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Descendre vers le sud… pour les études

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 29 février 2008 à 17:07
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Descendre vers le sud… pour les études
Louise Legault et Micheal O’Connor encadrent les étudiants Au Centre de ressources aux étudiants autochtones de John Abbott. (Photo: Marie-Claude Simard)
Descendre vers le sud… pour les études
Le collège John Abbott accueille chaque année plusieurs étudiants issus des Premières Nations anglophones du Québec et du Canada. Grâce aux services offerts par le centre de ressources aux étudiants autochtones du cégep, les jeunes Cris, Algonquins et Inuits s’intègrent plus facilement à la vie dans le sud.
Théodore et Hélène ont quitté en septembre dernier le village de Chisasibi, communauté crie située à 600 km au nord de Matagami, pour entreprendre leur DEC en sciences humaines. Hélène connaissait déjà la grande ville, mais pour Théodore, la période d’ajustement a été quelque peu difficile. «Comment peut-on vivre dans tout ce bruit! dit-il en désignant le petit patelin de Sainte-Anne-de-Bellevue. Au début, j’avais des symptômes physiques, je faisais de l’anxiété, mais maintenant ça va bien», poursuit-il de toute évidence heureux d’étudier à John Abbott.

Pour les jeunes des communautés nordiques, le choc culturel peut être déstabilisant, d’autant plus s’ils quittent le nid familial pour la première fois. «Il leur faut s’habituer à la vie dans le sud, explique Louise Legault, coordonnatrice du centre de ressources aux étudiants autochtones. Ils viennent souvent de village de moins de 500 habitants, ce n’est pas facile pour eux d’intégrer une population étudiante de 6000 individus. Au début, ils s’ennuient beaucoup de chez eux.» Le rythme effréné de la ville est également difficile à suivre pour certains. «La notion du temps n’est pas nécessairement la même pour eux. Ici on parle vite, on fait tout très rapidement», ajoute-t-elle.

C’est suite à la venue du premier contingent cri en 1990, constitué alors d’étudiantes en technique en Soins infirmiers, qu’est né le centre de ressources aux étudiants autochtones. Ce centre met à la disposition des étudiants autochtones un lieu convivial où ils peuvent venir étudier, lire et trouver de l’aide pour mener avec succès leurs études. Depuis septembre, Micheal O’Connor, qui a enseigné pendant quinze ans dans diverses communautés cries et inuites, agit en tant que conseiller pédagogique. «Depuis 2006, nous avons mis sur pied un programme d’appoint destiné aux élèves cris, “Pathway to a Career Program”, qui permet aux étudiants de compléter avec succès leurs études et de retourner dans leurs communautés avec un diplôme.»

«Nous avons également comme mandat de faire connaître la culture autochtone, explique Louise Legault. Il n’y a aucune raison pourquoi les départements de sociologie, d’histoire, de langues et autres n’intégreraient pas des notions amérindiennes dans leurs cours», poursuit-elle. Le centre possède également une importante collection de livres concernant les Premières Nations, dont plusieurs sont écrits par des auteurs autochtones.

Hélène qui parle parfaitement la langue crie, le français et l’anglais, étudie pour devenir psychologue et veut retourner travailler à Chisasibi. «Pour l’instant, il y a un psy qui ne vient que deux fois par an. Ce n’est pas assez. Les jeunes souffrent et s’autodétruisent». La jeune métisse de 17 ans, qui a réussi à faire son secondaire en quatre ans, croit fermement en la valeur de l’éducation. «Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de jeunes qui viennent au cégep. La Commission scolaire crie (CSC) offre des subventions et nous encourage à poursuivre nos études de bien des façons», explique-t-elle.

Au cours des années 90, des partenariats entre la CSC, la commission scolaire Kativik (Inuit) et John Abbott se sont développés et désormais, de plus en plus de cégépiens autochtones mettent le cap vers l’Ouest-de-l’Île. Cette année, une soixantaine d’étudiants provenant de sept nations amérindiennes différentes, dont 15 Mohawks pour qui la vie urbaine n’a pas de mystère, enrichissent la population étudiante de l’établissement.

(Photo: Marie-Claude Simard)

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