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MacKasey et le Wild ne font qu’un

Philippe Boisvert par Philippe Boisvert
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Article mis en ligne le 2 février 2008 à 9:13
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MacKasey et le Wild ne font qu’un
Blair MacKasey a profité de la fin de semaine du match des Étoiles de la LNH pour passer un peu de temps avec sa famille.(Photo: Jacques Pharand)
MacKasey et le Wild ne font qu’un
Croyez-le ou non, le directeur du recrutement professionnel du Wild du Minnesota est un résidant de Beaconsfield, dans l’Ouest-de-l’Île. Cet homme plein de pouvoirs est celui qui garde des notes et qui connaît quasiment tous les joueurs professionnels de la planète.
La fin de semaine dernière, c’était la pause du match des Étoiles dans la Ligue nationale de hockey. Les joueurs, entraîneurs et tout le personnel de chacune des 30 équipes du circuit Bettman qui ne participait pas à la classique en ont profité pour faire un rapide retour à la maison. C’est ce qu’a fait Blair MacKasey.

Lorsque le directeur-gérant Doug Risebrough prépare une transaction ou aimerait signer un agent libre, c’est à Blair MacKasey qu’il demande conseil. Si son travail peut sembler excitant, il n’en reste pas moins qu’il est extrêmement exigeant.

La distance que parcourt cet homme chaque année est difficile à calculer. De toute façon, de la savoir ne changerait rien à son travail. Parce qu’une est chose certaine, il voyage. Que ce soit en Amérique du Nord pour couvrir la LNH et la LAH ou en Europe pour couvrir les différentes ligues élites du vieux continent.

«Ce n’est pas compliqué, je suis tout le temps sur la route. Mon métier fait que je suis appelé à voyager d’un jour à l’autre. Mon boulot consiste à prendre beaucoup de notes et à connaître pas mal tous les joueurs qui sont au niveau professionnel. Comme ça, quand mon directeur général a besoin d’informations, nous sommes en mesure de l’aider», de dire MacKasey.

Ce dernier occupe les fonctions de directeur du recrutement professionnel depuis le mois de janvier 2006, soit il y a maintenant deux ans. Il avait auparavant passé quatre ans comme dépisteur en chef d’Équipe Canada junior de 2002 à 2005.

«J’estime que mon temps est réparti de la sorte: environ 60 % des matchs auxquels j’assiste sont de la Ligue nationale, 30 % de la Ligue américaine de hockey et le dernier 10 % je le passe en Europe», ajoute le recruteur.
Travail crucial
Ce genre de boulot est crucial pour une équipe de la Ligue nationale qui investit chaque année des dizaines et des dizaines de millions en salaires, en dépistage et en entraîneurs.
Des formations moins riches, comme celle du Wild, doivent absolument bien faire sur le plan du dépistage. Lorsque Doug Risebrough effectue une transaction, négocie un contrat, réclame ou place un joueur au ballotage, il n’a pas le droit à l’erreur. Le mouvement de personnel doit être profitable.

C’est pourquoi Blair et ses deux adjoints doivent redoubler d’ardeur et toujours être à l’affut. «Ce qui est vraiment intéressant, c’est le défi d’essayer de bâtir une équipe qui aura la chance de gagner la coupe Stanley.»

Pour l’instant, disons que le Wild ne s’en sort pas trop mal. La formation du Minnesota montre une fiche intéressante de 28-19-3 en 30 parties et occupe le premier rang de la section Nord-Ouest, quelques points devant les Flames de Calgary, les Canucks de Vancouver et l’Avalanche du Colorado.

Étant donné la situation de la franchise, ce ne sont pas toujours les grosses signatures qui font les manchettes au Minnesota. Souvent, ce sont les petits échanges qui peuvent faire une grande différence.

«Par exemple, nous avons acquis dernièrement le joueur Aaron Voros en provenance du New Jersey. Il avait beaucoup de misère avec leur club-école et nous l’avons obtenu pour un choix de septième ronde. Aujourd’hui, il joue pour nous et il fait bien (13 points en 33 parties). Ça fait plaisir de voir cela, parce que c’était un inconnu pour tout le monde», renchérit MacKasey.
Toujours à l’extérieur
Bien que son métier soit bien souvent valorisant, Blair MacKasey est la plupart du temps loin du domicile familial. Premièrement parce qu’il est sur la route, et deuxièmement parce que son bureau est à près de 2000 kilomètres de l’Ouest-de-l’Île.
Dans ce genre de situation, c’est la femme et les enfants qui écopent. La famille MacKasey compte quatre successeurs: deux filles de 26 et 20 ans et deux garçons de 24 et 16 ans.

