Dans la salle à manger, un oiseau bleu chante pendant qu’une bénévole sort les biscuits du four. De grandes fenêtres laissent entrer la lumière du jour. Véritable joyau de l’Ouest-de-l’Île, la Résidence de soins palliatifs brille de l’intérieur.
Cet organisme à but non lucratif, unique en son genre dans toute l’île de Montréal, accueille des patients qui sont en phase terminale. Situé sur une rue résidentielle de KIrkland, ce bâtiment chaleureux qui ressemble à une grande maison familiale dispose de neuf chambres privées avec patio sur la cour. Il n’y a pas d’heure de visites. Les proches peuvent y venir à leur guise et même y dormir confortablement. Tout est mis en œuvre pour que les dernières semaines d’existence des patients se déroulent de façon digne et humaine.
«Lorsqu’ils arrivent, nous leur expliquons qu’ils sont d’abord venus vivre chez nous, et non mourir, explique Rose Di Angelis, directrice générale adjointe de l’établissement. Nous nous occupons de la personne entière. Nous leur donnons des soins sur le plan physique, émotif et psychologique.» Les proches y trouvent également tout le support nécessaire pour vivre leur deuil.
Une équipe de médecins en soins palliatifs, de psychologues, d’infirmières spécialisées et de plus de 200 bénévoles qui ont suivi une formation, accompagnent les patients lors de ce séjour ultime. Toutefois, la mission de la résidence n’est pas de prolonger la vie. Ici, les événements prennent leur cour naturellement et selon Rose Di Angelis, le patient prend une part essentielle dans les prises de décision. «Certains ne veulent pas souffrir, alors on leur donne des médicaments. Par contre, d’autres veulent ressentir la douleur, car ils se sentent plus vivants ou parce qu'ils y rattachent une valeur spirituelle… Il n’y a pas de routine ici. L’autre jour, un monsieur voulait avoir un petit verre de brandy tous les jours avec son déjeuner, on lui a donné. Un autre voulait du bacon et des œufs tous les matins!»
D’ailleurs, le monsieur en question est finalement retourné chez lui, car sa condition s’est améliorée! Mais règle générale, l’état de santé des patients est irrévocable et ils s’éteignent à la résidence, deux ou trois semaines après leur arrivée. L’infirmière d’expérience considère qu’il n’y a rien de déprimant à travailler dans un tel environnement. Au contraire, elle se sent privilégiée de prendre part à une étape aussi significative dans l’existence d’une personne. «D’une certaine façon, c’est comme assister à une naissance, explique-t-elle. La plupart du temps, ici, la mort est une démarche paisible.»
En plus de donner des soins, l’établissement fait avancer la recherche en soins palliatifs. «Les baby-boomers se rendent compte que mourir à l’hôpital n’est pas la meilleure option sur le plan humain, ni pour le patient, ni pour ses proches», affirme la spécialiste.
Depuis son ouverture en octobre 2002, la résidence a admis 850 personnes. Ces dernières ont été référées par les hôpitaux, les CLSC et les médecins généralistes. Les soins sont gratuits et les résidants de l’Ouest-de-l’Île sont les principaux bénéficiaires des services. En partie subventionné par l’État, l’établissement compte surtout sur des dons privés. Pour plus d’informations, veuillez consulter le
www.wipcr.ca .
(Photo: Marie-Claude Simard )