Malheureusement pour les villes et arrondissements de l’Ouest-de-l’Île, ce sont les budgets qui fondent et non la neige. (Photo Peter McCabe)
La neige ensevelit les budgets!
Les villes et arrondissements de l’Ouest absorbent des factures salées
Ce n’est pas un secret, avec la tempête du dernier week-end qui a accru les accumulations à 352 cm – 31 de moins que le record de 1971 – il y a un amoncellement de résidus blancs sur le sol. Et le porte-monnaie des municipalités s’épuise.
La semaine dernière, l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro s’est prévalu d’une option de deux ans à son contrat de trois ans avec Les Pavages d’Amour Inc. qui a été prévu pour 230 cm de précipitations. Ce changement ajoutera 197 000$ au contrat de déblayage de l’entrepreneur, le haussant à 412 000$.
Selon la directrice des communications de l’arrondissement, Johanne Palladini, avec les accumulations abondantes de cet hiver et les 142 cm tombés en novembre et décembre dernier, Pierrefonds-Roxboro n’a pas eu assez de temps pour préparer son dépôt à neige près de l’autoroute 13 selon les normes du ministère de l’Environnement. Les camions doivent donc déverser leur chargement au dépôt du Château Pierrefonds, une ballade de 17 km à partir du secteur est de l’arrondissement.
« Nous devons terminer l’aménagement du dépôt situé en bordure de la 13 parce que celui du Château Pierrefonds est plein », explique Mme Palladini.
De plus, Pierrefonds-Roxboro loue quatre semi-remorques additionnels avec opérateurs pour assurer le transport de la neige au dépôt. Les heures de travail pour chaque camion ont explosé de 225 à 475 heures.
Mme Palladini ne peut donner de montants précis à propos des dépenses prélevées jusqu’ici au budget de déneigement de l’arrondissement.
« Nous sommes en transition. Nous changeons nos méthodes comptables et je ne sais pas où nous en sommes en ce moment », dit-elle, ajoutant toutefois, que l’arrondissement défoncera son budget. « Comme tout le monde, probablement. »
Pareil à Dollard-des-Ormeaux
Pierrefonds-Roxboro n’est pas le seul endroit à espérer les hirondelles du printemps. Le maire de Dollard-des-Ormeaux, Ed Janiszewski mentionne que sa ville a épuisé son budget. Les prévisions étaient prudentes, basées sur les précipitations des quatre ou cinq derniers hivers.
« Nous voilà confrontés à l’expérience de 1971 », soupire-t-il, ajoutant que les surplus des dernières années aideront à éponger les surprises du présent hiver. Le budget alloué aux entrepreneurs de Dollard-des-Ormeaux sera dépassé de 250 000$. C’est 50 000$ de plus que l’hiver le plus coûteux, fait-il savoir. « Mais nous sommes à l’aise avec ces dépenses parce qu’elles s’avèrent nécessaires. »
Toutefois, M. Janiszewski indique que la tâche de Dollard-des-Ormeaux est plus légère quand on la compare à celle d’arrondissements tels Pierrefonds-Roxboro, parce qu’ils ne ramassent qu’environ 15% de la neige accumulée, pendant que le reste « est soufflé sur nos pelouses ».
Pour ce qui est du dépôt du boulevard Brunswick au cœur de la ville, M. Janiszewski précise qu’il est presque plein. « Mais on trouve toujours le moyen d’en ajouter un peu. »
Peu de transport pour Beaconsfield
La situation est similaire à Beaconsfield, selon son directeur général Patrice Boileau. De toute la neige qui s’agglutine sur les 120 km de rues de la municipalité, environ 10% est transportée par camions aux dépôts de Pierrefonds et de Pointe-Claire. Cependant, il mentionne que Beaconsfield excédera son budget record de 20 000$ ou 30 000$.
« Ce n’est pas très réjouissant, mais ce n’est rien comparé aux endroits qui doivent transporter toute leur neige », dit-il.
Pointe-Claire s’en tire mieux
Le maire de Pointe-Claire Bill McMurchie a déclaré la semaine dernière que sa ville manœuvrait toujours dans les limites de son budget et qu’il y avait toujours de la place à son dépôt du boulevard Des Sources. « Mais nous serons heureux de voir arriver le printemps », avoue-t-il, ajoutant que cette dernière tempête a amené la ville à 90% de son budget de déneigement qui se chiffre à 2,3 millions$. « Ce montant est basé sur des chiffres historiques, pas nécessairement sur la dernière année. L’année dernière, nous n’avons reçu que 165 cm de neige. »
Avec près de 200 km de rues et 150 km de trottoirs, M. McMurchie estime que les équipes de la ville font du mieux qu’ils peuvent pour garder les artères principales déblayées, mais n’a pas été en mesure de couper tous les bancs de neige au coin des rues. C’est un risque à la sécurité des automobilistes et des piétons. Heureusement, la situation n’a pas causé d’accidents majeurs.
« L’absence d’accidents ne veut pas dire que nous ne souhaitons pas pouvoir défaire ces bancs de neige », précise M. McMurchie. « Nous tentons d’y parvenir. Et avec moins de neige, nous aurions réussi. »
Avec toute cette neige qui porte à croire que l’hiver ne finira jamais, Ed Janiszewski assure que nous passerons à travers, comme le 4 mars 1971.
« C’était une journée exceptionnelle. C’était un jeudi et tout était fermé le vendredi. Nous avons creusé toute la fin de semaine », se rappelle-t-il. « Plusieurs autos ont été enterrées par la poudrerie et c’est à peine si on pouvait les voir. Mais le printemps approche et tout ça commencera à fondre sous peu. »
(Traduit par Hugo Lemay)