«C’est certainement très difficile comme situation. Je ne vois pas souvent mes proches, mais en même temps, mon métier nous offre des opportunités formidables. Mes garçons peuvent assister à plusieurs matchs de la Ligue nationale de hockey un peu partout, peuvent aller au Championnat du monde junior et rencontrer plusieurs personnes influentes.»

Originaires de Hamilton en Ontario, les parents de Blair se sont installés à Verdun alors que le jeune Blair n’avait que sept ans. MacKasey est ensuite passé à Beaconsfield alors qu’il était dans la vingtaine. Depuis, c’est l’Ouest-de-l’Île qui est le domicile fixe. Le plus vieux des garçons a été deux ans capitaine des Lions du Lac St-Louis dans le midget AAA, tandis que le plus jeune évoluait dans le midget Espoir l’an dernier.
Un cheminement
On ne devient pas dépisteur professionnel en un clin d’œil ou simplement parce qu’on aime le hockey. Il faut en raffoler et il faut surtout avoir de l’expérience. Connaître sa gamecomme on dit.
L’homme de 52 ans a joué jadis au début des années 70 dans l’Association de hockey de l’Ontario (aujourd’hui LHO) et dans la LHJMQ. Défenseur imposant de 6 pieds 2 pouces, MacKasey était un bon quart-arrière. Le jeune hockeyeur a passé cinq saisons dans le junior avec les Canadiens juniors (2 ans), puis lorsque le club a déménagé, avec le Bleu Blanc Rouge de Montréal (3 ans).

Ses bonnes performances – plus de douze buts et quarante points à ses deux dernières campagnes – lui ont valu l’honneur d’être repêché non pas une fois, mais bien deux fois. En 1975, la LNH et l’Association mondiale de hockey (AMH) se faisaient la lutte. Les Capitals de Washington et les Racers d’Indianapolis jetèrent leur dévolu sur MacKasey en quatrième ronde de leur repêchage respectif.

Malheureusement, ce dernier n’était pas de taille pour le jeu rapide du meilleur hockey pratiqué sur la planète. Il joua quelques saisons dans les ligues mineures avant de jouer une seule partie en 1976-77 dans l’uniforme des Maple Leafs de Toronto.

Ayant fait son deuil de son rêve de faire carrière comme hockeyeur, Blair MacKasey a travaillé dans l’entreprise familiale, une imprimerie. C’est alors que quelques amis lui proposaient de venir donner des conseils pendant les entraînements de l’équipe de leur fils.

«Ils me disaient de venir une heure de temps en temps parce que les jeunes avaient besoin d’aide. J’ai bien aimé l’expérience et j’ai commencé à coacher dans le pee-wee, puis dans le bantam pour Lakeshore. Après, j’ai passé trois ans avec les Lions au midget AAA et nous avons gagné deux fois le tournoi provincial. Ensuite, j’ai eu des offres dans la LHJMQ où j’ai été entraîneur-chef pendant trois saisons (avec Granby et Drummondville)», se remémore-t-il.

Pour avoir roulé sa bosse, Blair MacKasey l’a roulé. Après avoir vu et entraîné des centaines de joueurs, il devait être en mesure de bien évaluer ces derniers. C’est probablement pour cette raison que les Coyotes de Phoenix lui ont donné sa chance comme dépisteur. Après six saisons, MacKasey est allé former les équipes canadiennes pour les U18 et U20.

À l’heure où ces lignes sont écrites, Blair est déjà parti pour le Minnesota ou on ne sait quelle ville nord-américaine. Avec 30 parties à jouer au calendrier et à l’approche de la date limite des transactions, il y a de la fébrilité dans l’air. «Oui c’est certain que je suis excité, mais si le travail a été fait comme du monde, nous n’avons pas à être nerveux. Si c’était demain, je me sentirais prêt.»

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