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Deux icônes commerciales disparues

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Article mis en ligne le 17 février 2008 à 9:38
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Deux icônes commerciales disparues
Lors de la prise de photo jeudi dernier, l'espace commercial du Centre de la femme en faillite semblait intéressé des hommes d'affaires qui étaient sur les lieux. (Photo: Jacques Pharand)
Deux icônes commerciales disparues
Le Centre de conditionnement pour la femme à DDO et la Boucherie Le Quartier au Marché de l'Ouest ne sont plus. Après plus de vingt ans d'existence dans le paysage commercial de l'Ouest-de-l'Île, ces deux commerces ont récemment fermé leurs portes, faute de clientèle.
Plusieurs avis du syndic Raymond Chabot affichés dans les fenêtres du Centre de la femme ont accueilli la clientèle, le 17 décembre dernier. Ce centre de conditionnement avait pignon sur rue à DDO depuis plus de 20 ans. Parmi la panoplie de cours de mise en forme, il était un des rares à offrir plusieurs ateliers d'exercices en piscine.

Sans avoir fait d'analyse exhaustive, Michel Thibault, syndic chez Raymond Chabot, explique cette fermeture abrupte par une perte d'au moins 500 clientes dans les dernières années. «Ce sont des informations qui me sont parvenues par les deux actionnaires, explique-t-il. Je suis entré dans le dossier pour essayer de régler la situation avec le propriétaire qui tentait d'évincer les locataires et sans liquidité pour rencontrer les obligations du bail, l'entreprise a dû déclarer faillite une semaine plus tard.»

Le locateur/propriétaire, Centre commercial Plaza, est le créancier principal pour une somme de 123 400$. Des employés étaient intéressés à relancer le centre de conditionnement, mais le locateur n'aurait pas voulu relouer l'espace au prix de 20 000$ par mois.

«Un centre de conditionnement physique comme celui-là, c'est le fun quand ça fait longtemps que ça existe et qu'il y a déjà une bonne clientèle, mais quand ça se met à planter et qu'il te manque 500 clients, tu perds beaucoup d'argent et ça prend du temps pour retrouver le chemin de la rentabilité», explique M. Thibault qui comprend la décision du propriétaire.

Pour opérer ce genre de commerce, un investissement massif est nécessaire au début, mais génère peu de rentabilité. Les propriétaires du Centre de la femme étaient les mêmes depuis 10 ans à l'exception d'un nouvel associé qui venait d'arriver depuis quelques mois.
Chez le boucher
De l'autre côté, au Marché de l'Ouest, ce sont plutôt les comptoirs vides et les lumières éteintes qui ont annoncé la mauvaise nouvelle aux clients de la Boucherie Le Quartier, le 14 janvier dernier. Bien qu'opéré depuis dix ans par de nouveaux propriétaires, ce nom existait depuis 25 ans et faisait partie des plus anciens commerces du Marché de l'Ouest. Selon Solange Chapuis du syndic APPEL inc., le commerce accumulait les pertes depuis quelques années déjà et suite au refus de l'institution financière d'accorder un prêt supplémentaire, la boucherie s'est vue dans l'obligation de cesser ses opérations. «Il est possible qu'un nouveau locataire s'installe, n'ayant pas à supporter le poids des pertes de plusieurs années, il pourrait faire marcher l'entreprise, rapporte Mme Chapuis. Dans ce genre d'endroit, la compétition est plus forte, mais il y a cependant une clientèle pour ce type de commerces, les gens aiment pouvoir discuter et demander des conseils aux marchands.» Les ventes du temps des fêtes, qui n'ont pas été suffisantes pour redresser la situation, auront au moins permis aux propriétaires d'honorer leur engagement envers les employés et de payer les salaires, souligne Mme Chapuis.
Point de vue
Du côté du Centre local de développement de l'Ouest-de-l'Île, le directeur Gerry Arsenault croit qu'il y a définitivement un malaise quelconque au Marché de l'Ouest et estime que les propriétaires du marché font face à un grand défi afin de créer l'atmosphère pour attirer plus de clientèle. Il fait d'ailleurs un parallèle avec les autres marchés tels que le Marché Atwater où tous les marchands sont interdépendants, la clientèle de l'un profitant autant à l'autre. «Pour une raison ou une autre, cette interdépendance entre les commerces n'existe pas, il n'y a pas cette complicité, estime M. Arsenault. Et je n'ai pas la réponse, car si je l'avais, j'irais acheter le marché.»

Dans les petites entreprises, surtout dans la vente au détail, les administrateurs doivent user de stratégie pour attirer la clientèle. Administrer dans des circonstances qui sont moins qu'idéales devient très difficile et lorsqu'un autre commerce à côté attire la même clientèle, les deux peuvent, à tout le moins, se partager les parts du gâteau.
En ce qui concerne les centres de conditionnement, le directeur du CLD ne peut que constater qu'il y existe une forte compétition. La règle dans ce milieu est de tenter de se différencier pour attirer le plus de clients. «C'est un marché très concurrentiel, presque saturé, ajoute-t-il. Les administrateurs deviennent épuisés après plusieurs années, et si les finances commencent à s'affaiblir, ça devient la recette parfaite pour la fermeture définitive», conclut-il.

Malgré leur fermeture rapide, le Centre de la femme et la Boucherie Le Quartier auront assurément comblé les besoins de plusieurs résidants de l'Ouest-de-l'Île et fait leur marque dans l'histoire commerciale de la région.

(Photo: Jacques Pharand)

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