie pas être allé au Portugal, mais dans des circonstances très différentes de celles décriées en novembre. «C’était un voyage organisé auquel 109 personnes du milieu municipal ont participé, et j’ai payé mon voyage de ma poche.» D’après l’avocat de M. Labrecque, Marc Savard, les preuves de ce paiement ont été fournies aux enquêteurs de la Ville centre.
Mais les vérificateurs ont tenu à fouiller plus loin, examinant les dossiers personnels, l’ordinateur, les relevés d’appels de son téléphone cellulaire, et éventuellement les relevés bancaires de M. Labrecque. À la fin du processus, les motifs invoqués pour son renvoi sont «le fait d’avoir eu une relation continue avec un fournisseur, et le fait de n’avoir pas fait approuver un compte de dépense de 400$, pris à même mes surplus pour sortir les employés pour Noël», cite M. Labrecque.

Encore une fois, ce dernier ne nie pas avoir eu des rapports avec le fournisseur, Jean-Guy Ste-Croix. «Il travaillait déjà pour la ville, on s’appelait parfois pour se poser des questions. Il m’a contacté à plusieurs reprises pour obtenir des précisions durant la période d’appels d’offres, comme tous les autres soumissionnaires», affirme M. Labrecque.

La formulation et l’analyse des appels d’offres ayant été effectuées par la firme Dunton-Rainville, «je ne peux pas avoir fait quoi que ce soit pour l’avantager», déclare-t-il, ajoutant qu’il a même posé plusieurs gestes ayant pu désavantager le fournisseur, par exemple, négocier ses prix à la baisse (alors que sa candidature avait déjà été retenue par l’arrondissement).
Des recours
D’après l’avocat de M. Labrecque, les choses n’en resteront pas là. «Une plainte pour harcèlement a déjà été logée à la Commission des Normes du travail. On va aller devant la Commission des Relations de travail, qui peut exiger la réintégration, le paiement de salaire rétroactif et même des dédommagements. Ça va coûter pas mal plus cher aux citoyens que le 125 000$ versé à Éric Lachapelle», affirme Me Savard. D’après lui, c’est à cause du tollé soulevé par l’indemnité de départ accordée à M. Lachapelle que l’arrondissement a tenu à se montrer sévère. «Il fallait qu’ils le congédient parce que ça paraissait trop mal, les gens n’auraient pas accepté une autre prime de départ», dit Me Savard.
Daniel Labrecque, pour sa part, souhaite simplement voir sa réputation rétablie. «J’ai toujours travaillé fort et honnêtement pour les gens d’Ahuntsic-Cartierville. Je ne me suis jamais mis dans une position de conflit d’intérêts, je ne détenais aucune information privilégiée», insiste-t-il. M. Labrecque est toujours en poste à la Ville de Repentigny à titre de conseiller municipal.

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